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Surprise, surprise parfois avec Toulouse

Surprise, surprise parfois avec Toulouse

Le 20/02/2020 à 12:30Mis à jour

TOP 14 - Historiquement, le Stade Toulousain apprécie des fois concocter quelques surprises dans ses compositions d’équipe ou pour certains postes. Contre le Racing 92 le weekend dernier, Cheslin Kolbe jouant ouvreur est venu confirmer cette tradition de polyvalence qui réussit plutôt bien aux champions de France.

Rappel des faits : dimanche dernier, au moment de jouer au Racing 92, sans Dupont, Ntamack et Ramos pris par le XV de France et sans Holmes encore suspendu, les Rouge et Noir ont titularisé pour la première fois à l’ouverture un certain Cheslin Kolbe ! Surprise ! Le champion du monde sud-africain qui a déjà évolué dans la Ville rose sur les ailes, à l’arrière, en 9 voire en 8 sur certains lancements a proposé une performance XXL à un poste méconnu (en plus de buter !). Et le staff toulousain a réussi son coup.

Dans la semaine, on avait évoqué les attentes autour de Tristan Tedder, dernier ouvreur disponible de l’effectif et censé débuter. Pis, on avait même confirmé que Sébastien Bézy avait déjà évolué à l’ouverture plus jeune. Un leurre habile. Le plus important est que Kolbe ait parfaitement répondu aux attentes. « Je préfère évoluer aux postes d’ailier ou d’arrière, concède le Springbok. Mais l’important pour moi a toujours été de jouer, rendre service à mon équipe et prendre du plaisir où que je me trouve sur un terrain. »

Avec l’obligation d’annoncer les compositions d’équipes 24 heures avant le match, ces petites surprises de compositions n’ont plus les mêmes effets que par le passé. Sauf quand elles surviennent carrément après l’échauffement et avant la signature de la feuille de match. Surtout, cette confiance pour certains joueurs à des postes inhabituels s’appuie sur une autre tradition en rouge et noir : la polyvalence des talents. En tant qu’ancien de la maison, l’arrière ou ailier Maxime Médard rappelle qu’il a débuté… au centre. « On a peut-être des profils techniques, athlétiques et de jeu différents que dans d’autres clubs. La polyvalence compense parfois un manque de poids. Dans notre rugby, quand on sait évoluer à l’aile, on peut jouer à l’arrière. Les postes de 10, de 15 ou de 5/8e peuvent avoir des similitudes. Et ainsi de suite. Ces adaptations à d’autres postes ne nous perturbent en rien et sont des repères que l’on a aux entraînements. Et puis le recrutement est aussi ciblé en ce sens en même temps que la formation du club prend en compte cet élément. Est-ce que cela perturbe l’adversaire ? Peut-être un peu mais je ne pense pas que ce soit l’intention première. »

Le maître Guy Novès

Depuis tout petit, le fameux jeu à la toulousaine brasse les postes et casse les codes, apprenant à chaque individu, du 1 au 15 à savoir notamment faire une passe debout pour servir le rugby déstructuré prôné. Malgré la spécificité des tâches incombant à certains postes, il est logique que cela ne gêne pas certains joueurs de se retrouver ailleurs que là où on les attend. Autre ancien et polyvalent, Gillian Galan. « Je pourrais jouer neuf s’il faillait ! Plus sérieusement, je suis N°8 de formation mais j’ai déjà évolué sur les deux flancs de la troisième-ligne et aux deux postes de la deuxième. Si on change tout le temps, cela ne me dérange pas même si j’ai plus de repères et de plaisir à l’arrière de la mêlée. L’envie de jouer est plus forte que tout. Le rugby moderne fait qu’il est intéressant lors de certaines phases de jeu ou même certains matches que des joueurs puissent se substituer à leurs camarades. Et c’est vrai que cette polyvalence a souvent eu des effets positifs pour notre équipe et notre club. »

Non seulement cette faculté de savoir endosser différents postes aide en cas d’absences des titulaires habituels mais elle permet aussi au staff une plus grande adaptation en cours de match, voire de changer de tactique grâce à tel ou tel profil avec le coaching ou le glissement d’un titulaire vers un autre poste. Ancien de la maison stadiste, l’actuel manager de Toulon Patrice Collazo aurait tendance à apprécier cet effet. On se souviendra de la première titularisation de l’habituel centre Botia en flanker qui avait fait son effet.

En l’espèce, le must est peut-être carrément d’avoir il y a quelques années inventé ou presque la stratégie du gros banc de touche dont la paternité serait aussi dévolue au club du Capitole. L’habile communiquant et maître ès intox Guy Novès avait carrément dépeuplé son XV de départ, pouvant faire croire à l’impasse, pour mieux renforcer son banc de touche de poids lourds et de cadres. Résultat, cette composition supposée amoindrie avait tendance à attendrir l’adversaire quand, à l’heure de jeu, les talents des remplaçants faisaient la différence. Evidemment, la recette a fait des émules. Et puis, à l’heure du tout analysé et décortiqué, cette stratégie ne prend plus. Mais le goût pour les surprises et la polyvalence des talents est toujours d’actualité à Toulouse la rebelle.

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