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France - Italie - Un homme dans le match : François Cros (XV de France), malgré le marasme

Par Par Jérémy Fadat, envoyé spécial
  • François Cros a encore une fois rayonné à Lille, au milieu d'un XV de France inquiétant.
    François Cros a encore une fois rayonné à Lille, au milieu d'un XV de France inquiétant. Icon Sport
Publié le Mis à jour
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Au coeur d'une prestation collective encore décevante du XV de France, ponctuée par un match nul peu glorieux contre l'Italie, François Cros a une nouvelle fois tiré son épingle du jeu. Il est bien le seul depuis le début du Tournoi... 

Il faut bien l’avouer : depuis le début de ce Tournoi des 6 Nations, et malgré le sursaut d’orgueil en Écosse, les satisfactions sont trop peu nombreuses du côté français. Mais s’il doit en être une seule, sur le plan individuel, elle se nomme incontestablement François Cros. Meilleur joueur tricolore lors de la débâcle de Marseille face au XV du Trèfle, elle avait encore été royal et même décisif à Murrayfield, là où son replacement en numéro 8 – après la blessure du capitaine Grégory Alldritt – avait d’ailleurs été un succès puisque l’essai de la victoire de Louis Bielle-Biarrey était intervenu après un remarquable départ du Toulousain derrière la mêlée. Alors, Alldritt forfait face à l’Italie, le staff n’a pas hésité longtemps avant d’acter la présence de Cros au centre de la troisième ligne, à un poste où il a été formé et auquel il lui arrive (certes rarement) d’évoluer en club.

"Il a été un des avants les plus performants sur les deux premiers matchs, a justifié Laurent Sempéré, l’entraîneur de la touche tricolore. Par sa polyvalence, il est capable de tout faire sur un terrain, que ce soit sur les tâches obscures où il est très précieux ou lorsqu’il porte le ballon. Je revois encore cette mêlée où il est parti dans le côté fermé face à l’Écosse, ce qui nous a permis de marquer en suivant. Il a cette facilité à occuper tous les potes de la troisième ligne. L'avoir sur et en dehors du terrain est important. C'est un joueur très intelligent qui sait faire le lien entre avants et trois-quarts." 

Le genre de mec qui met de l’huile dans tous les rouages. Et qui, tel un sphinx, sait toujours montrer une caractéristique adaptée à la situation. Une fois coureur, une autre gratteur. Parfois aérien, parfois terrien. C’est ce que souligne Fabien Galthié : "Dans le jeu, François se frottera moins à la ligne sur l'aspect puissance, mais c'est un régulateur. Il sait tout faire. Il est capable d’être demi de mêlée quand c’est nécessaire, de jouer centre, d’être le premier soutien, d’être le porteur de balle, de sauter en touche...C’est un joueur qu’il est important d’avoir. Il a d’ailleurs, au sein de notre groupe, été élu homme du match contre l’Irlande. Il aurait pu l’être lors du match contre l’Écosse."

Presque anormal de le voir autant

Et, même s’il ne fait pas directement partie du groupe des leaders actuellement, il s’impose évidemment comme un patron de ce groupe justement, par son exemplarité et sa faculté à toujours répondre présent. Ce fut encore le cas ce dimanche. D’entrée, c’est lui qui a gratté un ballon chaud dans le camp français. C’est encore lui qui en a arraché un, quelques minutes plus tard, dans les bras adverses à l’intérieur des 22 mètres italiens pour offrir une grosse occasion d’essai aux siens. Preuve qu’il a encore excellé dans les zones de combat, comme à son habitude.

Au-delà, travailleur infatigable, Cros fut une nouvelle fois impeccable en défense, un domaine où il a montré la voie à ses partenaires puisqu’il n’a raté aucun plaquage. Voilà donc qui, au milieu d’une immense confusion globale après trois journées, place la nouvelle dimension de l’intéressé. S’il a toujours été un élément important depuis l’arrivée de Fabien Galthié à la tête du XV de France début 2020, il avait perdu sa place en cours de Coupe du monde, victime du retour incroyable d’Anthony Jelonch, et s’était contenté d’un rôle de "finisseur" en quart de finale contre l’Afrique du Sud. Un choix qu’une partie de l’encadrement avait regretté avec du recul… Et les dernières semaines ne font que le confirmer, jusqu’à lui offrir un statut revu à la hausse. Le hic ? Il est aussi que François Cros est un homme de l’ombre par excellence, celui qui fait le boulot invisible. Et le voir autant sur les trois derniers matchs a quelque chose d’anormal. C’est peut-être paradoxalement le reflet de tout ce qui ne va pas dans ce XV de France...

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Les commentaires (11)
Nigeou Il y a 1 mois Le 25/02/2024 à 18:40

Dommage que la Fédération n'a pas de sous pour dégager ce beau monde.

mitoha Il y a 1 mois Le 25/02/2024 à 18:31

Une mention spéciale aussi pour le jeune Tuilagi.

Marco665 Il y a 1 mois Le 25/02/2024 à 19:01

Clairement. Heureusement qu'il etait là le gamin , sinon on se serait totalement emmedé

Marco665 Il y a 1 mois Le 25/02/2024 à 19:38

Excellent Tuilagi. Heureusement qu'il était là, parce que sinon on s'est bien fait iech

fojema48 Il y a 1 mois Le 25/02/2024 à 18:21

Le rugby à huit avants, puis plus grand chose à cause d'une charnière à la rue...Les ballons n'ont pas beaucoup abouti aux ailes ni même au centre, lamentable !