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Champions Cup - Richie Arnold (Toulouse) : "J’ai été chanceux de tomber dans le club idéal"

  • Richie Arnold - Deuxième ligne de Toulouse.
    Richie Arnold - Deuxième ligne de Toulouse. Icon Sport - Loic Cousin
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Arrivé au club en 2019, et malgré une forte concurrence à son poste, l’Australien - devenu international l’an passé à 33 ans - a toujours été incontournable dans les titres remportés par les Rouge et Noir. Il revient sur son parcours et l’actualité des siens.

Comment expliquer que le Stade toulousain soit aussi impressionnant en Champions Cup ?

L’équipe a réalisé de bons matchs, c’est vrai. Le week-end dernier, l’attaque fut excellente, la mêlée et les ballons portés efficaces. Sur le plan collectif, c’était une belle performance. On peut toujours regretter, défensivement, d’avoir encaissé quelques points de trop en étant pointilleux. En fait, les deux déplacements se sont très bien passés, aux Harlequins et en Ulster. Je crois que nous avions hâte de disputer la Champions Cup.

Elle a marqué un point de bascule dans la saison…

Disons que, si nous avons été très bons en Champions Cup, nous avons été plus irréguliers en Top 14. Cette compétition doit nous aider à trouver cette constance.

Inconsciemment, la Champions Cup peut-elle être une priorité dans vos esprits ?

Non, je ne pense pas. Je crois simplement que le format de la compétition est différent. Il y a toujours des choses nouvelles, on voit les étoiles sur le maillot, on part en Irlande ou en Angleterre affronter des équipes qu’on a moins l’habitude de croiser, on joue contre des formations sud-africaines… Tout est excitant. Il y a peut-être encore plus d’enthousiasme à préparer ces matchs mais je n’en suis même pas sûr.

Antoine Dupont disait samedi dernier : "C’est une compétition que notre génération n’a gagnée qu’une fois…"

On a envie de la remporter encore. Mais on a juste envie de tout gagner. Croyez-moi, on veut revenir encore en finale de Top 14 et le gagner aussi, tout comme on veut encore aller chercher une autre Champions Cup. Personnellement, un titre me procure les mêmes sensations dans une compétition ou une autre. Ce groupe a toujours très faim. Le plus dur, quand on a gagné, c’est de rester en haut parce que les autres veulent vous faire tomber. C’est aussi un grand défi.

Vous parliez de ballons portés efficaces à Belfast, domaine qui était perfectible. Était-ce un objectif ciblé ?

Oui, et notre paquet d’avants a été très bon en conquête, en mêlée fermée et donc sur les mauls portés. Il y a eu une belle cohésion et Jean (Bouilhou) en était très content. Mais le challenge est de faire au moins aussi bien dimanche, d’autant plus que Bath est une référence devant, avec une grosse mêlée, des piliers internationaux et des ballons portés redoutables.

Le vainqueur finira premier du groupe. Est-ce déjà une sorte de finale ?

On peut dire ça… Les deux équipes possèdent quinze points au classement et ce sera un très gros match. Avec l’arrivée de Finn Russell, Bath réalise une excellente saison, est en confiance, comme on l’a vu lors de la victoire face au Racing.

Vous visez un des deux meilleurs bilans de la phase de groupe pour dégager la route des phases finales…

Pour remporter cette compétition… (Il s’arrête) En tout cas, pour aller loin, il est très important d’engranger le maximum de points en phase de poule. Ces dernières saisons, nous n’avions pas eu le meilleur bilan et donc pas l’avantage de jouer à domicile certains matchs décisifs. Pour nous, il est capital de gagner dimanche pour terminer en haut du tableau.

Vous êtes à Toulouse depuis cinq ans. Vous considérez-vous comme un cadre du groupe désormais ?

Je le crois. J’étais là ces quatre dernières années, je connais tous les joueurs du groupe. Mais je ne parle pas beaucoup, d’autant qu’il y a de nombreux leaders ici comme François (Cros), Ju (Marchand), Toto (Dupont), Thomas (Ramos) ou Romain (Ntamack). Et parfois, la meilleure chose à faire, c’est de s’asseoir, de la fermer et de laisser les grands joueurs prendre la parole.

Vous avez connu une sacrée concurrence en deuxième ligne, avec Richie Gray, Joe Tekori, votre frère Rory, Thibaud Flament ou Emmanuel Meafou, mais vous avez toujours été titulaire dans les grands matchs…

C’est important pour moi. Je veux être sur le terrain pour les gros matchs, les démarrer et je crois avoir encore quelques belles années devant moi. Actuellement, le club possède de très bons joueurs en deuxième ligne : Manny (Meafou) est énorme, Thibaud (Flament) est excellent, et des jeunes talentueux poussent aussi. Mais on va dire qu’ils me maintiennent en éveil. Je suis toujours là et je pense que je fais toujours mon boulot.

Pouviez-vous rêver d’autant de succès en arrivant à Toulouse ?

Honnêtement, jamais. Quand je suis venu ici, je ne connaissais même pas vraiment Toulouse. J’étais au Japon, je ne jouais pas beaucoup au rugby car il y avait des règles très strictes au niveau du nombre de joueurs étrangers à mettre sur le terrain. Et j’ai eu l’opportunité d’arriver comme joker à Toulouse, qui cherchait un deuxième ligne. En quelques mois, j’ai joué beaucoup de matchs en Top 14. J’en suis tombé amoureux, je suis reparti mais je suis revenu la saison suivante pour évoluer à Toulouse avec mon frère Rory. C’était fabuleux. J’adore être ici. Mes deux enfants sont nés à Toulouse. J’aime cette ville, je m’y sens bien.

Que représentait à vos yeux le doublé en 2021 aux côtés de votre frère jumeau ?

Avec le fait de porter le maillot australien, c’est le sommet de ma carrière. c’était incroyable, tellement spécial à titre personnel.

Pensez-vous terminer votre carrière à Toulouse ?

Je n’en suis pas sûr. Tant de choses peuvent arriver. Je suis sous contrat la saison prochaine. Après, on va se poser ensemble avec les coachs et voir ce qu’ils prévoient pour moi. Si des mecs plus forts débarquent, je le comprendrai. Je ne veux pas faire l’année de trop. On verra bien ce qu’il se passera.

Vous avez changé de dimension, jusqu’à devenir international australien l’été passé, à 33 ans…

Je crois surtout que la philosophie de jeu de Toulouse me correspond et m’a beaucoup aidé. J’aime avoir le ballon entre les mains et le faire vivre mais j’aime aussi le combat. C’est pour cela que j’adore le Top 14. Sincèrement, j’ai été très chanceux de tomber dans le club idéal. Peu importe qui vous êtes et d’où vous venez, si vous vous retrouvez dans cette équipe-là, vous pouvez devenir international (sourire).

Être Wallaby était-il toujours une ambition à vos yeux ?

J’ai toujours espéré jouer pour l’Australie. Je sentais que j’avais les capacités pour goûter au rugby international mais je n’en avais jamais eu l’opportunité. Elle s’est présentée l’an dernier et j’en suis très reconnaissant.

Souhaitez-vous continuer l’aventure avec l’Australie ?

Oui, ça dépend du nouveau coach. Si je conserve un bon niveau et si je suis dans les plans de la sélection, pourquoi pas ? Il ne faut jamais dire jamais quand il s’agit du maillot national.

N’êtes-vous pas trop triste qu’Emmanuel Meafou, qui était bien sûr éligible avec l’Australie, ait choisi la France ?

Non. Je suis heureux pour lui. C’est un bon mec. C’est la France qui lui a donné sa chance, en jouant à Toulouse. Il est arrivé jeune ici, il s’est construit ici et je comprends les raisons pour lesquelles il veut jouer pour la France. Pour jouer à côté de lui tous les week-ends, c’est vraiment un joueur très spécial. Il n’y en a pas beaucoup comme lui, donc je sens qu’il va avoir une très grande carrière internationale.

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Les commentaires (4)
Puntadelteno1970 Il y a 1 mois Le 20/01/2024 à 10:30

Je me rappelle de son arrivée cette première semaine de janvier 2019. Inconnu, il débute aussitôt à Agen sur une pelouse grasse. Ce "grand mec" inconnu commence à jouer et à faire jouer autour de lui comme s'il jouait avec le Stade Toulousain depuis des années. Tu te demandes qui sait de "grand mec" ? Depuis ce jour froid de janvier, Richie est un joueur très important dans les succès du Stade Toulousain. C'est un super joueur humble. Respect total M. Richie Arnold.

nionenithree Il y a 1 mois Le 20/01/2024 à 10:20

Dommage que Rory ,son frère jumeau soit parti jouer au Japon . Meilleur salaire probablement. ;)

Rugbyfan31 Il y a 1 mois Le 20/01/2024 à 10:07

Le joueur le plus discret du ST mais aussi celui qui est toujours sur la feuille de match, et le plus souvent dans le XV de depart.