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L'inquiétant chemin de croix d'Agen

L'inquiétant chemin de croix d'Agen
Par AFP

Le 24/09/2021 à 09:00Mis à jour

PRO D2 - Sevré de victoire la saison dernière dernière en Top 14, le SU Agen pensait se relancer dès le début du championnat de Pro D2, raté. Sur une série de quatre revers en deuxième division, le SUA cherche desespérément à retrouver le goût de la victoire mais la tâche s'annonce plus difficile que prévue.

"Fanny" la saison dernière avec 26 défaites en autant de journées de Top 14, Agen est repartie en Pro D2 sur des bases identiques avec déjà quatre revers en quatre matches, dont le dernier très inquiétant face au promu Bourg-en-Bresse.

Le SUA ne répond plus ! Alors qu'il pouvait enfin lancer sa saison le week-end dernier face aux Bressans, l'octuple champion de France a laissé passer sa chance (24-28), subissant un 31e revers de rang le repoussant à la 15e place de Pro D2, avant un déplacement délicat vendredi soir sur les terres du surprenant leader montois.

Avec 3 petits points au compteur, trois bonus défensifs, la situation est dramatique pour le cinquième budget de Pro D2 (9,5 millions d'euros), dont l'objectif fixé cette saison est une qualification dans le Top 6 pour disputer la phase finale d'accession.

Après un an et sept mois sans victoire (16-30 à Brive le 22 février 2020), et même plus de 700 jours de disette désormais à domicile (27-14 contre le Stade Français le 19 octobre 2019), les supporteurs agenais trouvent forcément le temps long.

Sonnes en sursis

Le manager Régis Sonnes, installé en novembre dernier après l'éviction du tandem Laussucq-Vaquin au bout de sept journées et qui a dû se résoudre à accepter le sacrifice de la saison dernière, pensait tenir la recette du succès avec le recrutement bien ciblé de 16 joueurs, des jeunes ambitieux et des cadres revanchards, et un staff renforcé (18 personnes au total) selon la volonté de sa direction. Il manque visiblement encore des ingrédients.

Le président Jean-François Fonteneau ne cache plus son impatience à récolter les fruits de ces investissements, alors qu'un centre de haute performance flambant neuf voit le jour au stade Armandie, qui restera en chantier jusqu'en septembre 2022 pour assurer ensuite au club des recettes supplémentaires.

En attendant, le SUA doit au plus vite redresser la barre sur le plan sportif s'il ne veut pas dégringoler encore plus bas.

Après avoir mis la pression à son encadrement au lendemain du revers contre Béziers (9-12, 2e journée), M. Fonteneau a conforté Régis Sonnes, qui a le soutien de ses joueurs. Il a longuement échangé avec lui samedi dernier pour "faire le point et évacuer certains désaccords".

État d'urgence municipal

"L'idée est d'être très solidaires, unis, avec une ligne de conduite collective et qu'on soit tous derrière ce qui est mis en place, même si ça prend plus de temps qu'on l'avait imaginé", insiste Jean-François Fonteneau qui reçoit "beaucoup de propositions" pour la succession de Régis Sonnes, en fin de contrat en juin prochain.

"Il faut un peu de stabilité, on a besoin de sérénité pour avancer, poursuit-il. Ça bosse beaucoup, j'attends de voir les fruits de cette construction".

Une stratégie pas évidente à tenir dans une ville qui vit rugby depuis toujours, où le maire et président de l'Agglomération Jean Dionis du Séjour vient de décréter "l'état d'urgence", et appelle à "fédérer tout le monde sur la même ligne" après avoir été interpellé sur les réseaux sociaux par l'ex-président du club, Alain Tingaud, qui avait cédé ses parts en 2018 à Fonteneau et se dit "prêt à participer à un vrai projet".

Sur les bords de Garonne, on veut encore croire que ce début de saison raté n'est qu'un faux départ. En 2014-2015, le SUA avait perdu ses trois premiers matches et avait fini par retrouver le Top 14 en battant Mont-de-Marsan (16-15) en finale d'accession.

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