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Champions Cup - Rémy Baget (Bayonne) : "Des sensations qui resteront à vie"

Par Pablo Ordas
  • Rémy Baget et les Bayonnais ont réalisé un exploit sur la pelouse du Munster.
    Rémy Baget et les Bayonnais ont réalisé un exploit sur la pelouse du Munster. SUSA / Icon Sport
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Auteur d’un bon match, le trois-quarts aile Rémy Baget était encore euphorique, samedi soir, à l’aéroport de Shannon. Quelques minutes avant d’embarquer, il est revenu sur ce nul aux allures de victoire, sur le respect du public irlandais et sur l’essai décisif qu’il a marqué.

Racontez-nous les émotions qui vous traversent…
Tout a été incroyable. Pendant l’échauffement, un quart du stade était plein. Nous sommes rentrés dans le vestiaire et le temps d’un petit discours, à notre retour, il y avait 20 000 personnes dans les tribunes, des flammes au bord de la pelouse. De suite, nous avons été hyperexcités. Nous avons vu que nous étions dans le match en attaque, ça répondait bien, mais nous ne scorions pas. Nous sommes alors rentrés au vestiaire avec un score de 14-3.

Quel a été le discours ?
On s’est dit qu’on pouvait le faire et qu’on allait le faire. Il fallait juste mettre les points. On a eu la chance de vite recoller, ça nous a permis d’y croire. Notre groupe ne lâche rien. Nous sommes passés en mode « chiens de la casse ». Tout le monde voulait faire son meilleur match, ne voulait rien lâcher, sauver la bêtise du copain. Nous avons cravaché tout le match, avec une grosse défense et ça l’a fait. Ça montre l’état d’esprit de Bayonne. Je suis très content qu’on ait marqué l’histoire du club.

Le week-end s’annonçait historique, il sera mémorable pour l’Aviron bayonnais…
Nous étions hypercontents de jouer le Munster. Après, ça reste un déplacement comme si on allait en Challenge européen. Nous sommes allés en Irlande avec l’habitude de faire ces déplacements, mais quand on a su qu’on jouait le Munster, avec ce fameux silence avant les pénalités…

Oui ?
Le public a été plus qu’incroyable. Quand nous sommes rentrés aux vestiaires, tout le monde a applaudi. On s’est alors dit, wouah, on est en plein dedans. Ils ont énormément de respect pour les Français, c’est au-dessus du lot. Thomas Dolhagaray a eu la pénalité du match nul, il n’y avait pas un bruit dans le stade, alors que ces points étaient aussi importants pour eux. Pendant le tour d’honneur, nous sommes allés les remercier et les supporters irlandais nous applaudissaient aussi, en disant « good game ». C’était incroyable de vivre ça de l’extérieur, en tant qu’adversaire, alors quand tu es chez eux, ça doit vraiment être quelque chose.

A lire aussi : Reportage. Champions Cup - "L’enfer, c’est pour les autres" : plongez dans le week-end historique de Bayonne au Munster

Pouvez-vous revenir sur votre essai ?
Il n’y a rien d’exceptionnel. Je vois que le pilier gauche rentre dans le maul. J’appelle Gela Aprasidze pour qu’il me la donne directement. Il joue bien la feinte de passe, puis ce deux contre un. À part l’appel, je n’ai strictement rien fait. Je suis content de finaliser le travail de toute l’équipe, qui a vraiment été incroyable tout le match.

On imagine que cet essai est d’autant plus plaisant que vous n’aviez pas joué depuis un moment ?
C’est sûr, ça faisait un petit moment que je n’avais pas joué. Il y a eu des turnovers, les mecs qui ont joué ont fait de très bons matchs aussi. Je suis content d’avoir pu montrer que je suis là et que je donnerai tout pour l’équipe jusqu’à la fin. […] Il y a certains joueurs qui n’ont pas trop joué cette année. À Limerick, ils avaient l’occasion de se relancer. Nous avons une ligne de trois-quarts assez jeune et nous vivons beaucoup de choses ensemble.

Vous avez dû vous accrocher pour faire carrière dans le rugby professionnel. Que représente cet essai ?
Il est incroyable. C’est un peu égoïste, mais lorsque j’avais marqué un essai en finale de Pro D2, j’avais eu une de mes meilleures sensations. Là, il s’agissait du premier match de Champions Cup. Ça me touchait personnellement. Je la regardais sur France 2 à l’époque. C’était déjà fou de se dire que j’allais en jouer un, alors là, marquer, permettre à l’équipe d’être payée pour son match et accrocher un nul, ce sont des sensations qui resteront à vie dans ma tête.

Avez-vous été impressionnés par l’événement ?
En soi, nous étions un peu "relax". Mine de rien, nous savions qu’il fallait faire le job, mettre beaucoup de combat, mais on a pas mal rigolé entre vendredi et samedi. Nous avons su mettre les bons ingrédients au bon moment et ça a suffi pour qu’on ait ce match nul. Je n’ai pas assez de recul sur le match pour savoir si on pouvait espérer mieux, mais on prend tout ce qu’il y a à prendre. On a beaucoup défendu, mais quand on avait le ballon et qu’on ne s’en débarrassait pas, on a vu que sur quatre ou cinq phases de jeu, on les mettait à mal.

Ce match nul peut-il vous donner des idées pour la suite ?
On s’est complètement donné le droit de rêver. Avant ce match, on se disait que la Coupe d’Europe était une chose incroyable, on était content de la jouer, mais le fait d’avoir accroché ce match nul est encore plus incroyable. Pour la suite, on ne se prend pas la tête, en fait, on est encore dans l’euphorie de ce match.

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Les commentaires (1)
Nitrousa Il y a 2 mois Le 11/12/2023 à 09:41

Énorme AB et énorme R Baget
Il va falloir valider ça vendredi à Dauger
Bravo pour cette magnifique entrée dans cette compétition
Et respect au public Irlandais, si on pouvait faire pareil en France