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Lyon, Toulon, Mignoni, le "crunch"... Les confessions d'Armitage

Lyon, Toulon, Mignoni, le "crunch"... Les confessions d'Armitage

Le 02/03/2018 à 09:32Mis à jour Le 02/03/2018 à 10:33

Sa parole est rare mais Delon Armitage se livre pour Rugbyrama.fr et évoque ses aventures lyonnaise et toulonnaise, Pierre Mignoni qui le connaît si bien, le choc entre la France et l’Angleterre qui se profile et cette vision qu’il a sur le rugby en France, son autre pays.

Delon Armitage a le verbe rare dans les médias et, pourtant, il a des choses (intéressantes) à dire. "Je n’aime pas ça", lance-t-il. "Peut-être pour ne rien donner aux autres et tout garder pour moi. Parler de moi n’aide pas l’équipe", enchaine l’arrière du LOU. Aussi car après l’épisode de la finale de Champions Cup de 2013 où l’ancien Toulonnais chambre le Clermontois Brock James sur son essai, Delon Armitage s’est senti "seul contre tout le monde." Celui qui trimbale son sourire sur tous les terrains, celui-là même qui lui vaut une étiquette, n’est pourtant pas du tout le même derrière ce qui ressemble à une carapace.

Lyon

J’avais la possibilité de rester un an de plus à Toulon mais je suis venu à Lyon car je pensais qu’il y avait quelque chose à faire. Je n’avais pas envie de rester dans la facilité à Toulon où tu es sûr de disputer les phases finales. Je voulais me tester un peu à Lyon. Dans ma tête c’était : est-ce que je peux aller là-bas pour faire quelque chose et aider cette équipe à rester en Top 14 et faire partie de l’histoire ? J’ai encore envie de faire plus avant la fin, peut-être gagner quelque chose avec Lyon. Nous n’étions pas loin du Top 6 l’année dernière et même si ce sera encore compliqué cette année, nous avons l’équipe pour gagner quelque chose. Ce sera dur mais nous ne sommes pas loin. Il faut gagner à la maison pour rester dans le Top 6.

Delon Armitage (Lyon)

Delon Armitage (Lyon)Icon Sport

Toulon

Après la Coupe du Monde en 2011, j’avais un choix à faire. Je pouvais rester en Angleterre mais cela faisait dix ans que j’étais aux London Irish et nous n’avions rien gagné. Je suis arrivé à Toulon qui venait de perdre deux finales de Challenge Cup et de Top 14. Il y avait déjà mon frère (Steffon) et j’ai discuté avec Jonny (Wilkinson). J’avais envie de gagner quelque chose et de jouer des phases finales. Etait-ce le bon choix ? Car juste après la Coupe du Monde 2011, il y a eu la nouvelle règle (les Anglais évoluant à l’étranger ne sont plus sélectionnables). Quatre ans après, je me dis que oui ! Faire six finales en quatre ans, quatre titres, ce n’est pas mal du tout. Je pense que c’est même plus beau que la Coupe du Monde.

Delon Armitage (Toulon) vs Pau en 2016

Delon Armitage (Toulon) vs Pau en 2016Icon Sport

Pierre Mignoni

Cela fait six ans, il me connaît très bien. C’est le seul qui sait comment me gérer et me motiver pour les matches et l’entrainement. Je ne sais pas comment il fait ? Je ne sais pas si c’est parce qu’il m’engueule comme un père (rires). Il arrive à me motiver pour m’entrainer le matin et jouer les week-ends. J’ai besoin de ça pour être performant. Il ne se laisse pas faire, il sait ce qu’il veut mais c’est un bon entraineur aussi ! Il ne fait pas qu’engueuler les mecs, il explique aussi pourquoi il veut quelque chose. Après, c’est facile pour moi.

Pierre Mignoni (Lyon LOU)

Pierre Mignoni (Lyon LOU)Icon Sport

Le "crunch" entre la France et l’Angleterre

Jeune, quand j’étais à Nice, je voulais jouer en équipe de France. Cela ne s’est pas fait… Quand j’ai eu la chance de jouer contre la France, à Twickenham, c’est vrai que c’était un match spécial, avec la victoire en plus. J’ai beaucoup d’amis en France et en Angleterre donc quand je regarde les 6 Nations, c’est le match que je préfère. Celui qui arrive à Paris, je pense que ça va être le VRAI crunch à l’ancienne, physique, car les Anglais ont perdu en Ecosse et la France vient de gagner contre l’Italie. Ça va être LE match du Tournoi.

L’évolution du rugby, notamment en France

J’ai l’impression qu’il y a beaucoup trop d’arrêts en Top 14, les arbitres sifflent beaucoup et c’est dur de prendre le rythme du jeu. Quand on regarde les VI Nations, c’est rapide, ça bouge. Puis quand tu vas en équipe de France, tu n’arrives pas à prendre le rythme. Où est passé le french flair ? Ce n’est plus comme avant. Ce n’est plus l’équipe qui essaie de jouer. Les Anglais disent que les Français n’y sont pas physiquement mais les saisons sont trop longues. 11 mois, c’est beaucoup trop. Et ils changent d’équipe tous les week-ends.

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