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Sempéré : "La qualification ? Tout peut arriver"

Sempéré : "La qualification ? Tout peut arriver"
Par Arnaud Beurdeley via Midi Olympique

Le 14/04/2019 à 00:55

TOP 14 - Le Stade français a réalisé l’impossible contre Agen : gagner en ayant concédé deux cartons rouges. Fier de la détermination affichée par son équipe, le talonneur du Stade français Paris revient sur les raisons de cet exploit. Une victoire (25-22) au courage qui permet aux Parisiens d’entretenir l’espoir d’une qualification en phases finales. Enfin le déclic ?

Midi Olympique : Vous avez une belle carrière devant vous, est-ce que vous avez le souvenir d’un match comme celui-ci ?

Laurent Sempéré : J’ai le souvenir d’un match au Racing en 2015 où Sergio (Parisse) prend un carton rouge et nous finissons finalement à 13 le match. Au final, on décroche la victoire ce jour-là. Aujourd’hui la victoire est-là. C’est pour cela que nous n’allons pas polémiquer sur les cartons rouges. Ce qui est malheureux, par contre, ce sont nos deux joueurs qui sortent blessés (Hamdaoui et Ensor). Au début du match, l’idée était de voir où nous en étions. Tout le monde disait que nous allions gagner largement et prendre les cinq points. Mais nous, en interne, il n’a jamais été question de parler des cinq points car nous étions un peu blessés et surtout avec beaucoup de doutes. Donc nous voulions commencer à écrire notre histoire à cinq matches de la fin. De manière générale, tu ne sais jamais quand l’opportunité va se présenter. Pourtant, les acteurs du jeu ont rendu ce match particulier et j’espère maintenant qu’il y aura un déclic. J’espère que nous allons garder cette image collective montrée aujourd’hui.

Une équipe est-elle née aujourd’hui ? La qualification est-elle encore possible ?

L. S. : Oui, la qualification est toujours possible, ça c’est sûr. Mais il y a des matchs dont on se rappelle plus que d’autres. Aujourd’hui, nous nous rappellerons de ce match, c’est une certitude. Et l’équipe mérite de revivre ce genre de rencontre jusqu’à la fin de la saison. Après, l’avenir nous le dira mais le fait de ne pas avoir pris les cinq points peut-être handicapant pour le futur. Mais avec les ressources dont nous avons fait preuve aujourd’hui, nous verrons. Tout peut arriver.

On peut parler de déclic aujourd’hui ?

L. S. : Dans le contexte que nous traversons je ne sais pas. Ce match ne devait pas être marquant et pourtant il l’est devenu. Peut-être que des choses vont naître de ce match. Si ce n’est pas le cas, nous nous en rappellerons car ce genre de scénario marque une carrière.

Comment vous êtes-vous réorganisés à 13 ? Quelle étaient les consignes ?

L. S. : Les consignes étaient "sauve-qui-peut !". C’était un peu la balle au milieu et tu fais ce que tu peux. Mais nous avons géré parce que dès que le Stade français joue avec du cœur et avec la fierté du maillot, nous savons de quoi nous sommes capables. Dès que nous essayons d’inventer d’autres choses ou de joueur individuellement, nous avons plus de mal. Et à 13 aujourd’hui, j’ai reconnu le vrai Stade français, celui que j’ai connu par le passé. Nous avons vécu quelque chose de fort.

La révolte est venue à 13 contre 15 mais aussi après l’incident entre deux de vos joueurs (Hamdaoui et Ensor) ?

L. S. : C’est le gros bémol de la soirée parce que ça nous a marqué. Les images font peur et j’espère que nous aurons vite des nouvelles rassurantes d’eux. A 13, nous sommes obligés de nous investir davantage. Après, nous avons eu des problèmes de communication et d’organisation mais nous nous sommes battus comme des fous et nous n’avons rien lâché. En plus, nous n’avons jamais paniqué, chose plutôt satisfaisante.

Agen n’a pas su s’y prendre non plus…

L. S. : Je n’ai pas envie de parler d’Agen. Nous savions que c’était une équipe valeureuse et les joueursont montré qu’ils avaient du cœur. Je retiens notre match à nous. J’ai envie de rêver maintenant à ce que nous sommes capables de faire.

Faut-il refaire que des matches comme celui-ci jusqu’à la fin de la saison ?

L. S. : Non, certainement pas. Parce que deux cartons rouges et deux mecs qui sortent sérieusement blessés, il ne faut pas que ça se reproduise. Si ça se reproduit nous pourrions éventuellement faire jouer Jean-Marie, notre intendant. Peut-être qu’il est plus en forme que moi (rires). Plus sérieusement, nous reverrons les images car ce sont des joueurs (Sekou Macalou et Jonathan Danty) très importants pour nous. Des personnes sérieuses vont juger ça. Ce qui est remarquable aussi, c’est que les cartons rouges tombent sur les mêmes personnes. Mais bon, nous n’allons pas polémiquer ce soir parce que l’aventure humaine est plus belle que ces faits de jeu.

Mais à la 50’, après le deuxième carton rouge, vous pensez que la victoire reste possible ?

L. S. : Je ne me dis jamais que c’est terminé car à la 50’ nous sommes encore sur des phases de domination. Il fallait jouer simple et stratégique, ce que nous avons fait. Certains matches, nous aurions pu douter c’est vrai. Mais là, nous sommes restés soudés malgré la fatigue. Nous avons aussi été plus entreprenants que d’habitude. Nous savions juste qu’il fallait gagner ce match.

Propos recueillis par Lény-Huayna TIBLE

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