• Top 14 - Louis Carbonel (Montpellier).
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  • Louis Carbonel - Toulon
    Louis Carbonel - Toulon

"J'aurais préféré qu'on chante" : les supporters toulonnais réagissent aux sifflets sur Carbonel

Le | Mis à jour

TOP 14 - Transféré du Rugby club toulonnais vers Montpellier à l’intersaison, Louis Carbonel faisait son retour dans son jardin de Mayol, celui qui l’a vu grandir. Sifflé lors de ses tirs au but, il a répondu en s’imposant et célébrant la victoire (26-16) de son nouveau club avec une hargne et un sourire qui en disaient long.

Plus que l’accueil du champion de France en titre, plus que le choc entre deux mastodontes du Top 14, la véritable attraction de la soirée portait un maillot blanc floqué du numéro 10. Louis Carbonel refoulait la pelouse de Mayol pour la première fois depuis sa signature dans l’Hérault cet été, dans des conditions de transfert qui avaient fait grand bruit dans le monde du rugby. "Patrice (Collazo) a alors eu l’idée d’un remplaçant moins brillant à titre individuel mais plus tacticien. On a recruté Ihaia West" expliquait en mai dernier le patron du RCT Bernard Lemaître dans les colonnes de Midi Olympique.

Par conséquent, le retour de l’enfant roi, du chouchou des supporters, du minot était dans toutes les bouches à quelques heures du match de clôture de la 10e journée. Mais des sifflets ont pourtant accompagné ses tirs au buts tout au long de la partie. "À Toulon, siffler les buteurs c’est culturel. Les adhérents des Fils de Besagne sont donc venus me voir avant le début de la rencontre pour savoir si on le sifflait. Chacun fait comme il veut mais moi je ne l’ai pas sifflé, vous vous doutez bien, explique Julien Perpere, président de ce groupe de supporter. Après, Louis connait Mayol par coeur, il se doutait qu’il allait être sifflé. Il savait à quoi s’attendre. De plus, les pénalités qu’il a tentées avaient de l’importance, donc il n’y a pas échappé".

Louis Carbonel - Toulon
Louis Carbonel - Toulon

Pour Manu Bielecki, président des "Z’acrau du RCT", les sifflets étaient évitables au vu du contexte. "J’aurais préféré qu’on chante pendant qu’il bute. Si Wilkinson était revenu à Toulon, je ne suis pas sûr qu’on l’aurait sifflé. Les sifflets, ça peut gêner un petit buteur mais pas un de cette trempe. Je trouve dommage de faire ça alors qu’on a voulu le retenir".

"Louis, minot de Mayol"

Malgré les huées qui accompagnaient ses coups de pied face aux poteaux, une banderole avait été étendue dans le coin des Fils de Besagne avec inscrit dessus "Louis, minot de Mayol". Julien Perpère, qui a été à l’initiative de cette banderole avec son association, explique son souhait : "La banderole on la déployait déjà l’année dernière. On a été aux avant-postes pour dénoncer son départ, on savait ce qu’on perdait. Louis Carbonel a une histoire particulière avec le RCT, c’est un vrai minot de Mayol qui a toujours de l’amour pour ce club. C’était un petit clin d’oeil pour lui dire : c’est toujours chez toi ici". En guise de réponse, le double champion du monde U20 a participé à la victoire des siens 26-16 avec la bagatelle de 16 points inscrits et un 100% au pied (6/6). Comme quoi, les sifflets n’auront pas eu d’emprise sur lui.

Au moment de mettre fin à la rencontre, c’est lui qui acheva le taureau avec le dégagement en touche, en criant de soulagement. Dans le mouvement de son coup de chausson libérateur, il exulta bras levés et poings serrés en direction de la tribune présidentielle. "Ma joie est décuplée au moment où je tape ce ballon. Pour moi, c’était symbolique de gagner à Mayol. Il y a eu un cri de joie collectif. […] C’est un ouf de soulagement" racontait le buteur montpelliérain sur notre site ce lundi. "Je pense que ça faisait une semaine qu’il ne dormait pas. Il a montré au président qu’il aurait fallu compter sur lui. Son départ fera partie d’un petit gâchis dont on parlera dans plusieurs années", appuyait Manu Bielecki.

Et Julien Perpere de conclure : "Comment en vouloir à un gamin compétiteur, qui vient faire un match chez lui, quand on sait les conditions de son départ. Cette célébration n’allait pas à l’encontre des supporters toulonnais. Il était content d’envoyer un message à certaines personnes. Quand on connait l’amour qu’il porte à ce club, qui peut imaginer qu’il vienne cracher au visage des supporters toulonnais ? C’est impensable". Son retour en terre varoise aura peut-être eu le mérite de permettre aux supporters et à Louis Carbonel de faire enfin le "deuil" de cette histoire passionnelle, désormais close.

C'est un sujet qui fait visiblement débat puisque même l'ancien demi d'ouverture du Rugby club toulonnais (2012 à 2016) a réagi. "Vous sifflez également le dimanche quans ils jouent car c'est la culture?" a-t-il écrit. Un post qui lui a valu plusieurs commentaires à contre-sens de sa pensée (voir le tweet ci-dessous).

“À Toulon, siffler les buteurs c’est culturel…” ?@FilsdeBesagne un buteur ne manque pas de respect, il fait son job et Carbo est un enfant de la rade…

Vous sifflez également vos enfants le dimanche quand ils jouent car c’est la culture ?#silence = #respect ?

— ᴍɪᴄʜᴀʟᴀᴋ ғʀᴇᴅᴇʀɪᴄ (@michalakfred) November 8, 2022