AFP

JO Rio 2016 - Laugel, Barry, Parez... la première génération pro de Sevens a gagné son pari

Laugel, Barry, Parez... la première génération pro de Sevens a gagné son pari

Le 01/08/2016 à 09:15

RUGBY A 7 - Malgré des opportunités concrètes à XV, Steeve Barry, Jonathan Laugel comme Stephen Parez ont fait le choix de rejoindre France 7 il y a trois ou quatre ans. Un pari un temps étonnant mais aujourd'hui payant avec la sélection logique pour les JO de ces trois premiers joueurs formés en pro au rugby à 7. Un vrai exemple pour les jeunes à l'avenir.

Ceux-là n'ont assurément pas signé avec la FFR par défaut. Ce qu'on a un temps reproché à certains des premiers acteurs à plein temps de France 7 ne pourra jamais l'être à Steeve Barry, Jonathan Laugel et Stephen Parez. Sélectionnés pour les Jeux à 25, 23 et 21 ans, les trois rugbymen représentent la première génération de joueurs professionnels estampillés Seven. "On pourra toujours dire que notre formation a été le rugby à 7", embraye le cadet des trois. "Dans la construction d'un joueur, le palier à franchir jusqu'en pro est le plus important, et c'est le 7 qui me l'a apporté".

Jonathan Laugel (à droite) aux côtés de Jérémy Aicardi et Virimi Vakatawa

Jonathan Laugel (à droite) aux côtés de Jérémy Aicardi et Virimi VakatawaIcon Sport

Dans la droite ligne de leurs décisives performances cette saison, la présence de ces trois acteurs clés dans le groupe tricolore pour Rio illustre la réussite d'un choix fort, réalisé trois ou quatre ans plus tôt. Parce que tous ont eu des opportunités concrètes à XV, à une période clé de leur carrière, à la sortie du pôle France ou aux portes des pros en club. A La Rochelle, Steeve Barry avait par exemple déjà disputé des phases finales de Pro D2 au centre. Au Racing, Jonathan Laugel et Stephen Parez s'étaient eux vus proposer des contrats Espoirs.

Une décision étonnante et d'abord critiquée

Mais leur carrière a pris une autre option, dans la continuité du programme de formation à 7 suivi depuis ses débuts. "C'était un pari, on n'était pas sûr que sport serait aux JO, en plus", reconnaît le pilier Laugel, attiré par l'environnement et l'accompagnement scolaire proposés par la Fédé. Une direction pour autant pas forcément bien comprise par leurs proches. "Même si d'autres pensaient le contraire, beaucoup de gens avaient des pensées négatives", illustre le petit Parez. "Mais devant l'incertitude d'avoir ta place à XV et le nombre de ballons touchés à l'aile, le choix a été vite fait".

Stephen Parez et Julien Candelon (France 7) - 13 mai 2016

Stephen Parez et Julien Candelon (France 7) - 13 mai 2016Icon Sport

A la faveur de quelques résultats et d'une médiatisation croissante, cette vision a progressivement changé, ensuite. "Au fur et à mesure, certains potes ont commencé à me dire 'on se fait chier à aller jouer là ou là…', pendant que nous, on sillonnait le monde", raconte Laugel. "C'est là que je me suis rendu compte du bon choix". Avec les JO comme une cerise sur le gâteau, une fois la qualification acquise de leurs propres mains voilà désormais un an. De quoi, forcément, donner des idées à d'autres jeunes joueurs.

Le 7 offre plus vite l'expérience du haut niveau

Avec le recul du vieux sage, Julien Candelon s'en réjouit : "On est tous des exemples différents, et le mien n’est pas celui qu’il faut retenir parce que j’y suis arrivé trop tard dans mon développement perso. Steeve (Barry) est l'exemple parfait du jeune aux portes d’une équipe première qui, pour s'assurer du temps de jeu et acquérir l'expérience du jeu avec des qualités physiques et techniques nouvelles, a fait ce pari de s’aguerrir avec le 7. A la sortie, son club formateur le rappelle, et le produit est différent". L'exemple parfait auquel il reste maintenant à illustrer les possibilités de réadaptation à XV.

Dans leurs pas, Sacha Valleau et Alexandre Gracbling, eux passés par l'antichambre de France développement - comme Arthur Retière, aussi - ont pris la même décision, l'an dernier. "Alors qu'il avait le choix avec le Stade toulousain, Sacha est venu avec nous et il est en train de se développer à grande vitesse", analyse Candelon qui cite en autres exemples internationaux le All Black Ardie Savea ou l'Anglais Maro Itoje. "Il gagne en maturité, mentalement, physiquement, techniquement. L'utilité du 7 est là". D'autant que sur le World Series à 7, l'intensité n'a rien à voir avec celle du championnat Espoirs.

Une 2e génération Seven, en attendant la suite

De par leur expérience, ceux-là sont des défricheurs. Maintenant suivis par d'autres, espère Jean-Claude Skrela qui encourage cette voie depuis un moment déjà. Le manager s'explique : "Aujourd’hui, on accuse la formation de tous les maux, parce que les joueurs ne sont pas ci, ne sont ça… Mais moi, je le dis depuis longtemps, s’ils ne sont pas confrontés au très haut-niveau, ils ne peuvent pas progresser, au niveau technique notamment. La formation ne se fait pas qu'avec des skills, mais en jouant ! Je pense qu'avec ces garçons, on démontre que le 7 permet de valider la réponse aux exigences du haut-niveau".

Sacha Valleau (France 7) - avril 2016

Sacha Valleau (France 7) - avril 2016AFP

L'intérêt pour le rugby à 7 est en tout cas grandissant. La réussite en tribunes du Paris Sevens n'y est pas pour rien. "Depuis, j'ai été pas mal sollicité, notamment par les jeunes de mon collège qui voulaient savoir comment faire pour arriver en équipe de France de 7, s’il existe des clubs", décrit Parez. "Un petit moment tragique où, en réponse, j'ai dû leur expliquer qu'on doit d'abord faire du XV pour faire du 7". L'un et l'autres ne doivent néanmoins pas se construire en opposition. "Sacha, si un club le veut, il faudra qu’il y aille s'il le souhaite", termine Jean-Claude Skrela. "Et c’est là qu’on gagnera des paris". La reconnaissance du 7 passe par eux.

Contenus sponsorisés