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La fiche technique - Racing 92 : des jantes en or... manque pneus tout-terrain

La fiche technique - Racing 92 : des jantes en or... manque pneus tout-terrain
Par Rugbyrama

Le 17/08/2021 à 11:57Mis à jour Le 17/08/2021 à 12:03

TOP 14 - Le Top 14 reprend ses droits le 4 septembre. Après une interminable saison de 13 mois, les clubs français se sont régénérés et attendent avec impatience la reprise du championnat, marquée par le retour du public. Tour d’horizons des 14 prétendants au bouclier de Brennus. Cap sur l’Île-de-France et les Hauts-de-Seine, avec la fiche du Racing 92.

Le capitaine : Chavancy, commandant à l’épreuve des vagues

Âme du Racing, capitaine courage, joueur sous-côté… Il y a bien des adjectifs qui pourraient être accolés au nom d’Henry Chavancy. Du haut de ses 33 ans, et avec près de 330 matchs en ciel et blanc, le trois-quarts centre fait indiscutablement partie des tauliers du vestiaire. Entre lui, Maxime Machenaud et Teddy Iribaren, le capitanat tourne depuis quelque temps. Et il devrait continuer à tourner encore…

Après avoir cumulé 20 feuilles de matchs la saison passée, pour 18 titularisations, Chavancy va continuer à régulièrement pointer le bout de son nez dans les mois à venir. Lorsque ce sera le cas, le brassard lui reviendra très probablement. Et alors, celui qui a tout connu avec le Racing, de la montée, au titre de 2016, en passant par les échecs en finale de Champions Cup, saura gueuler, calmer, rassurer, foncer, plaquer, le tout sans s’arrêter. La force de l’habitude.

Chavancy, l'enfant du club.

Chavancy, l'enfant du club.Icon Sport

Oui mais voilà, depuis avril dernier, un petit détail est venu modifier l’engrenage au centre du terrain. Un détail nommé Gaël Fickou qui, en quelques rencontres seulement, a montré qu'il allait vite devenir incontournable au sein du XV de Laurent Travers. De quoi former une paire de centres d’"All Stars" aux côtés de son compère de l’équipe de France, Virimi Vakatawa, au moment où Henry Chavancy annonçait la fin de sa saison (opération à l’épaule).

Dès lors, difficile d’imaginer le joueur historique du vestiaire ciel et blanc venir chiper la place de l’une des deux étoiles, tant l’occasion d’aligner deux des meilleurs trois-quarts de la planète pour les matchs couperets paraît immanquable. Mais quand bien même il laissera sûrement à Fickou l'uniforme floqué du 12 les jours de grandes batailles, Chavancy n’en perdra assurément pas pour autant ses galons de commandant.

La recrue : Pesenti, le travailleur qu’il leur faut ?

Baptiste Pesenti est la principale recrue du club francilien.

Baptiste Pesenti est la principale recrue du club francilien.Icon Sport

Dès le lendemain de la guerre de tranchées perdue contre La Rochelle en demi-finale, il paraissait aussi évident que nécessaire de se renforcer devant pour le Racing. D’autant que Donnacha Ryan et Dominic Bird allaient bientôt s’envoler loin des Hauts-de-Seine, laissant le staff francilien un peu "à poil" au poste de deuxième ligne. De fait, après avoir fait un peu de forcing auprès de la Section paloise, le président Jacky Lorenzetti a pu attirer dans ses filets le rugueux et polyvalent Baptiste Pesenti (24 ans, 4 sélections).

Ce dernier avait connu quelques mois plus tôt les joies des premières sélections - très réussies - en Bleu, et présentait forcément le profil adéquat pour renforcer le paquet d’avants du Racing, de par son profil de guerrier, dont tout club a besoin pour exister dans l'élite.

En revanche, il convient de rappeler que lors de la deuxième partie de saison, le grand gaillard d’1,95 m a quelque peu été stoppé dans son élan, la faute notamment à une suspension, puis à "l’épisode Covid" en sélection. Néanmoins, s’il règle sa principale lacune qu’est l’indiscipline, ce combattant réputé pour son abattage monstrueux deviendra rapidement un maillon important du pack ciel et blanc.

L’ambition : un trophée à tout prix

Depuis 2016, et son titre national obtenu au Camp Nou, le Racing 92 court derrière un trophée. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir mis les moyens, pour aller embêter Toulon et Clermont, puis Montpellier, puis Toulouse, et ainsi de suite, année après année.

Russell, Zebo, Beale, Vakatawa, Fickou… Ces derniers temps, les stars se sont succédées au Plessis-Robinson. Pourtant, au moment de passer l’ultime pallier et d'ajouter un nouveau trophée à son armoire bien garnie, le club francilien a souvent chuté. En Champions Cup, les hommes de Laurent Travers se sont inclinés à trois reprises en finale : 2016, 2018 et 2020, tandis qu’en Top 14, ils ont été stoppés en demi-finales en 2017, 2018 et 2021.

La joie des joueurs du Racing 92 après un essai contre le Stade français.

La joie des joueurs du Racing 92 après un essai contre le Stade français.Icon Sport

Ainsi, la défaite en mai dernier, contre le Stade rochelais, était particulièrement mal passée du côté de la direction. « Des choses vont devoir changer », lançait d’ailleurs Jacky Lorenzetti, au lendemain de ce revers.

Autant dire qu’à la fin de la saison prochaine, voir le Racing 92 partir en vacances les mains vides ne passerait pas vraiment en interne. Troisièmes la saison passée, les Franciliens espèrent sans doute faire aussi bien, voire mieux, sur la prochaine saison régulière. Cela avant de satisfaire leur soif de titres ainsi que leurs ambitions en phases finales. Quoi qu’il en soit, ils y seront attendus.

Le point fort : les Galactiques, comme une évidence

Ici, pas de surprise : la grande force du Racing, c’est évidemment cet assemblage de talents au sein de ses lignes arrière. Mis à part le Stade toulousain, aucun club de Top 14 ne peut se targuer de pouvoir aligner une telle constellation d’étoiles, du numéro 11 au numéro 15.

Entre le supersonique puma Juan Imhoff, le feu follet Teddy Thomas, l’ultra complet Gaël Fickou, le magicien Virimi Vakatawa ou encore le fantasque Kurtley Beale, les équipes adverses ont de quoi s'occuper. Et alors, lorsque Finn Russel est dans un grand soir, imaginez le cocktail… De plus, mentionnons même le jeune Donavan Taofifenua qui, malgré ses 22 ans, ne devrait pas trop tarder à laisser de côté son statut de grand espoir, pour aller se faire une place à l’aile.

Les "Galactiques" du Racing.

Les "Galactiques" du Racing.Icon Sport

Pas la peine de s’épancher, donc, tout a déjà été dit ou presque sur ces fameux "Galactiques" qui, une fois réuni, n’ont besoin que d’une étincelle pour produire un feu d’artifices. En fait, cette association ne semble avoir que deux failles. La première : elle n’est viable en club qu’en dehors des périodes de doublons ; Thomas, Fickou et Vakatawa étant des habitués du XV de France. La deuxième : comme tout joueur des lignes arrière, les "Galactiques" ne peuvent pas tout faire, tout seuls. En effet, un ouvreur constant et un paquet d’avants dominant sont nécessaires pour que le Racing 92 soit une vraie machine. Or, c’est là que ça peut coincer…

Le point d’interrogation : le huit de devant, pas tout-puissant ?

L’élimination du Racing aux portes de la finale a mis en lumière certaines lacunes, qui existaient depuis quelque temps déjà au sein de l’effectif francilien. Face à La Rochelle, le pack ciel et blanc s’est heurté à un mur, mordant la poussière durant près de 80 minutes.

Le manque de densité et de puissance s’était alors fait sentir, ce qui nous amenait à penser qu’il manquait au final deux ou trois gros renforts dans le huit de devant. Problème : si l’arrivée de Baptiste Pesenti fera probablement un grand bien à l’attelage francilien, il faut noter qu’elle vient uniquement compenser de grosses pertes, à savoir Dominic Bird (30 ans) et Donnacha Ryan (37 ans).

On pourrait donc dire que, dans sa globalité, l’effectif racingman ne s’est pour l'instant pas particulièrement renforcé devant. En effet, il nous semble qu’il manque notamment une pointure au poste de pilier droit, alors que la concurrence semble elle bien plus armée, avec un titulaire de niveau international. Faumuina pour Toulouse, Atonio pour La Rochelle, ou même Tameifuna pour l’UBB, joueur qui avait d’ailleurs été chipé au Racing l’été dernier…

Et quid du poste de numéro 8 ? Si le très performant Yoan Tanga-Mangene venait à être absent, comme ce fut le cas en demi-finale du Top 14, il faudrait alors espérer que Jordan Joseph ait passé un palier et confirmé son énorme potentiel, effaçant sa réputation de joueur encore un peu tendre en défense. Dans le cas contraire, le club des Hauts-de-Seine ne semblerait là aussi pas assez armé, en comparaison à certains de ses rivaux pour le titre.

L’avis de Rugbyrama :

L'effectif du club francilien n’a quasiment pas bougé cet été, avec sept départ pour deux arrivées (voire trois si l’on considère Gaël Fickou, arrivé en fin de saison). Cette stabilité devrait être bénéfique à l’équipe de Laurent Travers. Rempli de talents comme peu de formations de l’élite en ont, le Racing 92 devrait de nouveau jouer les premiers rôles la saison prochaine, et parfois même dérouler lorsque ses trois-quarts, plus Russell ou Volavola, seront dans un bon jour. Néanmoins, le manque de renfort devant pourrait lui être préjudiciable face aux plus grosses écuries.

Nous pronostiquons une place sur le podium pour le Racing 92.

Et vous, quel est votre pronostic pour le Racing 92 ?

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Par Dorian VIDAL

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