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Mola : "Il n'y a pas beaucoup de positif à retirer"

Mola : "Il n'y a pas beaucoup de positif à retirer"
Par Rugbyrama

Le 15/01/2022 à 17:48Mis à jour Le 15/01/2022 à 20:08

CHAMPIONS CUP - Fortement déçu de la prestation de son équipe, battue aux Wasps (22-30) ce samedi et sous pression en Champions Cup avant la réception de Cardiff samedi prochain, le manager du Stade toulousain Ugo Mola a insisté à chaud sur le manque de maîtrise et de lien collectif dans le jeu des Rouge et Noir, criant à Coventry où ses hommes avaient largement la place pour mieux faire.

Après un bon premier quart d'heure, cela s'est un peu délité derrière. Comment l'analysez-vous ?

Oui, on a "breaké" sept ou huit fois en première mi-temps. Mais on a aussi passé un bon quart d'heure sans voir le ballon. L'équipe a eu beaucoup d'opportunités mais peu de réalisme, contrairement aux Wasps qui ont fait quasiment un match sans faute. Il y a eu de nombreuses imprécisions, de fautes sur les phases de conquête où on n'a pas réussi à resserrer notre adversaire et à profiter de la supériorité numérique, puis surtout de nos ballons dans l'avancée. "Breaker" autant à ce niveau, c'est assez rare. Mais la réalité, c'est que nous sommes tombés dans le panneau et que nous n'avons pas su trouver la bonne mesure. Il n'y a pas beaucoup de positif à retirer.

A quoi attribuez-vous ce manque de continuité dans le jeu ? A votre manque de rythme avec tous les reports ?

J'aimerais que ce soit ça. Mais l'énergie était du côté des Wasps, c'est évident. Ils se sont livrés, parfois à la limite, mais nous n'avons su avoir la patience nécessaire pour multiplier ces temps de jeu qui nous auraient permis de marquer quelques fois de plus. Quand on était sous pression, on avait du mal à en sortir et on a un peu tout payé cash. J'espère sincèrement que c'est une histoire de rythme mais il y a quand même des choses qui m'ont fortement dérangé. On va regarder tout ça à tête reposée pour éviter de trop s'agacer maintenant.

Vos joueurs semblaient dominateurs sur les ballons portés et n'ont pas toujours été récompensés dans ce secteur, quelles qu'en soient les raisons. Auraient-ils dû s'adapter stratégiquement ?

Oui, cela me paraît évident. N'étant pas récompensés sur les secteurs de la mêlée et des ballons portés, il fallait être en mesure de changer notre fusil d'épaule. L'équipe était assez jeune au départ et le manque d'expérience l'explique peut-être. Dans ces moments-là, il faut aussi faire preuve de lucidité. On a essayé de faire entrer des joueurs d'expérience à la fin mais le match s'est mal engagé. Les Wasps, par l'énergie qu'ils ont mis, ont eu la faveur de quelques récompenses arbitrales et nous n'avons pas trouvé la solution. On ne peut pas avoir une mêlée dominante et nous retrouver à deux coup-francs et deux pénalités contre nous, comme on ne peut pas avoir des ballons portés dominants et nous retrouver à autant de ballons perdus et rendus sur mêlée. Cela laisse un arrière-goût d'inachevé et de frustration. Je vais prendre le temps de bien analyser pour ne pas dire des choses que je regretterai par la suite mais il manque des ingrédients.

Lesquels ?

J'ai vu un état d'esprit porté sur le jeu, c'est sûr. Mais, à chaque décision arbitrale, tout le monde levait les mains et les bras. Et ça, ce n'est pas nous. On doit se reconcentrer sur l'essentiel et remettre les choses dans l'ordre.

Pour revenir aux ballons portés, le paradoxe est que vous avez inscrit trois essais derrière des mauls efficaces...

C'est assez paradoxal pour être souligné. Je pense que, sur les premiers franchissements, on avait aussi la place pour finir les coups mais on n'a jamais été en mesure de le faire. On a fait preuve d'impatience, notamment sur ce premier quart d'heure où il y avait la place pour marquer davantage. On savait qu'on avait la matière pour les punir sur cette phase de jeu mais, quand on fait le bilan des ballons portés et malgré ces trois essais, il y a eu beaucoup de tentatives par rapport à ce qu'il en est sorti. Ce n'est pas suffisant. Les Wasps ont su nous mettre dans un rythme où on a eu du mal à remettre la main sur le ballon, à enchaîner les temps de jeu. Nous avons été trop souvent proches des lignes sans marquer. Il y avait la place pour mettre deux ou trois essais de plus. Il y a beaucoup de frustration, tant on pouvait mieux faire. On ne ressort jamais complètement indemnes d'un match de Coupe d'Europe et il y aura quand même des leçons à en tirer.

Voilà qui rend la réception de Cardiff d'autant plus décisive samedi prochain...

Bien sûr. En espérant que ce match ne soit pas reporté, car ce serait compliqué pour nous de ne pas jouer. Mais ce rendez-vous paraît plus que décisif. Même si, pour l'instant, je suis surtout fortement déçu de notre prestation de cet après-midi.

Vous disiez cette semaine que les rebonds, après vous avoir été favorables, ne le sont plus. Ce match en est-il l'illustration ?

Je ne sais pas si la baraka nous a permis de gagner mais je crois surtout que c'est souvent une histoire de dynamique collective. On peut expliquer ce qu'on veut, à commencer par moi. La meilleure des manières de se remettre la tête en place, c'est de jouer au rugby et d'enchaîner. En disputant deux matchs en six semaines, on sent qu'il nous manque un petit ingrédient, ou ce lien collectif qui est très important à ce niveau. Il faut vite le retrouver. Après un début de saison maîtrisé de la tête et des épaules, on balbutie aujourd'hui notre rugby. Ce n'est pas ce que l'on souhaite faire. On doit baisser la tête, se remettre au boulot et trouver de la cohérence pour éviter d'être encore l'équipe qui n'a pas les bons rebonds. Les bons rebonds sont pour les bonnes équipes.

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