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Tadjer : "Ma première saison à l’Usap ? Ça a été l’ascenseur émotionnel"

Tadjer : "Ma première saison à l’Usap ? Ça a été l’ascenseur émotionnel"

Le 11/08/2022 à 17:49Mis à jour Le 11/08/2022 à 17:56

TOP 14 - Le talonneur perpignanais Mike Tadjer, 33 ans, nous parle du match amical de ce vendredi à Montauban, de son année passée, de son envie et de ses défis avec l’Usap mais aussi le Portugal qu’il rêve d’amener au Mondial 2023.

Comment se passe votre intersaison ?

Je n’ai pas trop coupé car j’ai joué avec le Portugal en juillet. Je n’ai repris que lors du stage de Falgos, fin juillet. D’un côté, ça m’a fait faire moins de tours de piste et de course donc c’est tant mieux. J’ai recommencé par du rugby. Globalement, tout le monde joue le jeu et est bien investi. On a hâte de passer aux matchs amicaux pour se préparer au Top 14.

Votre premier match de préparation vous amène ce vendredi à Montauban, votre ancien club. Comment l’abordez-vous ?

Je suis content de revoir les mecs et Flo Wieczorek même s’il n’y a que la poignée de mains qui sera sympa. On sait comment ça se passe quand une équipe de Pro D2 en reçoit une de Top 14. C’est bien, ça va nous préparer comme il le faut en termes d’engagement et d’intensité. Surtout que l’on commence par Pau et Brive. On sera directement dans le vif du sujet.

Revenons sur votre saison passée, la première à l’Usap : vous avez dû passer par tous les états…

Oui, ça a été l’ascenseur émotionnel. J’étais arrivé dans mon coin, en étant lucide, en me disant que je commencerai troisième talonneur et qu’il me faudrait faire mes preuves, comme tout arrivant. J’ai réussi à bien travailler, les coachs étaient contents de ce que je faisais et m’ont fait confiance. Ca s’est ressenti sur mes titularisations. Et puis il y a eu ce gros coup d’arrêt en décembre avec une blessure importante, une désinsertion des ischio-jambiers, que j’avais déjà connue. Quand le chirurgien m’a dit que ma saison était finie, je n’ai pas été surpris mais je me suis donné les moyens de revenir au plus vite. J’avais en ligne de mire les deux derniers matchs de la saison et potentiellement l’access-match. J’ai réussi mon pari. J’étais apte pour Castres mais c’était juste. J’ai pu être aligné face à Bordeaux et à Mont-de-Marsan. Je suis content, ça a été long mais j’ai su me remetttre la tête à l’endroit après cette grosse déception de la blessure.

Cette fin de saison a dû vous donner une impulsion pour le début de celle-ci...

Je repars avec encore plus d’envie. Le fait que mon année passée ait été écourtée me laisse un peu d’amertume et me fait dire que je peux faire plus. Après les deux matchs avec l’Usap, j’ai enchaîné avec le Portugal. Ca m’a permis de bien me remettre en jambes et d’avoir du temps de jeu. Nous avons joué de grosses nations en plus. C’était important pour bien se préparer en vue du tournoi qualificatif de novembre avec le Portugal. Cette saison, j’aurai plusieurs objectifs.

Commençons par l’Usap. Comment abordez-vous le nouveau challenge du maintien ?

L’équipe a fait une belle saison l’an dernier même si ça a été dur et qu’il a fallu batailler jusqu’au bout. On sera plus attendu maintenant. Les clubs étaient peut-être arrivés en se disant : « On va chez le promu. » Et il y en a beaucoup qui se sont cassés les dents. Ils seront un peu plus avertis en venant à Aimé-Giral à l’avenir. Ce sera un peu plus dur mais c’est notre mission de pérenniser l’Usap en Top 14.

Cette équipe et ce club ont les armes suffisantes pour y parvenir...

Oui, on a montré que l’on pouvait exister dans ce Top 14. Notre collectif a joué du beau rugby aussi, et a été plutôt bon en conquête. C’est un tout. Cet été, il y a eu recrutement cohérent, bien ciblé, qui est venu renforcer un groupe formé depuis 5-6 ans et qui est homogène.

Cette saison, vous aurez aussi pour défi de qualifier le Portugal pour la Coupe du monde 2023...

J’ai hâte. Ca fait dix ans que je suis en sélection nationale, je rêvais de moments comme ça. Je suis très excité. Mon début de saison, je vais l’axer sur ça : réaliser de grosses performances avec l’Usap afin d’arriver en pleine bourre au tournoi. On va affronter le Kenya, les Etats-Unis et Hong-Kong. La qualification doit venir valider tout le travail accompli. On le mérite. Ca fait trois ans que l’on travaille avec Patrice Lagisquet. C’est un très bon entraîneur qui a amené le groupe au plus haut niveau. En juillet, nous n’avons perdu que de sept points contre l’Italie… Quand on pense qu’il y a trois ans, la sélection était en groupe C de Coupe d’Europe. Personnellement, étant plus sur la fin que le début de carrière, je ne suis pas sûr d’avoir d’autres opportunités comme celle-ci.

Comment vous sentez-vous, justement ?

J’ai l’envie d’un jeune vieux (sourire). Plus on vieillit, mieux on connaît son corps. J'ai mon entraînement ma routine. Je me sens très bien sur le terrain et par rapport à ce que me demandent les coachs.

Vous avez prolongé d’un an votre contrat, qui court désormais jusqu’en juin 2023. Vous fixez-vous une date butoir ?

Je pense avoir encore un ou deux ans dans le corps après cette saison. Ça, c’est ce que je pense maintenant, on verra dans dix mois (sourire). Pour l’heure, j’encaisse encore bien les entraînements. Il faut dire que j’ai eu six mois de repos forcé.

A Perpignan, vous avez donné un nouvel élan à votre carrière. Peut-être pensiez-vous ne plus avoir l’opportunité de jouer en Top 14 lorsque vous étiez à Montauban...

En fait, j’étais en contacts avec l’Usap l’année d’avant, lorsque j’étais à Clermont. Mais ça ne s’était pas fait à cause du Covid qui avait empêché Perpignan de monter. En quittant Clermont, je m’étais effectivement dit que c’était peut-être la dernière fois que je jouais en Top 14. Quand l’occasion s’est de nouveau présentée, c’était une évidence pour moi.

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