Icon Sport

Top 14 - L’Usap cherche encore le déclic

L’Usap cherche encore le déclic

Le 11/09/2018 à 17:24Mis à jour Le 11/09/2018 à 17:25

TOP 14 - Battu par Lyon à Aimé-Giral (16-22), ce week-end, Perpignan est toujours en quête d’un premier succès lors de ce début de saison. Bons derniers, les Catalans manquent cruellement de réalisme et éprouvent des difficultés dans leur animation offensive.

Leur désespoir est à la hauteur des efforts qu’ils ont produits pendant quatre-vingts minutes. Quatre-vingt-sept plus exactement. Face à Lyon, samedi à Aimé-Giral, les Catalans se sont employés, encore et encore pour tenter d’arracher leur premier succès de la saison. Mais face à des Rhodaniens intraitables défensivement, l’Usap n’est jamais parvenue à mener au score. Même après un interminable épilogue dans les 22 mètres du LOU après la sirène. La faute à un ultime grattage lyonnais venu libérer les protégés de Pierre Mignoni.

Une attaque stérile

Déçus, abattus, les regards vides et les corps stigmatisés par une bataille de tranchées, les sang et or ont accusé le coup au terme de la rencontre, et de cette troisième défaite en autant de matchs. Les retrouvailles de l’Usap avec le Top 14 ne sont vraisemblablement pas celles qu’escomptaient les Catalans. La quête du maintien, elle, a pris un cran de difficulté supplémentaire. " Je ne sais pas ce qu’il a manqué contre Lyon. Peut-être un peu de chance et de réussite sur la dernière action. On a des mêlées à cinq mètres de la ligne. Sur la dernière, peut-être qu’il y a quelque chose à siffler, un avantage à mettre. C’est un fait de jeu… " peste Lucas Bachelier.

Paddy Jackson contre le LOU

Paddy Jackson contre le LOUIcon Sport

Cette dernière action justement, longue de sept minutes, ponctuée par trois pénalités et d’incalculables pilonnages à quelques mètres de l’en-but symbolise à elle seule le début de saison de Perpignan. L’Usap tente, mais l’Usap n’y arrive pas. Trop friables sur les temps faibles, pas assez tueurs sur les temps forts, les Catalans peuvent regretter leurs deux derniers revers, à Agen (25-23), puis contre le LOU (16-22). "Ça fait mal oui. Parce que tu peux le gagner ce match, comme la semaine dernière. Et au final, ça fait zéro point. Ce sont des occasions qu’on ne peut pas rater" martèle le flanker catalan.

Top 14 - Genesis Lemalu (Perpignan) contre Lyon

Top 14 - Genesis Lemalu (Perpignan) contre LyonIcon Sport

Réunis ce lundi pour analyser à la vidéo cette deuxième défaite à domicile, les sang et or ont rapidement identifié cette carence. " On est déçus, et on est fatigués. Il y a une débauche d’énergie qui peut être évitée, en gérant mieux nos temps faibles et temps forts. Nous avons pas mal de choses à apprendre encore, on s’en est rendu compte sur ce match" confie Alan Brazo.

"Nous étions peut-être mal habitués l’année dernière. Nous n’avions pas l’habitude de buter sur des défenses autant en place. En Pro D2, plusieurs temps de jeu suffisaient pour passer. Là, on se rend compte qu’au bout de quatre, cinq séquences, ça ne passe pas et on commence à paniquer. C’est un petit manque de gestion. Ce n’est pas possible de passer plusieurs minutes sur la ligne d’en-but et de repartir, au mieux, avec trois points" poursuit le capitaine de touche de l’Usap.

La vie sans Mafi

Si la conquête ne semble justement pas être la première faiblesse des sang et or, plutôt souverains derrière leur mêlée depuis le début de l’exercice, c’est dans l’animation offensive que le bât blesse du côté de l’Usap. En marge des quelques fulgurances de l’international irlandais Paddy Jackson, meilleur joueur perpignanais jusqu’ici, et des rares ballons de contre-attaques, identité première du jeu sang et or, Perpignan ne parvient pas à mettre son jeu en place sur les attaques placées. " On ne peut pas dissocier les trois-quarts et les avants.

Peut-être que les dixièmes de seconde que l’on perd au début du lancement font que les trois-quarts n’ont pas d’aussi bons ballons que la saison dernière" tente d’expliquer Alan Brazo. Mais le mal est peut-être plus profond que cela. Avant la réception du LOU, Mathieu Acébès confiait que le départ du trois-quart centre Lifeimi Mafi avait laissé un grand vide, "sûr et en dehors du terrain. On se rend compte qu’il manque beaucoup dans le liant du jeu, et que ce n’est pas facile de le remplacer ".

Pas anodin que l’international tongien soit nommé parmi les meilleurs joueurs de Pro D2 l’an passé. Et que l’ex-joueur de Castres Afusipa Taumoepeau, arrivé en Catalogne cet été, cherche encore ses repères auprès d’Adrea Cocagi et Sione Piukala. "Il nous manque tous. C’était quelqu’un d’une grande expérience qui avait toujours les bons mots et qui savait calmer l’équipe quand ça paniquait. Beaucoup de joueurs et le staff se sont appuyés dessus. Aujourd’hui, il faut faire sans. Il ne faut pas passer l’année à le regretter. D’autres mecs vont prendre le relais" positive Alan Brazo.

Top 14 - Patrick Sobela (Lyon) et Sione Piukala (Perpignan)

Top 14 - Patrick Sobela (Lyon) et Sione Piukala (Perpignan)Icon Sport

La stat qui fait peur

Mais pour l’heure, Perpignan est surtout dans le besoin urgent de retrouver le chemin de la victoire. À quand le déclic ? Peut-être pas pour tout de suite. Le calendrier n’étant pas favorable aux Catalans avec deux déplacements à venir (La Rochelle, Grenoble). La première victoire de la saison pourrait encore se faire attendre.

L'état de forme du club roussillonnais est pourtant déjà inquiétant. La preuve avec cette statistique peu croyable : depuis la création de la poule unique, à chaque fois qu’un promu s’est incliné lors des trois premières journées, il n’est pas parvenu à se maintenir en Top 14.

"On le sait, peut-être même que nous ne gagnerons pas le moindre match lors du premier bloc" assume le manager Christian Lanta. L’homme d’expérience de l’Usap est le premier à avoir prédit un début de championnat très délicat, et mise énormément sur la seconde partie de saison. "Ça va le faire. J’espère que ça va aller vite. Ça fait déjà trois matchs et trois défaites. Mais on apprend et il y a de la progression" s’impatiente lui Alan Brazo. De là à faire un improbable coup à La Rochelle, samedi ? Impossible n’est pas catalan diront certains.

Contenus sponsorisés
0
0