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Mignoni : "Nous ne sommes pas des pitres"

Mignoni : "Nous ne sommes pas des pitres"

Le 19/05/2018 à 10:00Mis à jour Le 19/05/2018 à 10:08

Juste après la qualification historique du LOU en demi-finale de Top14, Pierre Mignoni est revenu sur la qualification de son équipe à Mayol (19-19, deux essais à un après prolongation) et sur la demi-finale qui attend son équipe le week-end prochain, à Lyon.

Rugbyrama : Pierre, quel est le sentiment qui prédomine après cette qualification historique ?

Pierre Mignoni : Ça a forcément une saveur particulière. C'est un quart de finale, en déplacement, à Mayol de surplus... Venir gagner ici... Beaucoup de personnes pensaient que nous avions tout à perdre, mais non, nous avions tout à gagner, et c'est ce que j'ai répété aux joueurs cette semaine. Nous ne sommes pas des pitres, et j'estimais que nous avions une chance sur quatre de gagner. Encore fallait-il la saisir. Nous avons su le faire. Bien sûr nous avons eu un peu de réussite. Mais ce n'est pas un coup de chance. Nous avons mis beaucoup énergie. Et surtout, ce que nous avons prévu de mettre en place a fonctionné. Nous avons su les faire déjouer. Bravo à mes joueurs : ce qu'ils ont fait ce soir c'est fort.

Pourquoi estimiez-vous avoir une chance sur quatre de passer ?

P.M: Simplement parce que c'est un match de phases finales. Il fallait simplement que les mecs y croient. Bien sûr, ils auraient pu se dire "il est gentil le coach, mais on va à Toulon". Mais non, ils y ont cru jusqu'au bout. Maintenant la victoire est fabuleuse, mais ça ne s'arrête pas là. Ça restera un bon souvenir, mais notre histoire continue. Désormais, on a une demi-finale à disputer chez nous.

Raphael Lakafia of Toulon - RC Toulon vs Lyon LOU

Raphael Lakafia of Toulon - RC Toulon vs Lyon LOUIcon Sport

Comment ce collectif a fait pour ne jamais se désorganiser ?

P.M: Je reconnais que nous avions prévu de faire un coaching... bizarre ! Mais on s'est dit : soit on fait l'histoire, on croit en ce qui est prévu et on s'y tient, soit non... Et les garçons ont su le faire. En défense aussi on a changé des trucs. Nous les avons agressé et quand ils ont tenté de nous contourner ils n'ont pas su le faire. C'était un coup de poker et c'est passé. Mais si nous avions fait un match "classique", nous n'aurions pas gagné.

En début de saison, auriez-vous imaginé que votre équipe était capable de se qualifier en demi-finale ?

P.M: Bien sûr. Sur la ligne de départ, il y avait onze équipes potentiellement candidates pour les phases finales. Le seul objectif était donc de terminer dans les six. On savait que l'on allait, dans le meilleur des cas, passer la tête au dernier moment. C'est ce qui s'est passé. Une saison, ça se joue souvent à rien. Ce soir, je suis heureux pour le club. Et je peux vous assurer que les gens au sein du club n'y croient toujours pas. Les Lyonnais ont souffert ces dernières années, et là personne n'y croit. Il y a moins d'un an on jouait le maintien... Nous sommes conscients de ne pas avoir le meilleur effectif de France, mais sur ce genre de match ce n'est pas ce qui compte.

Mesurez-vous, ce soir, le chemin parcouru par votre équipe, qui s'était inclinée 39-11 sur cette même pelouse, début décembre ?

P.M: Après cette défaite, nous étions au fond du trou. C'était notre quatrième défaite consécutive... Mais paradoxalement, c'est là que j'ai senti que nous allions nous qualifier. Ça aurait pu éclater, mais les gars se sont soudés, ont travaillé dur. Il y a eu des doutes, c'est sur, et j'ai été dur avec eux, mais les mecs sont restés dans le coup et aujourd'hui nous sommes qualifiés en demi-finale.

Julien Puricelli - Lyon

Julien Puricelli - LyonIcon Sport

Désormais vous allez retrouver Montpellier en demi-finale. Comment appréhendez-vous ce match ?

P.M: Nous avons affronté Montpellier lors de la 26e journée et on sait à quel point ils sont costauds. La dernière fois c'était un huitième de finale. Nous avions pu comprendre, alors qu'ils avaient fait tourner, qu'ils avaient un meilleur effectif que nous. Il faut être honnête. Mais maintenant c'es simple, nous sommes à 80 minutes d'une finale. Et on ne sait jamais ce qu'il peut se passer. Les mecs sont en confiance, ils y croient et on verra. La semaine à venir ? Déjà ce soir nous allons boire un coup. Ensuite, la priorité c'est la récupération. En quelques semaines nous avons croisé Montpellier, Toulon et on retrouve Montpellier. Je n'ai quasi plus de trois-quart du groupe professionnel. Il va falloir faire le point et bien gérer la semaine.

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