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Arias : "Nous avons conscience de nos lacunes"

Arias : "Nous avons conscience de nos lacunes"
Par Rugbyrama

Le 22/09/2022 à 18:14Mis à jour

TOP 14 - Avant d’affronter Lyon, puis l’UBB, Julien Arias, entraîneur de l’attaque du Stade français a accepté de revenir sur les difficultés aperçues samedi dernier contre Bayonne, notamment au niveau de l’animation offensive. Il réclame un peu de patience.

Quels enseignements avez-vous tiré de l’animation offensive proposée par votre équipe, notamment lors de la dernière rencontre face à Bayonne ?

Le plus frustrant dans cette rencontre, c’est que nous avons manqué de réalisme et de précision. A la vidéo, c’est frappant. Quatre opportunités franches pour marquer, aucun essai. Ce qui est positif, c’est que nous sommes capables de créer des situations favorables. Nous avons également marqué deux essais, même si le dernier est arrivé tard, j’en conviens.

Comment expliquez-vous ce manque de réalisme ?

C’est un manque de précision. Nous avons eu deux situations de deux contre un en bout de ligne que nous avons mal jouées. Je revois aussi cette action sur mêlée avec un premier point de fixation au centre du terrain réalisé par Naivalu, puis un retour dans le fermé par du jeu au pied en direction de Sekou Macalou, resté le long de la ligne. Malheureusement, la passe au pied est mal exécutée puisque le ballon est envoyé directement en touche. Si nous avions converti ces opportunités, le bilan aurait été un peu plus acceptable. Seulement nous ne sommes pas encore du niveau de certaines équipes capables de scorer à la moindre opportunité. Nous avons conscience de nos lacunes et je peux vous dire que personne n’est satisfait de cette performance, même si nous avons quand même gagné.

N’avez-vous pas le sentiment de souffrir d’un manque de densité physique au sein de la ligne de trois-quart ?

C’est dur de répondre à ce genre de question. Mon job, c’est de tirer la quintessence des joueurs que j’ai à disposition.

Certes, mais pourquoi, par exemple, rares sont les situations où les ailiers viennent jouer des ballons au sein de la ligne pour créer de l’incertitude ?

La consigne, c’est d’essayer de créer du mouvement. A plusieurs reprises, nos ailiers se sont proposés dans ce genre de situation, mais ils n’ont pas été servis ou sont venus parfois à contre-temps. Je comprends la question et l’impression dégagée, mais ce n’est pas notre volonté. Au contraire. On demande aux ailiers de « dézoner ». Seulement, contre Bayonne, nous avons eu du mal à avoir de la continuité dans le jeu.

Top 14 - Le Stade français s'est imposé face à Bayonne

Top 14 - Le Stade français s'est imposé face à BayonneIcon Sport

Ce qui interpelle, c’est le différentiel entre les 70 % de possession à votre avantage durant cette rencontre face à Bayonne et le peu de situation favorable. Partagez-vous ce constat ?

Oui, c’est terriblement frustrant. Mais nous sommes tombés sur une équipe de Bayonne qui a très bien défendu et qui nous a beaucoup ralenti les libérations de balle.

Mais n’allez-vous pas rencontrer cette même défense chaque semaine ?

Evidemment ! C’est pour cette raison que nous travaillons comme des acharnés pour trouver des solutions, pour progresser dans notre animation offensive. Malheureusement, on ne peut pas dominer tous les week-ends. Gagner en jouant moche, ça fait aussi partie du jeu. Et ça signifie que tout n’est pas négatif.

Le Stade français donne parfois l’impression d’une équipe coupée en deux, manquant de liant entre avants et trois-quarts. Est-ce votre sentiment ?

C’est un constat partagé. Nous travaillons beaucoup sur la continuité du jeu, sur la fluidité. C’est une alchimie qu’on essaie de trouver. On l’aperçoit parfois, mais pas suffisamment.

Est-ce un problème de circulation des joueurs ou de choix au niveau de la charnière ?

La circulation, les joueurs la connaissent et la maîtrisent. Et quand tout se met en place, nous produisons des séquences de jeu intéressantes. Ce fut vrai parfois contre Clermont, mais aussi en deuxième mi-temps contre Castres. Malheureusement, on manque de constance.

Le jeune demi d’ouverture Léo Barré a encore fait une entrée intéressante en fin de rencontre face à Bayonne. Pourquoi n’a-t-il pas plus de temps de jeu ?

Léo est un jeune joueur, il va avoir de plus en plus de temps de jeu. La saison dernière, il a déjà joué pas mal de rencontres. On l’a peut-être un peu trop baladé à l’arrière ou au centre. Ce n’est pas un cadeau, mais ça lui a aussi permis de vivre des situations de jeu enrichissantes. Et quand il est positionné à l’arrière, c’est comme si nous avions deux ouvreurs sur le terrain. C’est une option intéressante. Mais nous avons la chance d’avoir trois charnières complètes avec trois profils différents, de l’expérience, de la jeunesse.

Mais pourquoi ne pas installer une charnière sur la durée ?

C’est le début de saison, tout le monde a besoin de temps de jeu et de se montrer. Il est possible qu’au fur et à mesure de la saison, les performances des uns et des autres guideront un peu plus nos choix.

Vous allez enchaîner deux déplacements à Lyon et à Bordeaux. Ces deux rencontres ne seront-elles pas un bon indicateur pour jauger un peu l’état d’esprit et le niveau de votre équipe en ce début de saison ?

C’est dans ce genre de rencontres que l’on va effectivement pouvoir se jauger. On va voir ce qu’on a dans le ventre. Les facteurs qui vont nous importer, ce sera l’état d’esprit collectif, l’investissement de chacun et le caractère. Ces éléments ne nous feront peut-être pas gagner les matchs, mais ça nous permettra de continuer à travailler et de construire dans la durée. Maintenant, pour l’heure, sans être ni précis, ni réalistes, ni flamboyants, nous sommes dans les clous au niveau comptable avec deux victoires en trois matches. L’an dernier à la même époque, nous étions déjà en retard et nous avions déjà perdu à domicile.

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