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Edwards: "Le point fort de notre équipe ? C’est justement le mot "équipe""

Edwards: "Le point fort de notre équipe ? C’est justement le mot "équipe""

Le 23/01/2021 à 12:00Mis à jour Le 23/01/2021 à 14:27

PRO D2 – Victime d’une commotion début décembre, Joe Edwards a fait son retour dans le groupe breton lors de la réception de Biarritz. Désormais, il espère voir le RCV relancer sa belle dynamique alors que se profile un déplacement à Béziers. Le troisième ligne se confie avec sincérité sur ce qui fait la force de cette formation vannetaise.

Joe, revenons tout d’abord sur cette défaite le week-end dernier face à Biarritz que l’on imagine frustrante…

Joe Edwards : Oui et en plus d’être un match de haut de tableau, c’était un match à domicile mais à huis-clos cela ne veut plus rien dire. On l’a vu sur les matchs allers, on en a aussi profité en gagnant plusieurs fois à l’extérieur. Le fait de ne pas avoir eu la victoire, cela a un peu piqué. On avait donc besoin de regarder ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas marché car ce week-end on aura un nouveau test et on espère que ça se passera mieux.

Ce fut la deuxième défaite de la saison à domicile, après celle de Perpignan. Comment l’avez-vous expliqué ?

J.E. : Contre Perpignan, c’était un match physique. J’avais eu le sentiment que l’on avait été bien présent mais il y a eu ce drop à la fin et ils ont gagné. Mais contre Biarritz, on sort plutôt frustré. On a fait pas mal de fautes dans notre camp, trop de fautes dans les mauvais endroits et contre une belle équipe ça n’est pas passé.

On parle de ces deux défaites mais insister dessus serait dur au regard de votre première partie de saison tout bonnement exceptionnelle.

J.E. : Oui, cette défaite ne change rien à notre vision et à notre comportement. C’est juste un rappel. Contre Biarritz, on s’est trop focalisé sur la notion de « match de haut de tableau », de match important. Et on a oublié ces détails qui ont bien fonctionné sur la première moitié de saison. On a un peu trop stressé et on s’est mis nous-mêmes sous pression avant le match. On était tendu avant et pas à l’aise pour jouer notre style jeu. Du coup, on a fait des fautes que l’on ne fait jamais.

Si l’on veut y voir du positif, c’est une bonne leçon pour la suite ?

J.E. : On savait que, contre Biarritz, c’était un match à huit points. En gagnant on renforçait notre deuxième place, tandis qu’eux pouvaient réduire l’écart avec la troisième place. Maintenant que le match est passé, j’ai le sentiment que l’on s’est trop focalisé sur ça et que l’on n’a pas joué notre jeu. Mais cela permet de nous dire que c’est une faute. C’est la première fois de la saison que l’on fait ça, que l’on n’a pas été bon. Cette semaine, on a donc regardé les détails pour construire une bonne performance et essayer de gagner ce week-end (dimanche à Béziers, ndlr).

D’ailleurs quand vous voyez votre équipe de Vannes occuper la 2e place (54 points), comment réagissez-vous ? Avez-vous le sentiment d’être à la place souhaitée, ou est-ce au-dessus de vos attentes ?

J.E. : Ce classement ne nous choque pas au regard de notre investissement et du comportement de toute l’équipe. On marche tous dans le même sens. C’est quand même mieux qu’espéré en début de saison. On avait dit que l’on espérait se qualifier pour les phases finales. Alors ce bon début de saison ne nous que peu surpris. On a une équipe qui bosse pour le même objectif.

Du coup, cela veut dire qu’à mi-saison, le RCV n’a qu’une seule envie, poursuivre sa marche en avant, sans pression, avec ambition.
J.E. : On sait très bien que la saison est encore longue. Il nous reste quatorze matchs. On ne veut pas se dire que l’on a fait 80% du job pour rentrer dans le Top 6 et que, maintenant, on peut se relâcher pour se focaliser sur les phases finales. Aujourd’hui, beaucoup d’équipes veulent être dans ce Top 6 et essaient de gagner, à l’extérieur, à enchainer. Cela va être dur sur la fin de saison. On ne peut pas dire aujourd’hui que l’on est sûr d’être en phase finale. Peut-être que Perpignan peut avoir ce comportement au regard de la qualité de son effectif, mais pas nous. On se focalise sur le match qui arrive pour avoir le meilleur classement à la fin.

" Je crois vraiment que notre équipe est capable d’aller gagner ce championnat et que l’on sera compétitif lors du money time de fin de saison."

Grâce à votre expérience et votre parcours, vous avez ce recul qui vous permet de mesure la force de ce groupe. De l’extérieur, on a le sentiment que ce qui fait sa force, c’est cette progression constante et son côté décomplexé ?

J.E. : Le point fort de cette équipe, c’est justement le mot équipe. Si tu regardes la feuille de match de notre équipe en début de saison, tu vas te dire qu’il n’y a pas de supers stars. Pourtant, cette équipe de Vannes bosse vraiment pour le mec à côté. Je suis un nouveau venu, et il n’y a aucun joueur égoïste. Personne n’est au-dessus de l’équipe. Pour moi, c’est notre point fort. Dans les moments difficiles que l’on a pu avoir en début de saison, gagnant dans les derniers moments, parfois en étant menés, on a réussi à trouver les solutions pour faire basculer les matchs et les gagner, pour ainsi enchainer les victoires. Ce qui est vraiment dur dans ce championnat. Je crois vraiment que notre équipe est capable d’aller gagner ce championnat et que l’on sera compétitif lors du money time de fin de saison.

D’autant que mis à part votre défaite à Provence, vous avez toujours obtenu quelque chose. Il y a eu deux bonus défensifs face à Perpignan et Biarritz et donc ce nul à Carcassonne. Vous vous accrochez et vous vous remettez en question chaque semaine ! Très peu d’équipes en sont capables.

J.E. : Pour autant, on n’a pas forcément beaucoup d’expérience dans notre équipe. Il y a beaucoup de mecs de 23 ou 24 ans. Pas mal sont entre leur 20e ou 25e année. J’ai 27 ans, je ne suis pas un vieux (il sourit) mais on n’est pas nombreux autour de cet âge-là et très peu ont au-dessus de 30 ans. Je crois que l’année dernière, il y a eu pas mal de blessures ce qui a obligé à faire enchainer de jeunes joueurs. Je pense à Grégoire Bazin, Éric Marks ou Rémi Picquette. Ils étaient jeunes mais avaient besoin de jouer et d’enchainer. Et maintenant, un mec comme Rémi Picquette fait une saison exceptionnelle et se dirige vers le Top 14. Je suis très content pour lui. Notre équipe prend de l’expérience, tu as à la fois quelques anciens, quelques étrangers et ces jeunes qui ont beaucoup joué l’année dernière. Aujourd’hui, même si on fait tourner notre équipe, on ne perd rien. On veut toujours rester compétitif et gagner. Mais si l’équipe change, on ne veut pas être la prochaine équipe à perdre ! C’est donc plus facile le lundi pour se faire mal, mais en musique et avec le sourire. C’est un esprit qu’ils avaient déjà mais qui explose cette saison.

Et dans cette recherche de la performance et de toujours vouloir faire mieux, où situez-vous une possible progression ?
J.E. : En début de saison, on était toujours vu comme une petite équipe et ça m’allait très bien. Tu n’as pas cette pression comme l’ont Perpignan, Oyonnax ou Grenoble. Mais ces équipes qui jouent la montée chaque année, qui sont toujours présentes en phases finales, ont ce comportement qui fait que lorsqu’elles sont dans ces fameuses zones où il faut marquer, elles sortent toujours avec des points, ou un carton pour l’adversaire. Cette année, notre groupe de leaders a décidé d’avoir ce comportement. Cela a bien marché durant notre première partie de saison, mais maintenant les adversaires se focalisent surement un peu plus sur nous. On n’est surement plus vu comme une petite équipe, mais c’est quelque chose que l’on peut surement améliorer. Par exemple contre Biarritz, on n’a pas été récompensé. C’est un point que l’on peut améliorer pour cette jeune équipe de Vannes, être plus méchant et plus exigeant dans cette zone du terrain.

DK Prod / Rugby Club Vannes

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