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Dans l'ombre du spectacle, le Stade Toulousain brille aussi défensivement

Dans l'ombre du spectacle, le Stade Toulousain brille aussi défensivement
Par Rugbyrama

Le 03/01/2019 à 16:24Mis à jour Le 04/01/2019 à 13:34

TOP 14 - Impressionnants sur le plan offensif grâce à ses flèches nommées Kolbe, Huget ou encore Ramos, le Stade Toulousain enchaîne les succès prestigieux. Mais dans le renouveau du rugby haut-garonnais, se trouve aussi des vertus défensives retrouvées. Une intelligence dans sa propre moitié de terrain à l'efficacité redoutable dont les Toulousains auront besoin pour la fin de saison.

Si vous vous baladez sur les réseaux sociaux un, tant soit peu, on vous proposera certainement de revoir en boucle le splendide essai marqué par Cheslin Kolbe face à Toulon ce dimanche au Stadium. Une superbe relance depuis ses propres 22, deux passes aussi subtiles que superbes de la part de Placines puis Madaule avant que les cannes du Sud-Africain ne fassent le reste. Cela ne serait que trop oublier que cette action part d'une pénalité récupérée par les Toulousains, la 15e du match sur un déblayage inefficace des Varois. D'une bonne défense donc.


Si la bande à Mola est devenue en l'espace d'une saison une réelle machine capable de vous sanctionner sur la moindre de vos pertes de balles, elle a su aussi parfaitement se muer en un rideau défensif tout bonnement infranchissable. Et peu importe que l'on s'appelle Bastareaud, Tuisova ou Nakosi, impossible de passer. Dimanche soir et pour la troisième fois de la saison, les haut-garonnais n'ont pas encaissé le moindre point sur leur sol (Bordeaux s'était incliné 40 à 0 sur la pelouse d'Ernest Wallon, tandis qu'Agen avait cédé sous le déluge 10 à 0.)

Trois "clean sheets" réalisés en 13 matchs, aucune équipe autre que le Stade n'est parvenue à maintenir son adversaire sans marquer. Seconde meilleure défense du championnat derrière l'ogre clermontois, les Toulousains pourraient pourtant prétendre au titre de meilleure cadenas hexagonal si Ugo Mola n'avait pas décidé de faire une large revue d'effectif à Montpellier, conclue sur une lourde défaite de 51 points lors de la 5e journée. (66 - 15).

Sur les deux tableaux la même âpreté

Sur la scène continentale, le constat pourrait paraître trompeur. Avec une moyenne de 22.5 points encaissés sur ses 4 premiers matchs, le Stade Toulousain n'est pas une assurance tous risques dans sa moitié de terrain. Pourtant, face à Bath, c'est sur un geste défensif aussi désespéré que salvateur que Maxime Médard a donné la victoire aux siens (20 - 22). Face au Leinster dans un Stade Ernest Wallon en fusion, le premier essai de l'arrière international intervient après un grattage au sol d'Alban Placines, tandis que le second vient consécutivement à une interception très bien sentie de la part de Louis-Benoît Madaule qui mènera à cette contre-attaque fatale aux Irlandais.

Cette envie de ne rien lâcher, véritable leitmotiv du groupe du président Lacroix, autant sur le plan européen qu'hexagonal s'est de nouveau constaté la semaine dernière à Clermont. Menés 17 à 3, les Toulousains qui s'étaient présentés avec une équipe-là aussi remaniée (Dupont, Ramos, Médard, Kaino) sont revenus sans paniquer en proposant un rugby propre, n'encaissant que 3 petits points par la botte de Laidlaw.

Champions Cup - Maxime Médard (Toulouse) marque l'essai de la gagne contre le Leinster

Champions Cup - Maxime Médard (Toulouse) marque l'essai de la gagne contre le LeinsterIcon Sport

Si l'on se base sur les performances défensives du Stade Toulousain depuis sa victoire au Recreation's Ground de Bath le 13 octobre dernier, les prestations des Rouge et Noir se basent en grande partie sur une discipline féroce qui se justifie en chiffres. Sur ses dix derniers matchs les haut-garonnais ne concèdent que 8.3 pénalités par match. Des performances qui peuvent aussi s'interpréter par la capacité qu'ont les Toulousains à monopoliser le ballon la plupart du temps plutôt qu'à s'en séparer au pied. Face à Toulon, Ugo Mola et ses joueurs n'ont concédé que 4 petites pénalités contre 15 aux joueurs de la Rade. À Clermont, et même précédemment sur la pelouse des Wasps c'est à 6 reprises que les quadruples champions d'Europe ont été pénalisés. Seuls petits écarts ? À Perpignan (victoire 18-36) où les Toulousains ont été sanctionnés 16 fois en plus de concéder 3 cartons jaunes (Elstadt, Bézy et Médard), et sur la pelouse des Wasps (9 pénalités concédées, 2 cartons jaunes pour Van Dyk et Madaule).

Elstadt, symbole de la muraille Toulousaine

Alors qu'il devait arriver au Castres Olympique en 2013 pour remplacer Joe Tekori en partance pour le Stade Toulousain, le Sud-Africain Rynhardt Elstadt (1m98, 115kg) fait aujourd'hui le bonheur des supporters Rouge et Noir. Le flanker arrivé l'automne denier de la franchise des Stormers en Super Rugby est l'une des révélations de l'effectif toulousain. Avec en moyenne plus de 70 minutes de jeu par match, il est l'un des joueurs les plus utilisés par Ugo Mola, c'est dire son importance. Si il n'est pas forcément un joueur de ballon comme peuvent l'être ses compères de la troisième-ligne Jérôme Kaino, François Cros ou bien Louis-Benoît Madaule il en est le parfait complément.

Rugueux sur l'homme, dur au plaquage, le Sud-Africain est aujourd'hui le deuxième meilleur plaqueur de notre Top 14 en ayant joué deux matchs de moins que Sekou Macalou qui occupe la tête de ce classement avec 213 unités. Avec 194 plaquages, Elstadt n'est pas le dernier pour proteger le moindre centimètre de rectangle vert.

Rynhardt Elstadt face à Bordeaux-Bègles

Rynhardt Elstadt face à Bordeaux-BèglesIcon Sport

En Champions Cup, rebelote ! Avec 62 plaquages en 4 journées il occupe le 5e rang des meilleurs plaqueurs de la compétition. Mais là ou Rynhardt s'est fait un nom, c'est sur la pelouse des Wasps. Avec 25 plaquages administrés, il fût omniprésent dans la victoire logique des siens à la Ricoh Arena de Coventry. D'une activité incessante dans les rucks, il lui est même demande de monter en seconde-ligne pour caler la mêlée Toulousaine, avec succès.

Le sud-africain est donc un véritable poison. Il représente le symbole d'une défense toulousaine retrouvée. Une opiniâtreté qui, si elle passe volontiers au second plan au vu des prestations offensives rouge et noir, se révèle précieuse. Car si c'est bien l'attaque qui vous fait gagner des matchs, c'est la défense qui vous fait gagner des titres. Le palmarès du Stade Toulousain est là pour en témoigner.

Enzo Contreras

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