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Top 14 - Opinion. Manager, ce métier qui rend fou

Par Marc DUZAN
  • Ces derniers temps, les managers du rugby pro semblent sur les nerfs. Ce métier les rend-il fous ?
    Ces derniers temps, les managers du rugby pro semblent sur les nerfs. Ce métier les rend-il fous ? Icon Sport - Anthony Dibon
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Ces derniers temps, les managers du rugby pro semblent sur les nerfs. Ce métier les rend-il fous ?

Au bas mot, il doit exister dix pays dans le monde où l’on cause de rugby de façon quasi quotidienne, dans les médias nationaux. Début mars, on s’est donc amusé – il est des jours plus longs que d’autres, vous en conviendrez- à parcourir l’actualité de la planète ovale. "Down under", le New Zealand Herald s’interrogeait sur la série de défaites qu’étaient en train de vivre pour la première fois de leur histoire les increvables Crusaders : on y parlait de lassitude mentale, d’une faim de titres qui s’estompe, du départ de Scott Robertson et du travail de deuil qui l’accompagne.

En Australie, le Sydney Morning Herald consacrait de son côté quelques lignes à Emmanuel Meafou, regrettant sans verser dans le mélodrame que la fédération locale n’ait pas été suffisamment persuasive, sur le cas précis du malabar toulousain. En Irlande, on dressait le portrait de Peter O’Mahony, capitaine quasi quadragénaire des Diables Verts, quand fort loin de Dublin, les médias sud-africains se demandaient justement qui allait bien pouvoir succéder à Siya Kolisi en tant que Supremo des Springboks. Où que l’on regarde, le moutard de William Webb-Ellis semblait donc couler des jours heureux, quand bien même outre-Manche, nos copains du Sun évoquaient dans la mesure qui les caractérise, et au crépuscule de la gifle encaissée par la Rose à Murrayfield, « la pire équipe d’Angleterre de tous les temps ».

D’Urios à Mignoni, un week-end malaisant

Si l’on avait omis de jeter un œil sur ce qui se tramait juste sous nos pieds, cette impression d’agrément doucereux nous aurait donc probablement suivie toute la journée. Vous voulez savoir ? On n’aurait jamais dû ouvrir le canard, ce jour-là. Et on aurait mieux fait de se tenir fort loin de ce week-end de Top 14 qui, en termes de muflerie, atteignit des sommets…

Sous le beau ciel de Gaule, tout commença donc par l’algarade entre Pierre Mignoni et un journaliste, que ledit "Pierrot" exhorta en public, et via moult menaces, à livrer ses sources au sujet d’une sombre histoire de "fumoir". Le fabuleux roman de cette dix-septième journée de championnat se poursuivait par la sortie fort malvenue de Yannick Bru, patron sportif d’une Union Bordeaux-Bègles pourtant ce jour-là victorieuse, à propos de l’arbitrage de Thomas Charabas. Il se terminerait malheureusement par le rugissement primal de Christophe Urios, condamnant face caméras la "mentalité de merde" des joueurs de l’ASMCA, chair à canon ayant explosé à Deflandre comme bien d’autres avant elle. Accablé, vaincu, on choisissait alors de détourner le regard, l’encéphale déchiré par ces interrogations déplaisantes à défaut d’être fondamentales : est-ce la toute-puissance propre à leur fonction qui fait souvent perdre pied aux managers du Top 14 ? Ou alors, est-ce l’extrême fragilité de leur situation contractuelle qui les rend fous ? Toujours est-il qu’une poignée de temps plus tard, et au moment même où Alexandre Ruiz, ancien arbitre et désormais manager de Soyaux-Angoulême, volait dans les plumes de son ancien collègue M. Urruzmendi, pas "digne" à ses yeux d’un match de Pro D2 et bras armé supposé d’un projet anti-charentais ourdi par la Ligue, la Fédé, les illuminati ou les reptiliens, on avait finalement bien du mal à imaginer René Bouscatel et Florian Grill, cigare aux lèvres et scotch en pogne, se taper sur le ventre en se félicitant de la dernière victoire grenobloise face au SA XV… Un peu de tendresse, bordel…

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Les commentaires (2)
GeGe49 Il y a 15 jours Le 01/04/2024 à 15:03

Surtout lui...il est insupportable de l'entendre hurler tout un match , heureusement ses joueurs on l'air de s'en foutre totalement .

Avdemuret Il y a 16 jours Le 01/04/2024 à 07:39

' Les managers du rugby pro semblent sur les nerfs '
Oui c'est sûr, si de plus il pouvait arrêter de hurler comme un cochon qu'on égorge sur le bord de la touche , ça nous ferait des vacances....