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Finale Top 14, Toulon-Castres (18-10) - Wilkinson l'a rêvé, il a eu son final en apothéose !

Wilkinson l'a rêvé, il a eu son final en apothéose!

Le 01/06/2014 à 11:05Mis à jour Le 01/06/2014 à 11:49

En plus d’un doublé historique, cette victoire du RCT en finale de cet exercice de Top 14 2013-2014 marquait aussi la meilleure fin qu’il puisse être pour la carrière de Sir Jonny Wilkinson. Après avoir reçu de nombreux hommages, l’immense ouvreur anglais ne savait pas trop comment décrire son sentiment et se disait "dans l’inconnu", au moment de se livrer après avoir raccroché les crampons.

Même pas le temps de lever les bras en l’air. A peine le ballon évacué hors des limites du terrain après la sirène, Jonny Wilkinson était assailli. Par ses partenaires, d’abord. Sur la pelouse du Stade de France, c’est Mathieu Bastareaud le premier qui prenait l’Anglais dans ses bras. Avant d’être suivi par ses coéquipiers, à l’image de Delon Armitage qui sautait sur le regroupement un peu plus haut que tout le monde. Enfin venaient tous les autres joueurs, sur la feuille de match de ce samedi ou non, puis par l’ensemble du staff. A froid, l’ouvreur international décryptait cet instant. "Je regardais les autres joueurs, et j’ai vu leur énergie, leur joie, c’est le plus important. Ca m’a fait très plaisir de voir cette équipe comme ça !" Alors que le virage Sud, tout de rouge vêtu, commençait réellement son immense fiesta, les enceintes du Stade de France se mettaient à rugir "God save the Queen". Vibrant hommage à Sir Jonny !

"Je ne sais pas comment me sentir, c’est l’inconnu"

A Paris, la finale du Top 14 remportée par les Toulonnais contre Castres (18-10) marquait donc la dernière rencontre de l’Anglais en tant que rugbyman professionnel. Une rencontre au cours de laquelle il inscrivit 15 points, pour porter son total à 2055 sous le maillot du RCT, rien que ça ! Avec un 100% de réussite dans ses tirs au but, et surtout un superbe drop du pied droit, le gaucher a une fois de plus fait étalage de toutes ses qualités, acquises au cours de milliers d’heures d’entraînement. Un état d’esprit ultra-studieux que Wilkinson conserve dans tous les instants. Même au moment de livrer son sentiment devant la presse, dans sa sobriété légendaire. "Je ne sais pas comment je dois me sentir à cet instant, c’est l’inconnu pour moi… On peut contrôler certaines choses, d’autres pas. C’est en tout cas une très bonne chose pour cette équipe, et pour la fin de ma carrière !" Séquence émotion pour ce monstre sacré du rugby moderne.

Sur la pelouse à l’issue de son dernier match, Jonny Wilkinson avait déjà été harassé par toutes les chaînes de télévision. Entre un petit débriefing avec Delon Armitage et une selfie avec Bryan Habana, jamais ce passionné de physique quantique n’était jamais vraiment laissé seul à errer sur le pré. Les yeux humides, il avait simplement l’occasion de profiter quelques instants dans les bras de sa compagne retrouvée en bas des tribunes… au milieu d’une horde de photographes à l’affût DU cliché de sa dernière. Arrivé en premier sur la pelouse, il était aussi le premier à monter l’escalier des tribunes pour la cérémonie officielle. Où, au moment de soulever le bouclier de Brennus, tous ses partenaires semblaient vouloir être au plus près de Monsieur Wilkinson, en guise de souvenir. Sur la photo, c’étaient finalement ses amis australiens Matt Giteau et Drew Mitchell qui posaient à côté de lui.

"Ce doublé, c’est comme un rêve"

Un moment que Jonny Wilkinson attendait depuis longtemps, lui qui avait déjà perdu deux finales, en 2013 et 2012. "En début de saison, comme tous les capitaines, j’avais dû poser à côté du bouclier pour une photo. Mais on m’avait bien dit que je n’avais pas le droit de le toucher. C’est comme ça en Angleterre aussi, c’est normal tant que tu l’as pas gagné. Il faut le mériter. Et ce sont tous les matchs de la saison qui y contribuent. Alors ce (samedi) soir, j’ai profité de pouvoir de soulever avec mes coéquipiers, et c’est un souvenir que je vais garder très longtemps en tête !" En remportant, avec son équipe, un magnifique doublé Coupe d’Europe-Top 14, pouvait-il s’offrir une meilleure sortie ? Impossible. C’est encore avec des notions de travail que Wilko préfère le justifier. "C’est comme un rêve, mais c’est le résultat de beaucoup d’efforts. Plus que ça, de la connexion entre tous les joueurs, les investissements individuels de chacun, et puis collectivement… Cet état d’esprit, c’est ce que je vais garder avec moi toute ma vie".

Emu et touché, Jonny Wilkinson l’était probablement déjà avant d’aborder cette dernière rencontre dont il n’était pas question de passer à côté. Ce pourquoi Bernard Laporte a préféré organiser une discussion, dès jeudi, pour "évacuer l’émotion". Le manager s’explique. "Il le fallait, j’en suis convaincu, et même pour lui. Je pense qu’il avait peur de la remise des maillots". Le mythique numéro 10, pour sa part, concède n’avoir jamais douté de la capacité des siens à le faire. "Après la finale de H Cup, cette fois, l’ambiance était différente. J’ai regardé un peu les joueurs, j’ai vu qu’ils donnaient l’impression d’être super contents mais en même temps, ils gardaient quelque chose, et je crois que c’était l’envie d’aller un peu plus loin". Une confiance qu’il n’a pas perdue au cours de cette partie qu’il a parfaitement maîtrisée, à l’image de sa formation. "J’ai envie de profiter de ce qu’il nous reste, pour ce soir et pour toute la semaine aussi !", terminait-il avant de quitter le Stade de France. Il pouvait compter sur ses coéquipiers pour l’encourager à se lâcher. Mathieu Bastareaud en tête. "On va lui faire un coup de Trafalgar, il ne va pas le voir passer, s’amusait le Français. Et même s’il n’est pas content, on l’attrapera. S’il faut, je mettrais Dannie Rossow sur le coup !"

Jonny Wilkinson et le Bouclier de Brennus

Jonny Wilkinson et le Bouclier de BrennusAFP

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