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Tillous-Borde : "Il a fallu cravacher pour rattraper notre retard"

Tillous-Borde : "Il a fallu cravacher pour rattraper notre retard"

Le 16/03/2018 à 14:59Mis à jour Le 16/03/2018 à 15:00

En fin de contrat, le demi de mêlée international (32 ans, 19 sélections) aimerait prolonger son aventure sur la rade. Mais avant de penser à une éventuelle prolongation Sébastien Tillous-Borde, revenu au meilleur de sa forme à l'entrée du sprint final, préfère se concentrer sur le terrain.

Rugbyrama : Sébastien, comment appréhendez-vous le match qui vous attend contre Oyonnax ?

Sébastien Tillous-Borde : Mourad Boudjellal a affirmé que c'était le match de la mort pour Toulon... et je ne peux que lui donner raison. Nous sommes sur une bonne dynamique et ce match contre Oyonnax peut soit nous installer confortablement dans les places qualificatives, soit nous laisser dans les cordes C'est quitte ou double, il peut faire basculer notre saison. Étant donné le visage qu'affiche Oyonnax en ce moment, ça va être un gros test pour nous

Avez-vous senti qu'à l'approche des phases finales quelque chose avait changé dans le groupe ?

S. T-B. : Indiscutablement. Pour moi le déclic est intervenu lors du stage de Serre Chevalier. Le groupe a créé des liens en dehors du rugby, qui vont nous permettre d'être forts en fin de saison. Les phases finales se jouent plus au mental qu'au talent, et de ce point de vue, l'équipe est en pleine forme. Ça se voit à l'entraînement, il y a plus d'attention, d'intention, d'application. Puis sur le terrain nous avons de meilleurs résultats et notre rugby est plus léché.

Le groupe a-t-il douté à certains moments de la saison ?

S. T-B. : Fabien a emmené dans ses valises un plan de jeu très différent de ce que nous connaissions à Toulon. Il nous a demandé de mettre un gros volume de jeu et c'est vrai que nous n'y sommes pas parvenus les premiers mois, ce qui a pu peser dans les têtes. Mais à tout changement il faut un temps d'adaptation et je crois bien que nous sommes en train de franchir un cap.

Sébastien Tillous-Borde (Toulon)

Sébastien Tillous-Borde (Toulon)Getty Images

A titre personnel vous avez été peu utilisé en première moitié de saison, et vous revenez au meilleur de votre forme depuis quelques semaines.

S. T-B. : Nous étions dans une rotation à parts égales avec Eric (ndlr Escande) en septembre-octobre. Mais en suivant nous nous sommes blessés et le club a signé Alby (ndlr Mathewson), qui a été très bon. Il s'est installé et quand nous sommes revenus, il a fallu cravacher pour rattraper notre retard... Personnellement j'ai mis du temps à revenir. Je pense que j'ai même été quatrième dans la hiérarchie, car Anthony (ndlr Méric) faisait de bonnes performances. Mais j'ai essayé de ne pas m'affoler. J'ai pris mon mal en patience...

C'est à dire ?

S. T-B. : Tous les week-ends, j'étais remplaçant ou 24e. Je n'avais pas la chance de montrer ce que j'avais dans les jambes. Alors j'ai travaillé pour revenir fort et répondre présent quand Fabien ferait appel à moi. Je me disais "le jour où il va me donner une chance de pouvoir participer à la fête, je vais le surprendre et montrer qu'il peut me faire confiance". C'est ce qui s'est passé à La Rochelle. Ensuite ça s'est enchaîné.

L'idée c'était donc que le staff vous donne une chance, et qu'il ne puisse plus vous sortir ensuite ?

S. T-B. : Non, ce serait prétentieux de penser ça. J'ai simplement fait le maximum pour revenir à mon meilleur niveau, afin que le staff ait à choisir entre trois joueurs en pleine forme. L'objectif étant que les coachs n'avancent plus au gré des pépins physiques, mais qu'ils fassent des choix tactiques, sur des profils de joueurs.

Comment avez-vous perçu l'arrivée d'Alby Mathewson ?

S. T-B. : Avec Alby, Mourad Boudjellal a eu le nez fin. D'une part car il y a eu de la casse à la mêlée juste après son arrivée, d'autre part parce qu'Alby est un bon joueur. Sa signature a mis un petit coup de pied dans la fourmilière... Je dirais même que personnellement ça m'a vraiment mis un coup de pied aux fesses. Ça m'a imposé une remise en question. Pour moi, ça a été un booster.

Depuis des années, on a le sentiment que le poste du numéro 9 fait débat au RCT. Est-ce vexant quand on a 19 sélections et une coupe du monde à son actif ?

S. T-B. : Les postes de la charnière sont toujours exposés. Nous sommes au coeur du jeu et nous avons l'habitude d'être remis en question. Maintenant l'essentiel pour moi est de toujours rester focalisé sur ce que me demande le staff, et non pas de changer de profil de jeu pour être plus photogénique.

D'autant qu'on vous a souvent imposé une concurrence, mais que vous avez presque toujours terminé les saisons en qualité de titulaire.

S. T-B. : Des demis de mêlée il y en a eu quelques uns au RCT. Je pense à Fred Michalak, Michael Claassens, et bien d'autres. Ça permet de donner le meilleur de soi. Et il est vrai que j'ai eu la chance de toujours jouer les phases finales. Je suis compétiteur, j'ai toujours travaillé pour ça et... je ne lâche jamais ! En suivant, les différents staffs se sont rendus compte qu'ils pouvaient me faire confiance, que j'apportais certaines garanties, et ça m'a souvent souri.

N'est-ce pas éprouvant de devoir toujours montrer plus que les autres ?

S. T-B. : C'est la loi du sport de haut-niveau. Je n'ai jamais vu un joueur être titulaire indiscutable pendant quinze ans. Dans une carrière il y a des hauts, des bas et c'est dans ces moments qu'il faut travailler pour remonter la pente. C'est alors souvent le mental qui fait la différence.

Désormais vous avez 32 ans et vous êtes en fin de contrat. Qu'en est-il de votre avenir ?

S. T-B. : Je suis conscient que l'année prochaine il y aura Rhys Webb, Eric Escande, Anthony Méric et que la place restante devrait se jouer entre Alby et moi. Personnellement je n'ai pas encore reçu de proposition. Par ailleurs, j'ai eu des contacts avec d'autres clubs, mais pas de proposition réelle.

Envisagez-vous de rester au RCT ?

S. T-B. : Pour l'instant je n'ai signé nulle part. Ça fait sept ans que je suis à Toulon, je m'y sens très bien. Je pense que fin mars ou début avril, Mourad nous apportera des éléments de réponse. Mais je suis assez détaché de tout ça, je préfère être concentré et performant sur le terrain. C'est en me montrant que les propositions arriveront. Pas l'inverse. Pour conclure, je dirais que je m'éclate à Toulon, que ma famille s'épanouie et que tout va pour le mieux. Mais le plus important est de jouer. Si je peux le faire à Toulon c'est parfait. Si je dois le faire ailleurs ce n'est pas grave. En tout cas à 32 ans je n'envisage pas du tout de raccrocher les crampons. Je suis bien physiquement et mentalement. Je suis plein d'énergie, je me sens encore jeune et j'ai toujours envie de m'éclater sur les terrains.

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