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Baky écrit - Jour de match

Baky écrit - Jour de match
Par Rugbyrama

Le 22/09/2021 à 14:16Mis à jour

BAKY ÉCRIT - Tout jeune retraité, Bakary Meité profite de sa liberté retrouvée pour intégrer l’équipe des chroniqueurs Midi Olympique. L’ancien troisième ligne a tout connu du rugby, d’abord amateur et finalement professionnel. Pour Rugbyrama, L’ancien international ivoirien va désormais s’attacher à poser un regard libre, décalé et forcément engagé sur l’actualité du rugby. Welcome "Baky".

J’arpente les 300m qui séparent l’appartement de ma mère du métro sous un soleil timide. Je croise du monde sur le trottoir. Des voitures aussi. C’est pourtant une journée "Paris sans voiture". La première magistrate de la ville veut faire la part belle aux vélos et aux piétons. Intention louable sur le papier. Je m’engouffre sous terre et après avoir payé mon ticket auprès d’un automate jugé trop lent, je dévale les escaliers pour arriver sur le quai Porte de Clignancourt. Comme s’il m’attendait, le métro arrive. On est nombreux. Certains hâtent le pas pour se jeter sur les places assises.

Le métro est rapide. À peine assis que nous voilà déjà Gare du Nord. J’ai beau être Parisien, la fourmilière de la Gare du Nord (plus grande gare d’Europe) me surprendra toujours. Encore des escaliers à descendre, si bien que je me demande à combien de mètres sous la terre nous sommes actuellement. Je consulte les écrans. Mon train, en direction de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, arrive dans 10 minutes. Dans l’escalier, un homme fait littéralement une séance de sport. Il monte et descend les marches sans discontinuer. A son arrivée, le RER charrie un nombre important de voyageurs. Certains ont de grosses valises. Ils doivent arriver de Roissy Charles de Gaulle.

Je m’assois en face d’un gars qui ne remarque même pas ma présence. Il enchaîne les vidéos TikTok avec avidité. Châtelet, Saint-Michel, Denfert Rochereau : les gares parisiennes s’enchaînent. La banlieue tarde à arriver. Je décolle les yeux de mon téléphone et autour de moi, tout le monde à la tête penchée sur le sien. Ça me rassure, je ne fais pas exception. Et je me dis que le business des ostéopathes doit être en plein boum depuis l’apparition des smartphones. Le train est sorti de sous terre. Il surplombe maintenant les toits en tuiles des immeubles et des maisons de la banlieue sud. Je me rapproche de ma destination.

Après Bourg-la-Reine, on redescend en dessous du niveau de la mer. Les pavillons nous regardent avec dédain. Le Parc de Sceaux. Au cœur des Hauts-de-Seine. Des souvenirs douloureux, avec des courses de côte en "prépa" d’avant saison, avec le club de Massy. La Croix de Berny me fait penser à Laurent Boguet, joueur puis éducateur au Racing 92. Une gouaille terrible et surtout un vrai don pour la cuisine. Il nous régalait dans son restaurant. Les Baconnets. 15h13. Je sors de la gare. Et le trajet jusqu’au stade à pied me fatigue déjà. Je passe devant Tokyo Sushi. J’oblique à droite. L’église Saint-Jean Porte Latine n’a pas bougé. Juste rénovée.

L’avenue de Bourgogne ne m’a jamais paru aussi longue. Les affiches pour l’Opéra de Massy jalonnent mon parcours. Une gigantesque fresque recouvre le pan de tout un immeuble. Ma destination finale me tend les bras. J’entre dans le stade. Mais il me faut encore marcher 200 bons mètres. Je passe devant le bus du SA XV Charente. Les clameurs se font plus bruyantes. A l’entrée, je ne pouvais tomber que sur elle : Michèle Boix. Une historique ! De la race des Jo Salas. Je récupère mon billet, montre patte blanche avec mon pass. Et je file m’installer dans les tribunes d’un stade où j’ai passé quatre belles saisons. Le RC Massy Essonne mène 9-6. Je suis heureux d’être là. Tout simplement.

L’ambiance n’est pas folichonne. Le jeu non plus. Avec le gros Greg Coudol, frère d’arme de l’époque massicoise, on s’ennuie ferme. Massy emballe un peu en seconde mi-temps. Mais perd le bonus en toute fin de match. 33-16. Tout le monde au vestiaire et pour nous, direction la buvette. Où l’on pourra débriefer comme des experts que nous ne sommes pas. Après quoi il me faudra reprendre mon RER, rebrousser chemin et regagner mes pénates parisiennes…

En bref :

J’ai revu Gillou, Spig, Huggy, Aker, Toto, Titi, Lolo, Bobo, Momo, Sylvain, Rémy, Sam, Alain, Franck. Ils étaient là y’a 15 ans, quand j’ai pris ma première licence au RC Drancy.

Demba Bamba n’a rien à prouver à qui que ce soit sur sur sa qualité de joueur. Et surtout pas sur sa qualité d’homme.

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