Petitjean - Aurillac - 17 octobre 2011 - Icon Sport
 
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Pro D2

Maxime Petitjean (Aurillac): "J'étais un fan d'Alain Penaud"

Petitjean: "J'étais un fan d'Alain Penaud"

Par Rugbyrama
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Dernière mise à jour Le 08/02/2013 à 14:15 -
Par Rugbyrama - Le 08/02/2013 à 14:15
A quelques jours du derby décisif Brive-Aurillac, l'ouvreur aurillacois originaire de Corrèze, Maxime Petitjean, se confie sur cette rencontre particulière et la réussite surprenante du Stade aurillacois cette saison.

Êtes-vous surpris par la situation du Stade aurillacois cette saison, deuxième ex-aequo au milieu des gros bras?

Maxime PETITJEAN: Oui et non. On n'imaginait peut-être pas se trouver deuxièmes ex-aequo mais on sentait qu'il y avait quelque chose de bien à faire. L'an dernier quand Jeremy Davidson est arrivé en même temps que beaucoup de joueurs, de Fédérale 1 notamment, il a fallu du temps pour que la mayonnaise prenne et que tout le monde se mette au diapason. Ce qui a débouché sur une première partie de championnat compliquée. Mais sur les dix derniers matchs, on a commencé à se trouver pour faire une superbe fin de saison. Cette année, on partait sur de bonnes bases. Tout le monde connaissait les lancements de jeu sur le bout des doigts. Il y avait de la confiance.

Une situation actuelle tout de même surprenante quand on regarde les budgets qui vous entourent...

M.P: C'est sûr. Mais il y a de la stabilité dans l'effectif chez nous. Et les entraîneurs font monter des jeunes du centre de formation qui se débrouillent très bien.

On a aussi coutume de dire qu'Aurillac sombre l'hiver venu, avec la rudesse du climat...

M.P: Mais le club s'est équipé. On dispose désormais d'un terrain synthétique sur lequel on s'entraîne pendant l'hiver. Du coup, hormis quand il y a vingt centimètres de neige, on peut s'entraîner normalement et on fait beaucoup moins de gymnase. C'est un vrai confort et un vrai plus sportif. En s'entraînant tout un hiver en gymnase, il était impossible de maintenir le rythme...

Quand on regarde votre parcours et votre calendrier, on ne peut s'empêcher de penser que le Stade aurillacois aura un coup à jouer dans la course au Top 14...

M.P: Ça peut effectivement aller très vite. On reçoit beaucoup de grosses écuries chez nous en fin de championnat. Pau, Carcassonne, Oyonnax... Il y a du monde mais on se dit qu'en continuant sur cette dynamique de ne pas perdre à la maison et de grapiller quelques points à l'extérieur, on ne sera pas loin du compte. Une fois que vous êtes qualifié, vous êtes à deux matchs. Tout est possible.

Aurillac reste malgré tout un petit budget du rugby professionnel. L'idée de monter, avec le spectre de Mont-de-Marsan qui, s'il vend chèrement sa peau, n'a pour l'instant gagné qu'un seul match en Top 14, cela ne refroidit-il pas?

M.P: On en n'est pas là mais on le sait, si on est amené à monter, ce sera très compliqué. Mais d'un autre côté, ce serait tellement énorme! On remplirait le stade tous les week-ends. Ce serait aussi une bonne chose pour l'expérience des joueurs, dont je ne sais pas s'il y en a beaucoup qui ont déjà joué en Top 14 (il en est fait le seul du groupe aurillacois, N.D.L.R.). Mais il y a du chemin avant de se soucier de cela.

Qu'est-ce que Jeremy Davidson a apporté au club depuis son arrivée, l'année dernière?

M.P: Une forme de rigueur. Avec lui, quand il dit qu'un entraînement durera 40 minutes, ce n'est pas une minute de plus. Par contre il est exigeant. Je crois que les avants n'ont jamais "bouffé" autant de touches et de mêlées! En deux ans, on s'est construit une conquête intéressante pour mettre en place notre jeu. C'est ce qui péchait en début d'année dernière. Jeremy est aussi très attentif à la fatigue des joueurs et s'appuie sur l'ensemble du groupe, ce qui maintient tout le monde concerné et évite les blessures. Grâce à cette rotation très régulière, on déplore beaucoup moins de blessures que les saisons précédentes. Cela compte également beaucoup dans une saison.

C'est tout cela la recette de la surprenante réussite aurillacoise?

M.P: On a aussi vraiment un super groupe. Un groupe qui vit. Quand on fait des soirées, des repas entre nous, les gars jouent le jeu et on apprécie passer du temps ensemble. Quand il y a une belle victoire à la maison et que vous vous retrouvez à quatre ou cinq en ville, ce n'est pas génial pour la vie du groupe. A 20 ou 25, c'est déjà beaucoup mieux...

Sur un plan personnel, vous semblez vous être renforcé physiquement...

M.P: Quand j'étais parti d'Aurillac pour aller à Brive (en 2005, N.D.L.R.), je pesais 69 kg! Je n'avais jamais touché une barre de musculation! Là, je suis entre 80 et 82 kilos. Je ne suis toujours pas un monstre mais il fallait au moins ça.

Venons-en au derby: alors que vous avez joué longtemps pour chacun des deux clubs, est-ce que ce sera la première fois que vous vous rendrez à Brive avec le maillot d'Aurillac, ce week-end?

M.P: En fait, non. Mon premier match de championnat officiel en professionnel avec Aurillac, c'était à Brive, en février 2003. J'avais dix-huit ans et ils m'avaient pris dans le groupe pour ce match. J'étais entré en jeu une demi-heure.

En quoi ce match est-il un véritable derby?

M.P: Même si ce n'est pas évident pour tous les joueurs, notamment pour les étrangers, cela reste un match à part. En ville, on nous répète sans arrêt qu'il faut que l'on gagne là-bas! Et pas que depuis cette semaine. Cela fait un mois que les supporters sont déjà dans ce match. Ils devraient être plus d'un millier à faire le déplacement. Là-bas, je ne sais pas trop comment ils appréhendent ce derby mais ici, dès que les gens ont appris que Brive descendait en Pro D2, ils ont tout de suite attendu avec impatience le calendrier pour cocher les dates des deux matchs.

D'ailleurs, pourquoi cette rivalité?

M.P: Je ne sais pas trop. Moi j'aime bien les Brivistes! (rires) Je suis de Tulle et quand j'étais enfant, mon père m'amenait souvent aux matchs de Brive. J'étais à fond derrière le CAB. J'étais un fan d'Alain Penaud.

Quel est le profil de cette équipe briviste que vous allez affronter?

M.P: C'est une des grosses écuries du championnat. Descendre de Top 14 n'est jamais évident à négocier. Je l'ai vécu avec Dax où, l'année de notre descente, on avait fini dixième ou douzième du Pro D2. Brive est une équipe très puissante et avec de grosses individualités. Mais avec leurs résultats en dents de scie, on sait aussi qu'ils n'ont plus droit à l'erreur et qu'ils vont nous attendre avec des dents longues. Si on ne répond pas présent dans le combat, on se fera «casser la bouche».

Retrouvez ce vendredi dans Midi Olympique les dessous de la prolongation de Maxime Petitjean pour cinq saisons à Aurillac, alors qu'il était également en contacts avancés avec le CABCL...