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Bordeaux-Bègles - Stade rochelais : si loin si proche

Bordeaux-Bègles - Stade rochelais : si loin si proche
Par Rugbyrama

Le 31/03/2022 à 17:36Mis à jour

TOP 14 - Entre les deux, quelque 200 km, mais l'Union Bordeaux-Bègles et le Stade rochelais demeurent rivaux. Le derby de l'Atlantique version Top 14 a donné lieu à bien des matchs spectaculaires dans lesquels, le Stade rochelais a souvent joué les trouble-fêtes. À l'aube du premier des trois matchs, retour sur quelques confrontations piquantes.

"La Rochelle, c'est notre meilleur ennemi." Joli formule de Christophe Urios, mais qui en dit long sur les rapports entre ces deux clubs, certes amicaux, mais qui sont rivaux et cela bien avant le top 16, ou la formule des poules du championnat. La Rochelle, c'était pour le CA Bègles-Bordeaux, un peu comme le club qui voulait se faire une place parmi les grands. Le CABBG, c'était l'équipe à battre pour le Stade rochelais, et cela, dans toutes les catégories. Le tirage de la Coupe d'Europe et le calendrier du Top 14, se sont donc télescopés pour donner cette triple confrontation en 3 semaines. Une série jamais vu en Top 14. Les enjeux pour cette première rencontre sont simples. L'Union doit retrouver la victoire à Chaban-Delmas et le Stade rochelais, gagner enfin chez un gros à l'extérieur pour continuer à croire aux 6. Par le passé, cela a donné lieu à des rencontres de feu, avec du combat, de l'intensité, des essais splendides, bref, tout ce qui fait le sel du jeu. Retour sur quelques matchs en Gironde.

29/09/2018 : Bordeaux-Bègles 34-22 La Rochelle

Le Matmut Atlantique bien rempli, mais pas à ras-bord, l'entraîneur bordelais d'alors était Rory Teague le contexte était particulier pour ce UBB-Stade Rochelais. L'Union qui comptait quelques anciens Rochelais dans l'équipe (Afa Amosa, Brock James, Lekso Kaulashvili) avait démarré sur les chapeaux de roues et pris assez vite les devants au cours d'une première mi-temps quasi-parfaite, 34 - 10. Dans les vestiaires, Xavier Garbajosa avait assez remobilisé sa troupe pour revenir un peu dans la partie, mais sans jamais menacé l'UBB. L'entraîneur avait été cinglant en conférence de presse : " Elle est ridicule. On prend des essais assez facilement. Derrière, on est hagard, on est apathique, on regarde les autres jouer. Face à une belle équipe de l'UBB, cela ne pardonne pas. » Ce fut en tout cas, l'une des victoires les plus nettes de l'Union face à La Rochelle.

22/12/19 Bordeaux-Bègles 20-15 La Rochelle

38 000 spectateurs au Matmut Atlantique, créant un joyeux mélange de jaune et de bleu, jamais revu. Pour ce premier match de l'ère Christophe Urios contre La Rochelle, le suspense fut de la partie. Les Bordelo-Béglais avaient pris la tête grâce à la botte de Matthieu Jalibert (12-0) à la 30e, mais Jules Plisson, tout juste arrivé chez les Maritimes, avait réussi à faire revenir son club à 6 longueurs à la mi-temps (12-6) et même à égalité en seconde mi-temps. Il fallut une charge du surpuissant pilier gauche Peni Ravaï pour faire basculer le match à la 79e minute. L'UBB tenait la victoire et prenait la tête du Top 14 à Lyon. C'était juste avant que l'hiver et la période Covid n'arrive en février 2020.

27/03/21 : Bordeaux-Bègles 11-26 La Rochelle

"Ce soir, on était au-dessus de cette équipe. On a imposé notre tempo", les mots de l'entraîneur des avants rochelais de l'époque illustrent parfaitement ce match dominé par les Rochelais, sur bien des aspects et en particulier, dans les rucks. Si durant la première mi-temps, l'UBB n'avait que 3 points de retard, l'accélération des Maritimes fut fulgurante dans les 40 dernières minutes, avec 3 essais, notamment un de Botia, prenant tout le monde de vitesse sur 20 m. La défaite était difficile à digérer en Gironde. Le capitaine Jefferson Poirot indiquait dépité, après-match : "on va la fermer et se remettre au travail."

" Ils nous ont écrasés"

Deux victoires et une défaite donc. Christophe Urios met plutôt l'accent sur les 3 dernières défaites dont deux à Marcel-Deflandre : "Quand ils sont venus à Chaban, l'année dernière, ils nous ont écrasés. Quand on y est allé au mois de novembre, ils nous ont écrasés.' De quoi titiller ces joueurs pour qui ce ne serait pas un derby. Pourtant, Maxime Lamothe, passé par toutes les catégories jeunes, ressent plus cette notion de rivalité dans ces matchs entre voisins de l'Atlantique : "Des matchs, il y en a eu pas mal. En professionnel, cela n'a pas été tellement des bons souvenirs. Mais sinon, depuis tout jeune, il y a une grosse rivalité entre Bordeaux et La Rochelle même en espoirs ou les catégories avant. Cela a toujours été deux clubs qui se tirent un peu la bourre." Christophe Urios rebondit d'ailleurs un peu plus loin : "On peut aussi remonter aux 80 points d'il y a quelque temps. Même si c'était un contexte délicat. Mais ça a existé."

25/05/19 : 81 points pas vraiment oubliés

Le manager bordelo-béglais fait référence au dernier match de l'UBB de la saison 2018-2019. L'Union n'avait rien à gagner, ni à perdre pour ce dernier match de l'entraîneur Joe Worsley. La Rochelle devait par contre l'emporter pour participer aux phases finales. Démobilisée, perdue, l'UBB encaissait une des plus grosses défaites depuis l'existence du Top 14, 81-12 avec 8 essais encaissés dans la seule seconde période. Joe Worsley lâchait un terrible : "La semaine dernière (NDLR contre Toulouse), c'était terrible, là c'était l'enfer." Fin de l'histoire ? Que nenni ! Car Christophe Urios, lors de ses premiers entretiens au début du mois de juillet, avait trouvé là un point d'appui clair pour faire repartir une équipe sur de nouvelles bases, mais en gardant cette défaite dans le rétroviseur. Nans Ducuing l'affirmait à l'époque : "On a voulu tous repartir d'une page blanche avec ce nouveau staff de nouveaux joueurs. On a envie de laver l'affront. On n'oublie pas, mais on n'y pense pas trop parce que ce sont de mauvais souvenirs. Mais je pense qu'au fond de nous, on va s'en servir pour montrer que l'UBB n'est pas à l'image de ce que l'on a montré en fin de saison dernière. Il faut qu'on le garde dans un coin de notre tête pour laver cet affront." C'est ainsi que commençait l'ère Christophe Urios. Avec ce sentiment de revanche.

" Être les meilleurs"

Maintenant, bien de l'eau a coulé de la Garonne à l'Atlantique et l'UBB joue dans une autre catégorie. Pierre Venayre, directeur du club rochelais, soulignait d'ailleurs à nos confrères de RMC Sport que les deux clubs luttaient : "à peu près pour la même chose et avec les mêmes moyens". Le Stade rochelais possède une belle avance avec une expérience de deux finales enchaînées et des moyens financiers supérieurs. L'UBB a pris une autre dimension depuis deux saisons et affiche des ambitions claires. D'ailleurs, Uini Atonio a un peu taquiné Christophe Urios avec une petite phrase sur une éventuelle jalousie. La réaction a été rapide : "On n'est pas jaloux d'eux. Il y a le pilier international qui a dit qu'on était jaloux, enfin qu'il y avait de la jalousie. On n'est pas jaloux d'eux. On veut juste être les meilleurs. Donc c'est un rendez-vous pour être les meilleurs. Et jusqu'à maintenant les meilleurs, c'est eux. Donc, il faut qu'on progresse encore." De quoi lancer le premier de ces trois matchs XXL, de la meilleure des façons. Et pour la méthode, le défi est tout posé : "On sait que c'est une équipe qui est très forte physiquement et notamment défensivement et sur le jeu au sol. Ça veut dire quoi ? Cela veut dire que les jeux au pied seront importants, que dans les attaques de mecs, cela soit important. C'est une équipe qui prend peu d'essais, il faudra que l'on soit réaliste au pied. Tout cela, c'est un tronc commun qui sera valable dans les 3 matchs. Après, c'est l'histoire du match. Occupation, garde et réalisme." Le programme est posé. Du moins pour le premier des trois matchs. De quoi continuer l'histoire des Bordeaux-Bègles - La Rochelle. Une belle histoire au demeurant... Pour le gagnant.

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