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RC Toulon, tout ça pour ça ?

RC Toulon, tout ça pour ça ?
Par Rugbyrama

Le 09/06/2022 à 11:40Mis à jour Le 09/06/2022 à 12:05

TOP 14 - En deux semaines, les Varois ont tout perdu : la Challenge Cup et une qualification pour la phase finale. Mais, ils ont posé les premières pierres du Toulon de demain.

Le voyage a été déroutant de beauté, de sourires et de rêves. L’atterrissage, comme l’envol, a été brutal. Dimanche soir, défait par le Racing 92 (21-16) à La Défense Arena, le RC Toulon s’est heurté à la dure réalité. Les objectifs fixés par Bernard Lemaitre en début de saison - qualification à la phase finale, une victoire en Challenge Cup et donc de facto une participation à la Champions Cup - n’ont pas été atteints. Comme depuis 2018, Besagne regardera la course au titre devant son téléviseur. « Ça fait 7 ans que le RCT n’a pas conquis un titre majeur, ça fait longtemps », a déploré Bernard Lemaître, lors de la Garden Party en présence des partenaires.

Les faits sont incontestables, tant est si bien qu’ils sont cruels tant Toulon s’est relevé de l’abîme passant du bonnet d’âne du Top 14 à une équipe pouvant prétendre au Brennus, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être à la vue de son effectif et des sommes dépensées depuis des années.

Si bien, dans l’antre des Ciel et Blanc, qu’un acteur de la maison Rouge et Noir lâchera le regard dans le vague : « Ça fait chier, après tant d’efforts et d’investissement, avec vingt semaines sans coupure, de se dire que ça s’arrête comme ça. » La fin du bal n’a pas payé les musiciens.

Comme la saison dernière, la place du con est pour Toulon. Si le résultat est le même, les acteurs ont changé et bouleversé le navire. Les équipiers de Baptiste Serin ont été relancés, et réveillés par le départ de Patrice Collazo et l’arrivée de Franck Azéma.

Azema, maître d’œuvre des fondations

Le bilan du cru 2020-2021 n’avait pas été tiré, entachant le suivant d’un débours irrattrapable. Le cap maintenu n’était pas le bon. Bernard Lemaitre, homme fidèle et avec des convictions fortes, a préféré que la branche cède alors qu’elle craquait depuis fort longtemps. « Les choses ne se sont pas passées comme prévu », a avoué l’intéressé devant ses partenaires.

Top 14 - Rugby Club toulonnais - Franck Azéma.

Top 14 - Rugby Club toulonnais - Franck Azéma.Icon Sport

Dans les hautes sphères, on reconnaît désormais que le changement de manager est arrivé deux ou trois rencontres trop tard. A minima. Certains éléments estiment que l’histoire était finie au retour de Castres, un autre « huitième de finale » déjà perdu (46-24), en 2021. Le fil était rompu.

Sur l’autel des principes voulus par le propriétaire et président du RCT, Louis Carbonel a payé les pots cassés, s’en allant vers le MHR, non sans heurts et troubles. Pour certains fervents de Mayol, la tâche ne s’estompe pas, la rancœur demeure tenace.

Ancien adversaire de haute lutte avec l’ASMCA, Azema s’est appliqué à retisser la toile, au sein de son groupe et de la « Famille RCT », pour créer une aventure commune. Un travail de fourmi, reconnu par tous, mais dont le protagoniste se détache. « Ça appartient aux joueurs. Il n’y a rien de magique. L’essentiel, c’est d’avoir un engagement du groupe et de le délivrer sur le terrain. On a partagé cette communion avec les supporters. J’espère que ça sera un socle auquel on pourra s’appuyer. Il faut associer ça avec le goût de la frustration, car cette fin de saison laisse un goût d’inachevé. »

Mignoni, la pièce manquante ?

Amertume, regret, tristesse… Les Toulonnais manquent de superlatifs pour décrire la fin du voyage. Tous, en revanche, ont l’intime conviction que les standards édictés deviendront désormais la norme du côté du RCT Campus. « Il y a quelques semaines, on ne pouvait même pas imaginer pouvoir batailler pour le Top 6, a reconnu Isa, après l’échec du Racing 92. En revenant de la sorte, on a bien fait les choses pour le futur. On a construit notre identité. Ça, c’est Toulon. On a envie de disputer les phases finales, comme d’aller loin en Challenge. Maintenant, on verra ce qu’il se passera la saison prochaine. »

Pierre Mignoni.

Pierre Mignoni.Icon Sport

Dès le 13 juillet, date pour l’heure de la reprise, les Varois accueilleront Pierre Mignoni, boss au même titre que Franck Azéma. La curiosité de cette gouvernance à deux têtes, dont Bernard Lemaître croit beaucoup avec son leitmotiv entrepreneurial « 1 +1 = 3 », interpelle supporters, salariés… et joueurs ! « Pierrot » a déjà œuvré en sous-marin échangeant avec des éléments en fin de contrat et des membres de l’association pour mettre en place « le projet club ».

Pour le minot de Besagne, de retour au bercail après son aventure lyonnaise ponctuée par le couronnement en Challenge Cup, au détriment de Toulon, son rôle auprès de Franck Azéma est « clair ». « Je viens en tant que directeur du rugby, a-t-il avancé auprès de nos confrères de RMC. C’est un projet global sur l’ensemble du club : je serai avec les professionnels, mais j’ai envie également de faire de ce club, une entité régionale. »

Les deux hommes ont donné rendez-vous, à la fin du mois, pour présenter leur rôle devant la presse et apporter de la clarté. « Construire un club à Toulon, un endroit particulier que je connais bien, c’est largement possible à deux têtes, a abondé l’ex-manager du LOU. Je ne vois pas le problème. Franck est un bon mec, on s’entend bien sur le rugby, on a la même vision. Qui va gérer le vestiaire ? Ça va se faire naturellement. J’ai mon caractère, ma façon de faire… Franck aura également sa façon. Je pense que l’on peut être complémentaire pour gérer ce club de A à Z dans le but de faire un grand truc. »

Lemaître a en tout cas fixé un nouvel objectif corsé. « Il faut qu’on réussisse quelque chose très vite. On doit replacer le RCT là où il doit être au plus haut niveau français et européen. »

Mathias Merlo.

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