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Top 14 - Le business des stades en plein développement

Le business des stades en plein développement
Par Pierre-Laurent Gou via Midi Olympique

Le 07/10/2018 à 20:21Mis à jour Le 08/10/2018 à 10:13

TOP 14 - Alors que le nombre moyen de spectateurs stagne, la part des recettes de billetterie et de produits dérivés baisse. Deux clubs, Clermont et La Rochelle, font figure d’exemples à suivre en ayant trouvé la bonne formule pour remplir les tribunes et doper la consommation de leurs supporters.

Les jours de match ne font plus recette ! Selon le rapport de la DNACG, depuis la saison 2013-2014 jusqu’à la saison 2016-2017, les rentrées, c’est-à-dire, la billetterie + les abonnements + les ventes de marchandises ont chuté de plus de 10 millions d’euros. Un manque à gagner qui se confirme cette saison après les sept premières journées ! La part de ces recettes dans les budgets des clubs est passée dans le même intervalle de temps de 25 % à 17 %. Le Top 14 a pourtant profité à plein de l’effet Euro 2016 avec les déménagements des clubs de Lyon, Bordeaux et même Grenoble dans des enceintes footballistiques aux capacités d’accueil plus importantes mais aussi des rénovations financées très souvent par les collectivités comme à Pau, Toulon, La Rochelle et Paris avec Jean-Bouin. Sans oublier le modèle, unique, du Racing 92 avec son enceinte ultra moderne de la Paris La Défense Arena.

Avec une moyenne par match de 13 487 spectateurs en 2018 contre 13 754 en 2015-2016, le Top 14 a surtout augmenté le nombre de places vides. En clair, l’offre n’a jamais été aussi importante, la demande, en revanche, stagne voir régresse dans certaines enceintes. Et le miroir des matchs télévisés confirme ce sentiment de rencontres qui se déroulent devant des tribunes désertes. Les réalisateurs ont beau tenter de les masquer, rien n’y fait, ça sonne parfois creux.

Top 14 - Les joueurs de Toulon saluant leurs supporters

Top 14 - Les joueurs de Toulon saluant leurs supportersIcon Sport

Les recettes "jour de match" pèsent peu dans les budgets des clubs loin derrière la générosité des sponsors privés (46 %) ou l‘apport de la LNR avec la réversion des droits TV (20 %). Alors, depuis quelques mois, les clubs qui ont désormais assimilé le fait que le championnat ne déplaçait pas ou plus les foules (les délocalisations dans les très grands stades sont devenues exceptionnelles), cherchent à choyer leurs spectateurs et à faire progresser le fameux "panier moyen" pour qu’il atteigne entre 80 et 100 euros par personne.

Offres et services tous azimuts

Dans les nouvelles enceintes, les loges ou billets avec hospitalités se sont développés. À Pau, par exemple, pendant que la Section se débat pour tenter d’obtenir enfin une première qualification européenne, on sert, en tribunes, une restauration typée Sud-Ouest. Autre exemple, à Lyon où le "Matmut" est devenu un lieu de vie tout au long de la semaine. Autre exemple, à Toulouse où le stade Ernest-Wallon, enceinte un peu éloignée du centre-ville, est redevenu attractif, notamment dans l’après-match avec l’avènement de la bodega où se croisent joueurs et supporters. À Clermont ou à La Rochelle, enfin, on peut se restaurer à tous les prix, du simple burger-frites-soda de fast-food au pavé de bœuf-potimarron rôti-coupe de champagne de la table gastronomique !

Top 14 - Les supporters à la Bodéga après le match entre Toulouse et La Rochelle

Top 14 - Les supporters à la Bodéga après le match entre Toulouse et La RochelleIcon Sport

Les dirigeants du Top 14 l’ont bien compris, les affluences ont atteint, en quelque sorte, leur moyenne plafond. C’est donc la marchandisation des stades qu’il faut désormais développer pour remplir les caisses à travers l’implantation de restaurants, de boutiques, de salons de coiffure, de beauté… Une transformation que les clubs vont devoir accélérer d’autant plus que la concurrence du football, notamment, va s’accroître dans les années à venir, avec une décision de l’UEFA, cet été, qui autorise désormais la vente d’alcool à l’intérieur des stades, un monopole jusqu’alors détenu par le rugby.

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