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Top 14 - Mike Tadjer (Grenoble) : "On est un peu trop gentils"

Tadjer : "On est un peu trop gentils"

Le 27/02/2019 à 11:21

TOP 14 - Connu pour son franc-parler, le talonneur grenoblois Mike Tadjer pointe le manque d’agressivité d’un FCG barragiste, avec désormais cinq points de retard sur Agen, qui reste sur cinq défaites consécutives en championnat avant de se rendre à Clermont samedi (18 heures).

Rugbyrama : Quels enseignements avez-vous tirés de votre dernier revers (47-31) à Bordeaux ?

Mike Tadjer : De commencer par défendre plus vite sur les turnovers, de refaire rapidement les lignes et de plaquer en bas. On a vu qu’avec les "animaux" que les Bordelais ont, si on se met à plaquer haut, on loupe des plaquages. Ils savent très bien jouer les off-loads, ça va vite, c’est dur de les arrêter une fois lancés. On a fait une belle entame, plutôt un bon match dans le contenu mais on a manqué d’agressivité. C’est ce qui nous a fait défaut.

" C’est rageant mais si on ne gagne pas c’est qu’on ne le mérite pas"

Avec quatre essais inscrits contre un seul lors des trois précédentes journées, il y a eu du mieux en attaque. Vous êtes-vous rassurés sur ce point ?

M.T. : On essaie de se réconforter comme on peut mais le plus important est de gagner des matchs. Pour obtenir ce qu’on veut cette année, ça passera avant tout par la défense. On voit qu’on prend beaucoup d’essais (15 sur les trois derniers matchs, Ndlr) et que défensivement on n’est pas assez bons. Il va falloir faire encore plus d’efforts : plus se bouger, plus plaquer, plus reconstituer la ligne. […] Ça marchait pas trop mal en défense. On a eu peut-être un peu de relâchement. Et puis Agen nous est repassé devant, cinq points, ça nous remet la pression. J’espère que tout le monde va se reconcentrer, se sentir concerné et bien retravailler.

Vous n’avez plus gagné depuis le 22 décembre. L’attente doit être longue...

M.T. : Oui, c’est long parce que ça fait cinq défaites d’affilée, au stade des Alpes on ne passe pas très loin. C’est rageant mais si on ne gagne pas c’est qu’on ne le mérite pas. Il faut continuer à travailler. Je pense qu’à force de travail, ça va payer. Il n’y a pas de raison. On bosse bien depuis le début de saison, on a fait des bons matchs. Là, on a petit un trou d’air. Il faut vite y remédier parce que la fin de saison va vite arriver.

" On fera les comptes à la fin, en espérant ne pas pleurer à la dernière journée"

D’être passé barragiste vous place dans la position du chasseur et non plus du chassé. Cela change-t-il quelque-chose ?

M.T. : Non, pas spécialement. Il ne faut pas se focaliser sur ça parce que sinon on va peut-être perdre ou bafouiller notre rugby. Il faut se concentrer sur nous, sur notre défense, nos lancements, notre conquête, tout ce qui a fait que depuis le début de saison on a fait des bons matchs, et reprendre le dessus. Il reste neuf matchs. On va essayer de gagner tout ce que l’on peut et prendre des points partout. On fera les comptes à la fin, en espérant ne pas pleurer au stade des Alpes contre Lyon à la dernière journée.

Vous l’ancien du SUA, quel regard portez-vous sur les Agenais ?

M.T. : Ils sont entraînés par Mauricio (Reggiardo, Ndlr), que je connais très bien, qui est porté sur le combat, la mêlée, les rucks. Ils ont une belle équipe avec des jeunes prometteurs. Ils ont vraiment l’envie de tout faire en équipe, de combattre, d’être, comme j’aime à le dire, des connards, ce qui nous manque un peu en cette fin de saison. On est un peu trop gentils. On l’a vu contre Toulon et Castres, où ils ont fait de gros matchs, ça passe par la défense, les rucks et la conquête, les principales valeurs du rugby. C’est à nous de nous en inspirer et de faire ce qu’il faut maintenant.

" J’ai rongé mon frein"

Dans quel état d’esprit abordez-vous le déplacement à Clermont, qui s’annonce très compliqué ?

M.T. : On l’aborde sans pression parce que tout le monde nous donne perdant avec au moins 40 points parce que c’est le tarif pour les équipes visiteuses là-bas. […] On y va pour montrer un meilleur visage sur l’agressivité parce qu’on produit du beau rugby, mais le beau rugby ça ne nous sauvera peut-être pas cette saison.

Personnellement, vous avez vécu à Bordeaux votre première titularisation en Top 14 depuis le 27 octobre à Agen.

M.T. : J’étais content. J’ai rongé mon frein, je me suis un peu enfermé tout seul. D’être souvent remplaçant (trois titularisations seulement en Top 14, Ndlr), c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment connu dans mes autres clubs. C’est une situation qui a été difficile à vivre. J’en ai parlé avec le coach. Il m’a expliqué ce qu’il attendait de moi. J’espère y répondre. En ce moment, ça se passe plutôt bien, j’engrange du temps de jeu, je suis content. Maintenant il faut que je continue à prouver, à faire des gros matchs, parce que ce n’est pas fini et que la concurrence est forte. J’espère que ça va continuer pour moi. En tout cas ça a été long et du coup ça fait du bien de rattaquer des matchs.

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