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Eric De Cromières : "Si Hardie est apte, il signera"

De Cromières : "Si Hardie est apte, il signera"

Le 10/08/2018 à 17:53Mis à jour Le 10/08/2018 à 18:01

A quelques heures du retour de son équipe sur les terrains, le président clermontois évoque la saison à venir. Ainsi que les dossiers en cours.

Rugbyrama : Comme vos joueurs, êtes-vous animé d'un esprit de revanche, au moment où votre équipe s'apprête à retrouver les terrains ce vendredi (19 heures à Mayol face au RCT) ?

Eric De Cromières : Non, pas du tout. On a loupé une saison, bon, voilà. Je veux bien, à la limite, qu'on soit revanchard envers nous-mêmes. Et encore... Les coachs ont tiré les leçons qu'il fallait de la saison dernière. Désormais, c'est un championnat nouveau qui va s'ouvrir. Celui de l'an dernier n'est pas oublié mais il est gommé, si je puis dire. La seule chose qui importe : que les leçons, elles, ne soient pas gommées. Mais je repars vers une nouvelle aventure.

Avez-vous transmis ce message positif aux acteurs de votre secteur sportif ?

E.D.C. : Oui, c'était la raison de ma présence à l'Insep, où le groupe professionnel effectuait son stage de préparation. Je leur ai dit ce que j'attendais d'eux lors de la saison à venir.

C'est-à-dire ?

E.D.C. : Que nos supporters, nos spectateurs et nos partenaires avaient conservé leur enthousiasme intact. On le voit, factuellement, sur la campagne de réabonnement et sur le réengagement du partenariat. Aucun n'a souffert de la saison dernière. Il faut donner raison à tous ces gens. Cet enthousiasme, l'équipe doit leur rendre sur le terrain.

Si la saison dernière supporte la théorie de l'accident, la reproduction d'un tel scénario ne ferait-elle pas augmenter la pression ?

E.D.C. : Il n'y a aucune pression sur le staff, je coupe tout de suite. Ils savent ce que j'attends d'eux, ce que le club attend d'eux et ce dont il a besoin. Ce ne sont pas que des résultats. C'est aussi leur investissement dans la vie autour des matchs, celle du club dans son ensemble. D'aller à la rencontre des gens, des partenaires et des supporters pour discuter, échanger avec eux et partager ces plaisirs du rugby.

Top 14 - Aurélien Rougerie (Crédit Photo : ASM Clermont)

Top 14 - Aurélien Rougerie (Crédit Photo : ASM Clermont)Rugbyrama

Cela manquait-il, jusqu'ici ?

E.D.C. : Je ne sais pas s'il y avait un manque mais je sais que ce sera particulièrement important cette année. Nous venons de connaître un trou d'air, tout le monde en a conscience. Le rugby est une chance et un joli moment. Il faut qu'ils amènent ce partage.

Clermont s'est montré plutôt discret sur le marché des transferts. Un souhait ou une contrainte ?

E.D.C. : Nous avons jugé qu'en remettant sur pied notre effectif, il était conséquent et suffisant. Il y a ce qu'il faut pour être performant, sans avoir à le modifier en profondeur. L'effort a principalement été porté sur les lignes arrières, pour anticiper les périodes internationales : Grosso, Lamerat, Fofana, Penaud, Parra, Lopez sont tous des joueurs réguliers de l'équipe de France. Auxquels il faut ajouter Raka, peut-être, demain. Aucun autre club n'est impacté de la sorte. Ces absences peuvent nous mettre en difficulté. Il fallait nous consolider dans ce secteur. Devant, nous avons jugé qu'avec l'apport des jeunes, nous avions déjà ce qu'il faut à la maison.

Vous évoquez souvent le fait que Clermont, avec tous ses internationaux, joue trois championnats...

E.D.C. : Je le confirme et nous l'avons payé cher, l'an dernier. Chez mes collègues présidents, certains réfléchissent de la manière suivante : "comment avoir le moins d'internationaux possible, pour protéger mon club ?". Je comprends ce positionnement et, d'ailleurs, je le respecte. Il a ses vertus pour un club. Ce n'est pas le choix que nous faisons aujourd'hui. Même si cela nous place dans une situation parfois inéquitable, c'est une fierté et une belle exposition de voir autant de Clermontois sous le maillot du XV de France. C'est notre approche du moment. Demain ? On verra.

Le troisième ligne écossais John Hardie est actuellement dans vos murs. Pour une signature imminente ?

E.D.C. : L’Écossais-Kiwi John Hardie est effectivement chez nous, en ce moment. C'est un joueur avec lequel nous sommes en contact depuis le mois d'avril. Ensuite, il avait dû se faire opérer du dos, ce qui nous a un peu refroidis. Mais nous avons continué de suivre sa piste. Son profil nous intéressait, celui d'un plaqueur-gratteur que nous n'avons jamais caché rechercher. Cela doit nous ouvrir de nouvelles perspectives, dans le secteur des rucks. John est donc avec nous et il travaille actuellement en réhabilitation avec notre service médicale. Notre relation est claire : s'il est apte, il signera. La décision sera prise d'ici deux à trois semaines.

John Hardie (Ecosse) lors d'une session d'entraînement à Tokyo

John Hardie (Ecosse) lors d'une session d'entraînement à TokyoIcon Sport

Cette année, le club retrouve le Challenge Cup, nettement moins excitant que la Champions Cup. Avez-vous passé une consigne sur les ambitions dans cette compétition ?

E.D.C. : Déjà, on joue une compétition pour la gagner. Ensuite, à ce stade, je suis surtout content d'être dans une poule sans autre club français, qui nous permettra de nous confronter avec des Gallois, Anglais et Roumain. Sur le papier, cela peut paraître disparate ? Peut-être. Encore que, je vous rappelle que Northampton nous a battus l'an dernier. Pour finir, les objectifs que j'ai transmis sont clairs : jouer un quart de finale, si possible à la maison. Se qualifier et espérer une demi-finale également à la maison. Et, si tout va bien, lâcher les chevaux sur la finale. Comme vous le voyez, il y a donc de l'ambition sur cette compétition aussi. Mais je ne m'avance pas gagnant. Le Challenge n'est certes pas la grande coupe, ce n'est pas non plus une sous-coupe. Rien que chez les Français, il y aura Pau, La Rochelle ou ce Stade français nouvelle formule qui ne sont pas pour faire rire. Gagner le Challenge Cup sera tout sauf aisé.

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