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Paiva : "J'ai choisi le club qui me correspondait le plus"

Paiva : "J'ai choisi le club qui me correspondait le plus"

Le 24/12/2021 à 15:25Mis à jour

TOP 14 - Thierry Paiva retrouve petit à petit sa forme optimale. Le pilier gauche de l'UBB veut vivre une belle dernière saison avec le club qui l'a formé avant de rejoindre La Rochelle. Avec, encore et toujours, le XV de France en ligne de mire.

Vous avez eu un bon enchaînement depuis la reprise entre l'UBB et le stage en équipe de France. Comment jugez-vous votre année 2021 ?

Oui, c'est à peu près ça. Mais entre-temps, j'ai eu la blessure à la fin de la saison dernière. Du coup, cela ne m'a pas permis de revenir pour les phases finales. Je n'ai pas pu jouer encore une fois avec l'équipe. C'est un coup dur quand cela arrive sur les deux dernières années, j'ai en fait bien enchaîné les hauts et les bas.

Malgré cet enchaînement, vous avez été repris par Fabien Galthié dans le groupe élargi de l'équipe de France...

Oui. A chaque fois que j'ai été appelé, cela a été le cas. L'an dernier, je me blesse contre Toulouse. Je n'avais pas pu faire la préparation estivale. Je suis revenu pour le début de saison, mais c'était un peu compliqué de retrouver le rythme. Mais sur la tournée de novembre, le staff m'a fait confiance et m'a repris pour les stages. Après, malheureusement, je n'ai pas pu disputer de matchs lors de cette tournée de novembre. Mais déjà, en soi, le fait d'être rappelé, c'est pour moi quelque chose d'important. Cela m'a redonné de l'élan. Même si j'avais été appelé, je savais que je n'avais pas retrouvé ma pleine forme, chose que je suis en train de retrouver en ce moment. Bien sûr, j'étais déçu de ne pas jouer les matchs, mais c'est un bon signal pour progresser, enchaîner les bonnes performances avec l'UBB et pouvoir être rappelé. Et un jour, porter le maillot de l'équipe de France.

Ces rappels vous rassurent-ils sur votre progression ?

Oui. Car j'arrive à retrouver un bon niveau, de l'activité. Après, pour moi, je ne suis pas encore au top et je n'ai pas encore retrouvé la forme que j'avais dans le secteur de la mêlée avant mes blessures. Cela prend un peu de temps, car j'ai eu des opérations quand même importantes. Il a fallu du temps pour que je retrouve toute ma force sur le terrain, toute ma souplesse et toute ma puissance. Là, je sens que je suis en train de la retrouver. C'est de bon augure pour la suite.

Quelles sont selon vous, les points qu'il vous faut travailler pour être titulaire en équipe de France ?

C'est en fait un tout. Il y a la mêlée, les rucks, mon activité. Il faut que je retrouve la forme qui était la mienne avant mes blessures. Dans le jeu courant, ça va. Il faut que je continue d'améliorer mes déplacements, mes courses, ce qui faisait ma force avant mes blessures. On a fait des tests, il y a peu, et je sens que cela revient. Mais avant de parler de devenir titulaire, il y a beaucoup d'étapes avant. Pour pouvoir prétendre à une place, je pense que c'est un tout. Il y a des secteurs que j'aime beaucoup, comme la défense, la mêlée, le grattage, les déplacements. Ce sont des secteurs que je dois continuer à travailler et à améliorer chaque week-end.

Avec l'UBB, vous avez marqué les esprits avec deux victoires consécutives au Racing et contre Toulouse. Êtes-vous désormais un prétendant déclaré au Brennus ?

Oui, on n'ignore pas cela. Mais après, on ne se base pas uniquement sur cela. On sait qu'il y a de grandes équipes. Toulouse ou La Rochelle par exemple, même si on les a battu. Il y a Montpellier, Lyon qui sont juste derrière. On retrouve pas mal d'équipes qui ne sont pas très loin derrière nous et qui sont de gros prétendants au titre. Après, on continue à grandir, à progresser. Et bien sûr, on sait que l'on va être attendu sur les prochains matchs. Mais on ne se base pas sur l'idée que l'on est un gros prétendant. On va sur notre chemin.

Le jeune Thierry Paiva, arrivé de Floirac, prêté à Carcassonne, il n'existe plus ?

Je ne dirais pas qu'il n'existe plus parce que cela fait partie de moi, de mon évolution. C'est ce qui a fait que je suis devenu ce que je suis aujourd'hui. Mais c'est sûr que je suis en début de carrière. Il me reste encore beaucoup d'objectifs à atteindre, de choses que je veux perfectionner. Je pense que je suis sur le bon chemin. J'espère surtout que les blessures sont derrière moi et que je vais atteindre mes objectifs, retrouver mon niveau et toutes les choses qui vont avec.

Champions Cup - Thierry Paiva et Kane Douglas lors des phases de poule (Bordeaux-Bègles)

Champions Cup - Thierry Paiva et Kane Douglas lors des phases de poule (Bordeaux-Bègles)Icon Sport

L'UBB est-elle vraiment bien lancée cette année, avec une première place et pas mal de régularité ?

Oui. On retrouve de la constance. En 2019, on était bien lancé et le Covid nous avait arrêté. D'ailleurs, on n'a pas trop de chances, car le Covid est de nouveau de retour. On espère que cela ne sera pas trop grave ! Mais c'est vrai que ces dernières années, on a trouvé de la constance. On a pas mal de joueurs qui, maintenant, arrivent à maturité. Tout ça fait que l'on a des bases assez solides. L'année dernière, on a quand même fait 3 demi-finales. Chaque année, le club est en progression. Et là encore, être premier démontre notre bon début de saison et la progression du club. Bien sûr, on arrive tout juste à la fin des matchs aller, avec le match à Toulon. Il reste une demi-saison. On sait qu'il va y avoir des surprises. Cela va être encore long. Il faut qu'on reste concentré sur notre jeu.

Pour vous, il va y avoir un gros enchaînement en janvier avec la future liste pour le Tournoi...

Il y a d'abord le déplacement à Toulon qui va être très dur. C'est une équipe qui récupère petit à petit tous ses joueurs et retrouve sa force. Cela va être un match important. Après, on va recevoir Biarritz. On sait que c'est une équipe qui ne lâche rien. Après Brive, la Coupe d'Europe. Comme on veut toujours se qualifier, ce seront des matchs importants. Donc, effectivement, ce mois de janvier va être primordial. Il va falloir continuer sur la bonne dynamique que l'on a. Pour la liste, je ne me prends pas la tête. Je suis vraiment focus sur les gros matchs qui vont arriver. Il faut que je continue à faire de gros matchs et puis si le staff de l'équipe de France estime que c'est le moment de me lancer, ils le feront. Et s'il estime que ce n'est pas le cas, j'attendrai. Je continuerai à bosser avec le club pour les convaincre, et cela avec beaucoup d'humilité.

Retrouvez-vous un peu de l'UBB en équipe de France ?

C'est déjà une belle récompense pour le club et le travail qu'il fait. Après, d'un point de vue personnel, on est très souvent ensemble avec Cameron, Matthieu, Max qui est mon partenaire de chambre, Yoram et Romain. Cela fait plaisir de les retrouver quand on est dans le groupe France. Surtout qu'ils se sont bien affirmés en équipe de France. C'est un plaisir de vivre ces moments avec eux. J'espère en vivre d'aussi beaux si je joue un jour à leurs côtés.

Le travail est-il ce qui vous caractérise ?

Oui. Mais de toute façon, si on veut réussir, cela passe par le travail. Que tu sois talentueux, que tu ne le sois pas, si tu ne travailles pas, tu n'y arrives pas. Moi, je ne faisais pas partie des meilleurs quand je suis arrivé. Là encore, toujours pas. Donc, il faut que je continue à travailler, tout le temps pour grandir, avancer, être meilleur. Alors, oui, comme pour beaucoup, le travail est pour moi quelque chose d'important. C'est ce qui fait la réussite d'un joueur. Parce qu'un joueur qui ne travaille pas, il se fera toujours doubler par ceux qui travaillent très dur.

Pro D2 - Thierry Paiva en prêt à Carcassonne lors de la saison 2016-2017

Pro D2 - Thierry Paiva en prêt à Carcassonne lors de la saison 2016-2017Icon Sport

Etait-ce l'une de vos motivations d'ailleurs quand vous êtes parti en prêt à Carcassonne ?

Exactement. C'était un challenge important pour moi. Et aujourd'hui, je vois que j'ai fait le bon choix. Parce que cela m'a permis de revenir à l'UBB. Ensuite, de jouer et d'arriver avec des bases solides à ce poste de pilier gauche. Et puis derrière j'avais cette faculté à me déplacer. Cela a vraiment été bénéfique pour moi lorsque je suis revenu à l'UBB.

Avez-vous choisi de vivre une autre aventure ?

J'ai longuement réfléchi à cette décision, à ce qui était le mieux pour moi. J'ai eu plusieurs propositions de clubs et de projets. J'ai choisi celui qui me correspondait le plus et je sais que j'ai pris la bonne décision. Car lorsque j'ai prévenu l'UBB que j'allais m'engager avec un autre club, je n'avais pas eu de proposition de Bordeaux. Après que je me sois engagé, c'est à ce moment que j'ai eu une discussion avec Christophe (NDLR : Urios) qui m'a expliqué que j'avais fait le bon choix, car je ne rentrais pas dans ses plans pour les prochaines saisons. Donc, je suis sûr d'avoir fait le bon choix. Je ne serai plus bordelais, l'année, prochaine et cela me fait un gros pincement au cœur. J'ai choisi une autre aventure pour la suite de ma carrière. Mais bien sûr, je suis bordelais jusqu'à la fin de la saison. Et j'ai envie de bien terminer cette aventure dans ce club qui est mon club de cœur, qui m'a formé. Ici, j'ai des amis que je considère comme étant presque des membres de ma famille. L'UBB, avec ses supporters, ce stade, cette ferveur, c'est quelque chose qui est prenant. C'est constitutif de notre club. J'ai à cœur de terminer cette année de la plus belle des manières. Ce serait la plus belle des récompenses après y avoir passé onze années. J'ai eu la chance d'y gagner des titres en jeunes. J'espère le faire en pro. Cela terminera un beau cycle avant d'entamer une nouvelle histoire.

Thierry, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour l'année 2022 ?

Ce qui serait le plus beau, gagner des titres avec Bordeaux. Et surtout éviter toute blessure pour cette saison. Et pourquoi pas, enfin, une sélection.

En fait, vous voulez le maillot, et pas le survêtement ?

Voilà, c'est ça (rires). Pas le survêt, le maillot. Si j'arrive à cela, l'année sera merveilleuse.

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