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6 Nations 2023 - La face décomposée de Marcus Smith, le demi d'ouverture de l'Angleterre

  • Marcus Smith n'a pas été impérial face au XV de France.
    Marcus Smith n'a pas été impérial face au XV de France. Icon Sport - PA Images
Publié le Mis à jour
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Marcus Smith, le demi d’ouverture anglais, a vécu un vrai naufrage personnel. Son jeu flamboyant s’est retourné contre lui au point de raviver tous les vieux démons attachés au poste numéro 10.

Les mots nous manquent pour qualifier ce naufrage anglais, plus lamentable encore que ceux des années 1970-1980, la période considérée jusqu’ici comme la plus sombre de l’histoire de la nation fondatrice. Alors évidemment, dans ce marasme, les joueurs phares ont été les plus exposés à la critique. Le premier d’entre eux s’appelait Marcus Smith, demi d’ouverture des Harlequins, feu follet exceptionnel réduit à l’état de mouche butant sur une vitre. Ça, c’était quand il avait le ballon, il y a eu aussi le Marcus Smith défenseur désintégré par une course victorieuse de Charles Ollivon (40e) et le Marcus Smith renvoyé derrière sa propre ligne de but par Antoine Dupont après un coup de pied vicieux de Ramos (Ollivon marquera sur le méli-mélo à la 60e). « Pas le même joueur sous le maillot anglais que sous le maillot des Harlequins », a conclu sobrement le préposé aux notes du Daily Mail.
On a envie de dire que Marcus Smith sembla vraiment réduit à la position d’un junior parachuté par hasard dans un match de haut niveau. Sa face décomposée captée en gros plan par les caméras d’ITV a symbolisé l’humiliation d’un pays qui espérait encore à la victoire finale dans le Tournoi et qui s’est rendu compte qu’elle avait peu de talents compétitifs. Même pas ce Smith monté en épingle dans les médias, au point de mettre Owen Farrell et ses 104 sélections hors du XV de départ, une première depuis 2015. Le débat Smith-Farrell a fait rage en Angleterre, et Steve Borthwick a fait savoir que les deux ne pouvaient pas jouer ensemble. Après deux matchs avec Farrell en 10 et l’homme des Harlequins réduit à quelques minutes en fin de rencontre, Borthwick avait ensuite choisi l’option Smith titulaire, avec ce que ça impliquait comme danger et comme ambiguïté. La catastrophe l’a en plus obligé à utiliser les deux hommes ensemble pendant 43 minutes, comme un choix désespéré.

Était-ce un piège ?

Après le naufrage, voilà aussi que des commentateurs se sont mis à parler d’un troisième homme, George Ford, 29 ans et 81 capes. Gestionnaire patenté, il a été renvoyé dans ses foyers en début de semaine. L’avènement de Marcus Smith semblait avoir sonné le glas de sa carrière internationale, sauf que le déroulé de la partie a jeté une lumière crue sur la boulimie de jeu de Marcus Smith (lire la chronique de Richard Dourthe). Dans ces conditions aussi difficiles par la qualité de l’opposition et par les conditions climatiques, ses qualités se sont retournées contre lui au point qu’on a ravivé le spectre de Danny Cipriani, éternel incompris du rugby anglais, talent reconnu mais marginalisé.

En 2018, lors de ses dernières apparitions en tournée en Afrique du Sud, il avait semblé rejeté par le groupe. Il n’est plus revenu. Posté avant la rencontre, un tweet de l’ancien centre international Luther Burell a pris toute son sens en début de soirée : « J’espère que Marcus Smith va jouer son jeu ce soir avec brio, mais je ne peux m’empêcher de me demander si tout n’est pas fait pour qu’il échoue. » La balle est désormais dans le camp de Borthwick, sélectionneur mis sous pression quasiment d’entrée. Pourrait-il être aussi éphémère que l’ancienne première ministre Liz Truss ?

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Les commentaires (1)
MC3612 Il y a 11 mois Le 16/03/2023 à 21:10

Celle du détestable O. FARRELL à l'issue de la finale de la CdM 2019 était plus jouissive encore