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Dakuwaqa : "Si Patrice me demande de basculer flanker en cours de match, je serai prêt"

Dakuwaqa : "Si Patrice me demande de basculer flanker en cours de match, je serai prêt"
Par Rugbyrama

Le 16/09/2020 à 09:10Mis à jour Le 16/09/2020 à 14:34

TOP 14 - Une saison après son arrivée, Masivesi Dakuwaqa n'est plus le jeune ailier discret, méconnu du grand public et venu se faire un nom à XV. Non, le champion olympique fidjien à VII s'est imposé comme une valeur sûre du staff toulonnais, s'est affirmé comme l'un des joueurs les plus souriants du championnat et a troqué son statut d'ailier pour celui... d'ailier/troisième ligne. Entretien.

Masivesi, vous sortez d'une grosse performance contre Lyon, comment allez-vous ?

Masivesi Dakuwaqa : Je me sens en pleine forme en ce début de saison, et je me suis bien senti contre Lyon. C'était un match important pour le groupe, et nous avons su parfaitement mettre en place le plan de jeu préparé par le staff. C'est positif pour nous, et ça nous a offert notre premier succès de la saison.

Personnellement c'était votre première titularisation, et vous avez inscrit votre premier essai...

M.D : C'est plutôt un bon départ, non (sourire) ? J'espère que je vais pouvoir continuer d'apporter au collectif. J'ai fait une bonne pré-saison, je me sens en forme et retrouver les terrains après six mois sans compétition m'a fait beaucoup de bien. Puis je pense avoir réalisé une première apparition intéressante. Maintenant je pense que je peux apporter encore plus à l'équipe, et je vais essayer de monter encore les curseurs.

Comment avez-vous vécu la période de confinement ? C'était un moment particulier pour tout le monde, mais on imagine que quand on se retrouve à 16 000 km de ses proches, dans un pays que l'on ne connaît que depuis neuf mois, c'est d'autant plus particulier...

M.D : C'est difficile de comparer, mais il est vrai que nous, les mecs ayant grandi dans les îles, avons l'habitude de vivre beaucoup en extérieur, de toujours aller à la rencontre de notre famille, et d'aller constamment voir ce qui se passe dehors. Donc pendant le confinement j'ai dû apprendre à vivre enfermé... Ce n'est pas évident de rester actif et bien dans sa tête dans un endroit clos. Ç’a donc forcément été particulier, mais heureusement j'étais avec ma femme et ma fille. Puis cette période m'a permis de m'entretenir physiquement pour revenir en forme. Maintenant, je préfère être honnête : j'étais le plus heureux du monde quand nous avons retrouvé les terrains (sourire).

A votre retour, Patrice Collazo vous a proposé un repositionnement du poste d'ailier à celui de troisième ligne... Comment avez-vous vécu cette décision ?

M.D : Je pense que Patrice estimait que j'avais les capacités physiques pour jouer flanker. C'est un coach qui apprécie la polyvalence, et il m'a expliqué que c'était intéressant d'avoir un joueur capable d'évoluer devant comme derrière. Puis ce n'est pas complètement nouveau pour moi de jouer devant : chez les jeunes, j'étais deuxième ligne. J'ai ensuite glissé en troisième ligne, avant de terminer à l'aile. Donc je connais les responsabilités qui incombent à ce poste. Ce n'est pas nouveau pour moi et ça me rappelle mes jeunes années aux Fidji (sourire).

Masivesi Dakuwaqa (Toulon) face à Montpellier

Masivesi Dakuwaqa (Toulon) face à MontpellierGetty Images

En cas de besoin, vous pourriez donc évoluer à tous les postes ?

M.D : (il éclate de rire) Exception faite de la première ligne, oui. En effet, si le coach a besoin d'un numéro 4 ou d'un numéro 5, il n'a qu'à me faire signe. Pilier et talonneur, c'est plus embêtant... Peut-être que si je joue jusqu'à 85 ans, je pourrais descendre en première ligne ? Allez savoir... Bon malheureusement, je pense que le RCT n'aura plus besoin de moi d'ici là (rires).

Qu'est-ce que ce repositionnement a changé à votre préparation ?

M.D : Au lieu de travailler uniquement avec les ailiers, je travaillais avec les troisièmes lignes, voilà tout (rires). Non, j'ai surtout dû me préparer physiquement, et j'ai été intégré aux exercices de touche et de mêlée. Ce repositionnement, ou plutôt cette polyvalence, va me permettre d'élargir ma palette et devrait offrir de nouvelles solutions au staff. Puis aujourd'hui je joue troisième ligne et ailier, mais si le staff a besoin, je pense être capable de jouer centre, arrière ou même ailleurs au besoin. D'ailleurs, je travaille avec les troisièmes lignes, mais avant la réception de Lyon, Patrice est venu me voir pour m'expliquer qu'il y avait des blessés derrière et me demander si j'étais ok pour jouer derrière. J'ai évidemment répondu c'était même un grand plaisir.

Aujourd'hui, vous considérez vous davantage comme un ailier ou un troisième ligne ?

M.D : Je m'en moque un peu. Sincèrement. Pour moi la seule chose qui compte est d'être sur le terrain. Je suis d'accord pour jouer à tous les postes, du moment que le coach me fait confiance. Je n'ai pas peur de changer. Dans ma carrière j'ai essayé presque tous les postes, et la chose le plus importante est de comprendre les besoins du coach. Après on s'adapte. Si aujourd'hui Patrice me demande de démarrer à l'aile et de basculer flanker en cours de match, je serais prêt.

En dehors du rugby, quelles sont vos passions ?

M.D : Le basket ! J'y joue très souvent sur le terrain à côté de la plage du Mourillon. Ça me permet de travailler mon habileté ballon en mains et de continuer de m'entretenir physiquement de manière ludique.

Et au-delà du rugby, appréciez-vous votre "vie française" après un peu plus d'un an à Toulon ?

M.D : Définitivement, mais je ne peux pas dissocier ma « vie française » du rugby... Vous savez, quand j'étais jeune je regardais Toulon, et avoir aujourd'hui l'opportunité de jouer dans ce grand club est dément. Il y a des légendes qui sont passées par le RCT, et avoir la possibilité de faire partie de cette institution est passionnant pour moi.

Vous êtes champion olympique à VII avec les Fidji, mais vous n'avez jamais connu les joies des sélections à XV. Est-ce un objectif ?

M.D : Jouer avec l'équipe fidjienne à XV est un rêve. C'est d'autant plus vrai que l'équipe est de plus en plus compétitive chaque saison. Pour l'instant le coach n'a pas fait appel à moi, mais je me tiens prêt. Je continue d'attendre, et je verrai ce qui se passera à l'avenir.

Pour conclure, la saison passée vous aviez confié à Rugbyrama avoir perdu votre médaille olympique... L'avez-vous retrouvé depuis ?

M.D : Je n'ai jamais eu de nouvelle. J'espère qu'elle est quelque part et que je la retrouverais un jour... Ou alors qu'on m'en enverra une pour la remplacer, sinon je n'aurais d'autre choix de participer à nouveau aux JO et d'en remporter une nouvelle (rires).

Propos recueillis par Pierrick Ilic-Ruffinatti

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