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Travers - Labit : entretien croisé

Travers - Labit : entretien croisé

Le 19/04/2018 à 18:57Mis à jour Le 20/04/2018 à 09:11

On peut avoir "Lolo" (Labit) en entretien, parfois "Toto" (Travers). Mais beaucoup plus rarement les deux en même temps. Samedi dernier, à la veille de leur match à Toulouse, les deux entraîneurs du Racing 92 ont accepté pour Midi Olympique de jouer le jeu d'un long entretien croisé. Incisifs et sincères.

Rugbyrama : Étiez-vous prêts lorsque vous avez affronté les Saracens, en finale en 2016 ?

Laurent Travers : Oui, nous étions prêts. Mais ça ne suffit pas toujours. Parce qu’il y a un adversaire. À cette époque, les Saracens étaient encore plus prêts que nous. Ils avaient la maturité, le vécu de plusieurs demi-finales ou finales. Sur ces expériences, ils se sont stabilisés et ont décidé d’être patients. Cette politique leur a amené, ensuite, tous les résultats que l’on sait. C’est le chemin à suivre.

Laurent Labit : Les Saracens en sont l’exemple : on apprend toujours de ses échecs. Ils ont appris pour revenir meilleurs et, finalement, gagner. Nous avons aussi beaucoup appris de cette finale perdue. Dès le mois qui a suivi, notre titre de champion de France à Barcelone s’est nourri de cet échec en finale européenne, face aux Saracens.

Wenceslas Lauret (Racing 92) contre les Saracens

Wenceslas Lauret (Racing 92) contre les SaracensIcon Sport

Qu’aviez-vous appris ?

L. L. : Que ces matchs sont trop exigeants pour qu’on puisse mettre, sur le terrain, des joueurs qui ne sont pas à 100 %.

Si vous pouviez remonter le temps, vous ne feriez donc pas débuter Dan Carter ?

L. L. : Lui et d’autres. Pendant la préparation, plusieurs joueurs étaient amoindris. Dan le premier. On perd aussi Max Machenaud rapidement, sur commotion. Après vingt minutes, nous avions déjà changé de charnière et le match était presque perdu. Dans des conditions climatiques très difficiles, face à une équipe construite pour enchaîner les titres, le scénario s’est vite compliqué. Mais nous retenons les leçons de cette épopée. Elle doit nous servir cette fois-ci.

Teddy Thomas (Racing 92)

Teddy Thomas (Racing 92)Icon Sport

Teddy Thomas a longtemps eu une réputation de joueur difficile à gérer. Comment êtes-vous parvenu à le cadrer ?

L. L. : Déjà, ses épreuves, ses blessures lui ont beaucoup appris. Il est devenu plus sérieux dans son approche de son métier. Ensuite, bien sûr qu’il y a eu un management particulier le concernant. Dès que ça allait mieux, Teddy avait tendance à s’égarer de nouveau. On a été vigilants avec lui. On a aussi été aidés par quelques joueurs cadres qui l’entourent, le suivent et ne le lâchent pas. Yannick Nyanga et Rémi Tales, notamment. Teddy les écoute et ils sont de bons conseils pour lui. Ils ont joué un rôle très important, sur la partie de sa vie qui est invisible pour nous, managers. Nous ne sommes pas 24 heures sur 24 avec les joueurs. Quand nous ne sommes pas là, d’autres prennent le relais et font le boulot à notre place. Avec cet entourage de qualité, Teddy a changé. Il est beaucoup moins difficile à gérer que lorsqu’il est arrivé chez nous.

L. T. : C’est aussi un joueur qui a un an de plus, tout simplement. Il a mûri, il a réfléchi. Il a travaillé sur lui-même pour prendre conscience de certaines exigences. Mais il a encore besoin d’avancer sur ce point. De poursuivre sa prise de conscience en écoutant les gens qui l’entourent et qui sont bienveillants. Parce que Teddy est parfois entouré de personnes malveillantes, mais il peut aussi compter sur beaucoup de gens qui ne lui veulent que du bien. Il doit prendre conscience de tout cela.

Teddy Thomas - Racing 92

Teddy Thomas - Racing 92Icon Sport

L. L. : On est plutôt dans l’accompagnement le concernant. On discute beaucoup avec lui. Mais il faut lui dire la vérité, ne pas lui faire de cadeau quand son comportement n’est pas conforme aux attentes, sur ou en dehors du terrain. Teddy a tendance à se relâcher dès qu’il enchaîne quelques bonnes performances. Il faut lui réclamer plus d’intensité dans son travail à l’entraînement, et ne pas seulement attendre les matchs. C’est un discours qu’on lui rabâche, un travail de tous les jours. Mais j’ai la sensation que cela prend. J’espère qu’on verra désormais le vrai Teddy Thomas. Et uniquement celui-là.

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