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Top 14 - L’Usap a-t-elle vraiment le niveau ?

L’Usap a-t-elle vraiment le niveau pour le Top 14 ?

Le 18/09/2018 à 17:40Mis à jour Le 19/09/2018 à 10:04

TOP 14 - Avec quatre défaites en autant de matchs, Perpignan a raté ses retrouvailles avec l’élite du rugby français. À Grenoble, concurrent direct, les Catalans se doivent presque impérativement de décrocher une première victoire, samedi. Mais au-delà de ce match charnière, les sang et or ont-ils réellement les moyens de se maintenir en Top 14 ?

Cinquante minutes et puis plus rien. 27 points encaissés dans la dernière demi-heure. Face à la Rochelle, ce dimanche, Perpignan a un temps résisté, avant de s’effondrer contre plus fort que lui. Le jeu haché des Catalans et leurs 22 pénalités concédées n’ont fait que retarder l’échéance. Un cran au-dessus des autres formations de Pro D2 l’an passé, les Catalans sont cette fois plusieurs étages au-dessous des mastodontes de l’élite. Prévisible, le contraste est pourtant saisissant sur ce début de saison. Les difficultés offensives, techniques et physiques des sang et or, conjugués à leur statut de lanterne rouge au classement laissent planer ce doute que certains trouveront précoce après seulement quatre journées, mais qui mérite d’être posé : et si Perpignan n’était finalement pas assez armé pour défendre aisément ses chances de maintien ?

Un recrutement peu convaincant

Paddy Jackson. Et après ? Sans aucun doute, l’Usap a déjà réalisé une très bonne opération en choisissant de relancer l’international irlandais. Alors qu’il n’avait plus joué le moindre match professionnel depuis plus d’un an, le nouveau demi d’ouverture de Perpignan s’est parfaitement adapté à la formation sang et or. Du haut de ses 26 sélections avec le XV du trèfle, Paddy Jackson fait à peu près tout dans le jeu catalan en ce début de saison. C’est simple, le numéro 10 a inscrit 32 des 64 points de son équipe jusqu’ici, soit 50% des points, et s’est montré décisif sur beaucoup d’autres occasions. Seul Thomas Ramos (Stade Toulousain) et Baptiste Serin (Bordeaux-Bègles) font aussi bien.

Paddy Jackson contre le LOU

Paddy Jackson contre le LOUIcon Sport

Le rouquin est l’un des seuls cadres perpignanais à être au niveau de l’élite. Tom Ecochard semble perturbé par son nouveau rôle de capitaine, et peine encore à s’imposer à 25 ans comme un véritable leader de Top 14. Quant au recrutement estival, mis à part Paddy Jackson, celui-ci laisse un peu à désirer. Face à une inexpérience globale du Top 14 (18 joueurs n’ayant jamais joué à ce niveau), le "mercato" de l’Usap a laissé les supporteurs catalans sur leur faim avec 15 départs pour seulement 11 arrivées, sans oublier les imbroglios grenoblois Lolagi Visinia et Eddie Sawailau, qui n’ont pas été remplacés.

Des blessés à la pelle

Alors que certaines recrues (Mélé, Mjekevu, Sau, Taumoepeau…) devraient très vite se montrer indispensables, les autres nouvelles têtes de l’Usap n’apportent pour l’heure aucune réelle plus-value, sans compter celles qui n’ont pas encore été alignées et que l’on verra surtout faire le nombre en Challenge Cup. Et si à la base, l’effectif de l’Usap s’avère un peu juste pour défendre décemment ses chances en Top 14, il faut aussi dire que le club catalan n’a pas été épargné par les blessures en ce début de saison. Problème, les sang et or ne disposent pas d’un effectif pléthorique. Au point que le staff catalan ne connaît que très rarement les problèmes de riches sur cette entame de championnat : en première ligne, deuxième ligne, à la charnière et au centre de son attaque, l’Usap n’a tout simplement pas le choix à l’heure de décider de la composition d’équipe.

Lorsqu’ils ne sont pas titulaires, les premiers couteaux sont, au mieux, remplaçants. Pas de véritable week-end de repos pour les Forletta, Carbou, Botha, Labouteley, Ecochard et autres éléments clés de Perpignan. L’infirmerie catalane étant toujours occupée par une dizaine d’éléments. Dans son malheur, le club roussillonnais peut toutefois trouver une note d’optimisme : David Mélé, Manu Leiataua, Adrea Cocagi, Yohan Vivalda, Eric Sione et Karl Chateau devraient apporter un nouveau souffle à l’Usap dès leur retour à la compétition.

Un calendrier colossal en fin de saison

D’autant que l’Usap en aura besoin sur la deuxième partie du championnat. Les Catalans le savaient : paradoxalement, ce premier mois de compétition s’avérait être l’un des plus abordables, ou du moins l’un des plus décisifs. Manque de chance, celui-ci a été complètement raté. Avec seulement un point au compteur après quatre journées, le déplacement à Grenoble revêt déjà une certaine importance pour les protégés du trio Lanta-Arlettaz-Freshwater. En plus de compter double, cette rencontre entre finalistes de Pro D2 la saison dernière et concurrents au maintien aujourd’hui s’apparente comme un rendez-vous primordial pour la confiance des sang et or.

À La Rochelle dimanche dernier, tous les discours d’après-match évoquaient déjà ce rendez-vous. L’Usap doit impérativement lancer sa saison, capitaliser et engranger des certitudes en attendant de meilleurs jours, prévus pour cet hiver. Entre fin novembre et début mars, les Catalans enchaîneront six réceptions pour trois déplacements. C’est là que l’Usap saura ou non si elle sera dans les clous pour assurer son maintien en fin de saison. Une dernière partie de championnat complètement dantesque pour la formation perpignanaise. À partir d’avril, Perpignan devra effacer 4 matchs à l’extérieur (Bordeaux-Bègles, Lyon, Clermont, Stade Toulousain) pour seulement 2 rencontres à Aimé-Giral (La Rochelle, Racing 92). Avec un tel calendrier au terme de la phase régulière, Perpignan devra disposer d’une certaine avance sur les temps de passage avant le sprint final. Mais pour l’heure, les Catalans courent après leur retard. La difficulté qui entoure leur quête du maintien a pris une ampleur supplémentaire.

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