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Pro D2 - Christophe Laussucq (Mont-de-Marsan) : "On attend forcément une rébellion"

Laussucq : "On attend forcément une rébellion"
Par Rugbyrama

Le 27/11/2018 à 18:53

PRO D2 - Largement défait à Aurillac il y a deux semaines (31-7), le Stade Montois retrouve le championnat ce jeudi soir avec la réception du leader briviste à Guy-Boniface (20h45). L’entraîneur Christophe Laussucq espère une grosse réaction de ses joueurs pour bien démarrer ce quatrième bloc.

Rugbyrama : À froid, comment analysez-vous cette déconvenue dans le Cantal ?

Christophe Laussucq : C’est un non match de notre part. On a été pris partout, en mêlée, sur les ballons portés, en défense… Il n’y avait rien, aucun engagement, aucune rébellion, c’est un match à vite oublier. Du coup, on a coupé seulement deux, trois jours avant de reprendre pour essayer d’évacuer ça au plus vite.

Est-ce qu’il n’y aurait pas une sorte de routine qui se serait installée après la bonne dynamique du début de saison ?

C.L. : Depuis trois matches, on n’a pas un comportement suffisant pour gagner à l’extérieur. On est un peu dans le dur mais je ne sais pas si c’est dû à un train-train. Il y a des blessés et des joueurs fatigués qui ont moins d’enthousiasme car ils ont beaucoup donné depuis le mois de juillet. Il faut vite rebondir et se remettre avant tout dans l’état d’esprit d’une équipe qui a envie de combattre parce que ce n’est pas ce que j’ai vu à Aurillac. C’est la pire des choses qu’il peut arriver pour une équipe de rugby même s’il ne faut pas non plus tout remettre en question.

" On s’est vu un peu plus beau que ce que l’on était"

Les blessés se sont accumulés sur ce troisième bloc (onze au total sur l’effectif pro) et notamment au poste d’ouvreur (Rémi Talès, Clément Otazo et Danré Gerber). L’absence de ces joueurs clés s’est certainement aussi faite sentir…

C.L. : C’est vrai que ce n’est pas simple d’avoir trois ouvreurs blessés en même temps mais c’est aussi malhonnête de dire ça parce que le jeune Nathan Courtade (21 ans ndlr) n’a pas démérité quand il a dépanné sur ces matches. Il n’est pas fautif à Aurillac car il a dû toucher son premier ballon quand on avait déjà encaissé vingt points… Est-ce que les joueurs autour de lui ont autant de confiance qu’avec Rémi Talès ? Je ne pense pas et c’est plus ça qui m’énerve car c’est trop facile de se cacher derrière les absences.

Il manque aussi Romain Cabannes au centre ainsi que du monde dans le paquet d’avants (Tastet, Paulino, Rey, Muzzio, Cedaro, David, Castinel…)…

C.L. : Oui, on a des absents mais je pense qu’inconsciemment on s’est vu un peu plus beau que ce que l’on était. Depuis la troisième journée, tout le monde nous voit déjà au moins en barrage à domicile. Moi cela me faisait bien rire, mais un rire acide car on est très très loin d’y être. Notre force c’était une cohésion plus précoce que les autres mais quand je vois le potentiel de nos concurrents… Cela va être une drôle de bataille pour se qualifier et si on est dans les six encore cette année ce sera un exploit.

" Ils ne sont pas là uniquement en bouche-trou"

Plusieurs jeunes en ont profité pour avoir du temps de jeu en pro (De Nardi, Durand, Laterrade, Courtade…), c’est un point positif de pouvoir s’appuyer sur ces joueurs formés au club.

C.L. : On retravaille bien sur la formation depuis plusieurs années avec notamment l’équipe Espoirs qui a battu le Racing 92, a failli battre Toulouse et a fait un bon match à l’UBB le week-end dernier. Du coup, on revoit des bons joueurs de notre Centre de Formation qui postulent en équipe première. Thomas Bultel va débuter dans le groupe ce week-end ou encore le petit Léo Colly et il y en a d’autres qui tapent à la porte… Cela fait partie des points de satisfaction au club.

Dans cette période de creux pour le groupe montois, ces jeunes joueurs amènent-ils un vrai plus à l’équipe première ?

C.L. : C’est l’objectif, ils ne sont pas là uniquement en bouche-trou ! C’est sûr que Nathan Courtade n’aurait pas été essayé en dix s’il n’y avait pas eu cette cascade de blessures. On a parfois besoin d’eux par la force des choses mais il y en a certains en qui l’on croit vraiment. On n’a que 31 joueurs professionnels cette année, c’était un pari mais aussi parce que l’on croit en ces jeunes et le fait qu’ils peuvent amener un peu d’enthousiasme, de fraîcheur et leurs qualités aussi.

Pro D2 - Romuald Seguy (Perpignan) contre Mont-de-Marsan le 5 avril 2018

Pro D2 - Romuald Seguy (Perpignan) contre Mont-de-Marsan le 5 avril 2018Icon Sport

Vous venez de renforcer cet effectif pro avec l’ouvreur catalan Romuald Seguy et le trois-quart samoan Jamie-Jerry Taulagi, qu’est-ce que vous attendez d’eux ?

C.L. : C’était une obligation de prendre un numéro dix. On a eu l’opportunité avec Romuald (Seguy ndlr) qui est un bon joueur avec déjà du temps de jeu la saison dernière en Pro D2 même si cette année il ne joue pas beaucoup en Top 14 avec Perpignan. On cherchait aussi un joueur pour apporter un plus sur le fond du terrain car on s’est beaucoup appuyé sur Julien Cabannes, Yoann Laousse-Azpiazu et Timoci Matanavou. C’était important trouver un profil polyvalent comme Danré Gerber et c’est ça qui nous a séduit chez Jamie-Jerry Taulagi.

" Un gros test de caractère"

Jeudi soir, Brive vient vous défier dans son costume de leader, comment abordez-vous cette solide réception ?

C.L. : Les Brivistes restent sur de très bonnes prestations chez eux, ils ont plus de mal à l’extérieur mais on n’est pas en position de les recevoir en étant sereins. On va jouer une très belle équipe, très dure à l’impact et expérimentée grâce aux nombreux joueurs qui ont plusieurs saisons de Top 14 à leur actif. C’est un gros test de caractère car on attend forcément une rébellion après la contre performance d’Aurillac. J’attends aussi beaucoup de solidarité et de cœur des joueurs ainsi que du public parce que ce n’est pas uniquement quand ça va bien qu’il faut aimer nos joueurs, c’est aussi quand ça va mal qu’il faut être capable de se resserrer tous ensemble.

Vous êtes cinquièmes à deux points du leader briviste mais Soyaux-Angoulême (7e) n’est qu’à quatre points derrière, cette rencontre peut aussi faire basculer votre saison…

C.L. : Ce match peut-être quelque chose d’important pour la suite. Une défaite pourrait nous plonger dans une période encore plus noire et on a besoin d’une belle victoire pour rebondir, retrouver confiance en nous et reprendre du plaisir. Sur le plan comptable, on ne veut pas se laisser distancer. Si on rêve d’une fin de saison excitante, il faut faire le dos rond et prendre des points maintenant.

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