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Heyneke Meyer : "Le Stade français deviendra l'un des plus grands clubs du monde"

Meyer : "Le Stade français deviendra l'un des plus grands clubs du monde"

Le 16/04/2018 à 11:12Mis à jour Le 16/04/2018 à 11:59

Lundi matin, à Jean Bouin, le docteur Wild et son bras droit Hubert Patricot ont intronisé Heyneke Meyer. L'an prochain, le Sud-Africain sera ainsi le directeur sportif du club de la Porte d'Auteuil. La suite ? Le 16 mai, l'ancien boss des Springboks tiendra une conférence de presse pour définir plus précisément les contours de son projet et présenter le recrutement. Premiers mots...

Quelle vision avez-vous du rugby français ?

Heyneke Meyer : Comme vous le savez, j'ai grandi en Afrique du Sud. En 1980, j'y ai d'ailleurs assisté à une victoire des Français face aux Springboks. Je n'étais alors qu'un gamin mais ce jour-là, Jean-Pierre Rives m'a beaucoup marqué. Il avait du sang sur la tête, des bandages partout mais continuait à jouer. Quel exemple, pour le jeune flanker que j'étais ! J'ai compris ce jour-là ce que représentait le rugby pour les Français. [...] En 2003, mon meilleur ami Nick Mallett a signé à Paris et gagné deux trophées avec ce club. A l'époque, j'étais coach assistant chez les Springboks. Nick m'a parlé du rugby français, Pieter du Villiers (son ancien assistant chez les Springboks) aussi. Je me projetais déjà sur cette aventure, je crois.

Qu'avez-vous fait depuis novembre 2015 et la fin de la coupe du Monde ?

H.M : J'ai voyagé et beaucoup appris, aux côtés d'autres coachs. J'étais aussi le directeur général d'une société de marketing sportif. On organisait des évènements liés au rugby, à travers le monde.

Quelle sera votre mission à Paris ?

H.M : Je suis là pour servir. Il s'agira avant tout des joueurs, pas de moi. Je donnerai le meilleur et si nous travaillons ensemble, le Stade français deviendra l'un des plus grands clubs du monde. Mais attention, je ne ferai pas de promesse que je ne peux tenir...

Sekou Macalou (Stade français) file à l'essai face au Racing 92.

Sekou Macalou (Stade français) file à l'essai face au Racing 92.Icon Sport

Olivier Azam et Julien Dupuy, qui composent le staff actuel, seront-ils là l'année prochaine ?

H.M : Ils font un super boulot dans des circonstances difficiles. Mais dans ce staff, on a encore quelques postes à pourvoir et on fera le nécessaire.

Olivier Azam (Stade français)

Olivier Azam (Stade français)Icon Sport

Et si le Stade français descend, en serez-vous l'entraîneur en Pro D2 ?

H.M : Quand vous coachez au plus haut niveau, il faut savoir emmener votre ego avec vous, où que ce soit. Il faut donc être prêt à descendre pour mieux remonter. Mais je ne pars pas perdant.

Où recruterez-vous ? En Afrique du Sud, comme Jake White ?

H.M : Non. Si j'avais voulu coacher des joueurs sud-africains, je serais resté là-bas. Le club a une identité et je la conserverai intacte. Le réservoir du rugby français est immense et je privilégierai toujours les joueurs du cru, qui s'épanouiront chez nous et en équipe de France.

Jonathan Danty (Stade Français) vs Castres

Jonathan Danty (Stade Français) vs CastresIcon Sport

Vous avez gagné le Super Rugby et poussé les All Blacks dans leurs derniers retranchements lors du dernier Mondial, mais vous êtes aussi le coach sud-africain ayant perdu face au Japon... Avez-vous tourné la page ?

Je suis très émotif et à chaque fois que j'essaie de reléguer ce match dans le passé, il y a toujours un journaliste pour m'y faire penser... (rires) C'était le match à ne pas perdre et j'ai un peu laissé tomber mon pays sur ce coup là. Mais Graham Henry (ancien coach des All Blacks) a perdu un quart de finale de coupe du Monde en 2007 avant de remporter cette compétition quatre ans plus tard. Il faut donc savoir surmonter la défaite. Et puis, voyons le côté positif des choses: aujourd'hui, je suis un héros au Japon. Tout y est gratuit pour moi ! (rires).

Morné Steyn, votre ancien protégé chez les Bulls et en équipe nationale, a dernièrement signé un pré-contrat avec Brive. Ferez-vous le nécessaire pour conserver ce joueur au club ?

J'ai lu ça dans la presse, oui... Parce que les coachs ont beau vous dire qu'ils ne lisent pas la presse, c'est faux... Morné a signé et est aujourd'hui tenu par ce contrat. Il faut préserver l'éthique. J'ai donc du mal à savoir ce qui promet l'avenir.

Propos recueillis par Marc DUZAN

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