Icon Sport

Serin "J'ai eu mes parents, je leur avais dit : "la première pénalité, je vais la jouer vite""

Serin "J'ai eu mes parents, je leur avais dit : "la première pénalité, je vais la jouer vite""

Le 07/03/2021 à 11:00

TOP 14 - Avec le XV de France depuis la fin janvier, Baptiste Serin a retrouvé le RCT ce samedi, pour le plus grand bonheur de l'équipe. Auteur d'une performance XXL, le demi de mêlée international a apporté sa longueur au pied, son sens du jeu mais également son envie d'aider le groupe à sortir la tête de l'eau, une semaine après une défaite à domicile contre Bayonne.

C'est désormais chose faite, avec cette victoire contre le Racing 92 (25-21), qui va faire beaucoup de bien au moral des troupes varoises.

Baptiste, vous avez retrouvé Toulon cette semaine, et vous redémarrez par une victoire très intéressante contre le Racing 92, on imagine que ça doit vous faire du bien.

Franchement c'est un plaisir collectif bien plus qu'individuel. Je suis content ce soir, parce que devant ma télé, j'ai été très très frustré par la défaite de l'équipe la semaine passée (N.D.L.R. contre Bayonne à Mayol). Donc nous avions à cœur de rebondir collectivement. C'est chose faite. Ce n'était pas facile, tout n'était pas parfait loin de là, mais on affrontait une équipe du Racing au complet. Je suis heureux, car on avait une équipe avec beaucoup de jeunes. D'ailleurs, j'ai une pensée pour ceux qui ne sont pas rentrés, ce n'est pas toujours évident, et je l'ai connu quand j'étais jeune, donc je pense à eux ce soir.

Vous avez encaissé un essai rapidement dans la rencontre, mais cette fois le groupe ne s'est pas effondré. Que s'est-il passé collectivement ?

Quand certains ont regardé l'équipe du Racing, je pense qu'ils se sont posés quelques questions. Surtout qu'on sortait de deux défaites à domicile. Quand j'ai retrouvé le groupe, jeudi, le moral était un peu en bas. Donc l'objectif était de remonter le moral, de faire croire à tout le monde que nous étions capables de battre ce Racing.

Comme vous, plusieurs joueurs ont retrouvé le groupe cette semaine (Louis Carbonel, Duncan Paia'aua ou encore Gabin Villière). Pensez-vous avoir joué un rôle important dans le moral des troupes ?

Je ne sais pas si on a eu un rôle particulier, mais nous avions à cœur d'apporter ce que nous n'avions pas pu apporter depuis plusieurs semaines. "Dunk" était suspendu, Loulou, Gabin et moi même étions avec le XV de France, donc on avait cette volonté d'apporter du positif et de la confiance.

Vous dites que le moral n'était pas à son beau fixe, comment s'est déroulée la semaine ?

Si j'avais retrouvé les mecs souriants, ça m'aurait fait chi*** quand même. C'était normal que le groupe soit abattu. On venait de perdre contre Bayonne à la maison, et avec tout le respect que j'ai pour les Bayonnais, qui ont fait une grosse performance : ce match on ne doit jamais le perdre. À la vidéo on a vu qu'on avait manqué un nombre incalculable de ballons, on a été pénalisés trop de fois pour pouvoir l'emporter, alors que c'est un match qu'on aurait dû prendre, voire gagner avec le bonus. En ce sens, on a essayé d'apporter un peu de positif. On a parlé aux mecs, essayé d'être présents, notamment auprès des jeunes, pour apporter de la confiance.

Battre deux fois le Racing 92, ce n'est pas anodin dans une saison...

Oui, comme ce n'est pas anodin de perdre deux fois contre Bayonne.

Justement, où placez-vous le curseur sur le niveau de ce groupe ?

On ne peut pas se cacher derrière le nombre d'absents, mais en Top14 je pense que Toulon est l'équipe la plus pénalisée en cette période. Entre les internationaux français, ceux des autres nations, les blessés, la Covid... Ce soir il nous manquait encore 17 mecs... J'ai eu Patrice (Collazo) et Ju (Dupuy) dans la semaine, je comprends qu'ils se grattent la tête pour préparer une équipe. Ce soir, les 24e et 25e mecs sur la feuille de match, c'étaient Patrice Collazo et Julien Dupuy. Heureusement qu'on n'a pas pété un mec à l'échauffement (sourire). Ce soir nous étions 23, alors heureusement qu'on a eu le retour des internationaux, sinon il aurait peut-être fallu les mettre sur la feuille. Il faut donc qu'on passe du mieux possible cette période, avant de récupérer tout le monde et de finir la saison.

Au-delà de l'aspect purement technique, et notamment de la longueur au pied retrouvée, on a senti une prise de conscience collective. Comment l'expliquez-vous ?

Avec Loulou, on savait qu'on n'avait pas les porteurs de balles habituels, alors gagner la ligne d'avantage sur des jeux après le 9 et le 10 allait être plus compliqué. Donc on s'est dit qu'il fallait d'abord occuper, essayer d'être le plus présents en défense, ce qui allait nous permettre de nous jauger sur l'état d'esprit. Il fallait le retrouver après une défaite contre Bayonne à la maison, et je pense qu'on a plutôt bien géré cela.

Comme souvent, vos pénalités jouées rapidement, notamment en début de match, ont semblé faire beaucoup de bien à l'équipe...

J'ai tenté d'apporter de l'avancée facilement à mes avants, et de les mettre dans la bonne direction. C'était quelque chose que je souhaitais faire ce soir. Et pour la petite histoire, j'ai eu mes parents (avant le match) et je leur ai dit : "ils ne le savent pas, mais la première pénalité je vais la jouer vite". Parce que nous avions besoin d'aller dans le bon sens, de jouer rapidement. On avait un pack jeune, avec plutôt des joueurs de ballons, et il fallait trouver de l'avancée "facilement", pour que nos avants puissent ensuite en générer autour des passes, des duels.

Contenus sponsorisés