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Top 14

Le Tour de Midi Olympique

Le Tour de Midi Olympique

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 01/10/2012 à 22:57 -
Par Rugbyrama - Le 01/10/2012 à 22:57
Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur le jeu de Montpellier, les performance de James ou Afatia, le derby basque et le choc Toulouse-Toulon.
 

Clermont/Stade français: 28-25. Léo FAURE

Au moment de rejoindre les vestiaires, les Clermontois ont joint le geste au cliché. Joues gonflées, regard dans le vide, Wesley Fofana, Alexandre Lapandry ou Thomas Domingo mettaient en application le "ouf de soulagement". Benson Stanley, charmé par l'ambiance du Michelin au moment où James mettait à mort, d'un drop tout à l'instinct, les rêves parisiens, semblait lui en pleine extase. "Oh man, what a night!". Traduisait: "Mon dieu, quelle soirée!". Le coup, c'est vrai, est passé cette fois particulièrement près. Comme souvent, Clermont était initialement particulièrement ambitieux. A l’excès? Ils se sont, en tout cas, fait prendre à leur propre jeu en première période. Pourtant, difficile de reprocher à une équipe de vouloir faire vivre le ballon quand on a, par ailleurs, pointé du doigt des phases finales indigentes la saison dernière. Brock James, le héros de la soirée, détaille: "On a bien simplifié le jeu en deuxième mi-temps. On ne tenait pas assez le ballon au contact et cela leur simplifiait la tâche. Il fallait prendre le temps, garder le ballon et construire un jeu simple". Une conclusion qui se confirme, match après match. Pas encore complètement à l’aise collectivement dans un jeu très ambitieux, Clermont sait qu'il peut toutefois s'appuyer sur un jeu certes restrictif mais très efficace. Rassurant et éloquent: l'ASMCA caracole en tête. Vivement la suite.

Agen/Bordeaux-Bègles: 19-15. Nicolas AUGOT

Sa présence sur la feuille de match était une surprise. Le pilier d'Agen, Viliamu Afatia, arrivé en cours de saison dernière mais jamais appelé pour disputer un match de Top 14, était pour la deuxième fois placé sur le banc des remplaçants. "Une idée de Jean-Jacques Crenca", reconnaît Mathieu Blin, l'entraîneur des avants. Agé de 22 ans, le joueur samoan, habitué à évoluer à droite, s'est mué en pilier gauche lors du succès agenais face à l'Union Bordeaux-Bègles. Et il a vraiment apporté sa pierre à l'édifice. Tout d'abord lors de son entrée en jeu temporaire pour remplacer pendant six minutes Laurent Cabarry exclu sur carton jaune en début de deuxième mi-temps. Alors qu'Agen subissait en mêlée fermée, les hommes de Philippe Sella sont acculés sur leur ligne et les visiteurs bénéficiaient d'une mêlée à cinq mètres. Les locaux pouvaient craindre le pire. Mais Afatia remportait son duel sur Jefferson Poirot et obtenait une pénalité salvatrice. Revenu sur la pelouse à quatre minutes du terme, Afatia se signalait une nouvelle fois. Alors que son équipe, toujours privée de munitions, devait défendre ses quatre petits points d'avance et essuyait les vagues girondines, Viliamu Afatia se montrait décisif dans un ruck avec un contest parfait. Il obtenait une nouvelle pénalité. Un précieux ballon gagné qui permettait de faire tourner le chronomètre même si Greg Goosen manquait le but. Mais il faut retenir que le jeune pilier samoan a su être décisif lors de ses dix minutes passées sur la pelouse d'Armandie. Un travail de l'ombre et souvent ingrat qu'il faut savoir souligner.

Montpellier/Castres: 19-12. Emilie DUDON

Face à Castres samedi, Montpellier a marqué une fois, par Hape après une chandelle de Trinh-Duc (66e). Mais le MHR a franchi le rideau adverse à sept reprises, s'est créé trois occasions nettes et s'est vu refuser (à juste titre) deux essais. A la 21e, Trinh-Duc tapait par-dessus pour lui-même puis servait Nagusa qui sprintait sur quarante mètres et allait aplatir... mais la passe de l'ouvreur international était en-avant. Dix minutes plus tard, Bérard initiait une superbe percée de ses quarante mètres mais, un peu gourmand, ne donnait pas intérieur et était repris par Kockott à cinq mètres de la touche. Et à la 33e, Gorgodze jouait vite une pénalité juste devant l'en-but et s'écroulait derrière la ligne... M. Attalah n'accordait pas l'essai toutefois, considérant que le Géorgien avait rampé. Tout ça pour dire que, malgré la pluie diluvienne qui inondait Du-Manoir samedi soir, les Montpelliérains n'ont pas été frileux une seconde. Ils avaient décidé de jouer. La bonne stratégie ? Certains diront que non, puisqu'ils étaient menés 6-3 à la mi-temps (12-3 à la 60e) et qu'ils ont repris les devants au score en cours de deuxième mi-temps, quand ils ont changé de stratégie et axé leur jeu sur l'occupation au pied. Pourtant, les Cistes ne regrettaient rien à l'issue de la rencontre: "Les joueurs ont su alterner. Ils ont joué certes, mais sans faire n'importe quoi, assurait l'entraîneur des trois-quarts Stéphane Glas. Nos intentions étaient bonnes, d'autant qu'on campait dans la partie de terrain adverse. C'est juste qu'on a connu trop de déchets dans la finition. Si c'était à refaire, on emploierait exactement la même tactique".  Ils sont joueurs, les Montpelliérains. Et c'est tant mieux, pour le spectacle au moins.

Perpignan/Mont-de-Marsan: 15-6. Jérôme FREDON

Il a justifié la confiance placée en lui. Victime collatérale de la fessée reçue par les Montois à Grenoble, Laurent Magnaval a montré face à Perpignan qu'il avait du caractère. Derrière un paquet d'avants qui avait retrouvé du mordant, le Varois a livré une prestation de tout premier ordre. Sous une pluie torrentielle, il a multiplié les bons choix de jeu et privilégié les retours dans l'axe avec ses avants. Replaçant sans arrêt ses gros de la voix, le joueur prêté par le RCT a parfaitement rempli son rôle de chef de meute au service du collectif. Il n'en a pas pour autant oublié de prendre sa chance lorsqu'elle se présentait. S'il n'avait pas été repris in extremis par un double plaquage de Guirado et Tchale-Watchou à un mètre de leur ligne en deuxième période, il aurait très bien pu être le héros du match côté landais. A l'image de son équipe, Magnaval considéré davantage comme un neuf éjecteur, a musclé son jeu.

Grenoble/Racing-Metro: 27-13

Visiblement, le déplacement à Clermont avec une équipe largement remaniée, et le score lourd qui s’en est suivi (44-20), ont été particulièrement bien digérés par les Isérois. La preuve par les actes. Pour la réception du Racing-Métro 92, dans un stade des Alpes plein comme un œuf et vibrant de plaisir, le FCG n’a pas fait dans la demi-mesure: un écart significatif (27-13) et la sensation qu’il maîtrisait son sujet de bout en bout, face à une équipe pourtant en forme en ce début de saison. Excusez du peu... Aujourd'hui, au quart du championnat, le FCG pointe à la 6e place du classement, devant le Racing, Castres ou Perpignan, et on en oublierait presque qu'il évoluait il y a encore quelques mois en Pro D2... Une surprise qui n'en est plus une: voilà la reconnaissance d'une mutation parfaitement exécutée.

Toulouse-Toulon: 32-9. Bruno FABIOUX

Vive les impasses! On avait annoncé un RC Toulon volontairement amoindri. Certes il l'était. Au chaud les Jonny Wilkinson, Bakkies Botha, Andrew Sheridan, Jocelino Suta, Maxime Mermoz, Delon Armitage. Présents tout de même, au coup d'envoi, les Sébastien Bruno, Simon Shaw, Pierrick Gunther, Nicolas Durand, Frédéric Michalak, Mathieu Bastareaud, David Smith... Entrés en cours de jeu les Matt Giteau, Carl Hayman, Joe Van Niekerk, Chris Masoe, Steffon Armitage, Alexis Palisson... Il pleuvait des seaux, mais le public du Stadium de Toulouse ne s'est pas laissé berner par l'annonce d'une affiche qui ne devait pas vraiment en être une. C'en fut une. 35 569 spectateurs exactement. Le plein. Et du jeu. Du beau jeu. Du grand Toulouse. Sûr de sa force et de sa puissance. Un cinq de devant : Jean-Baptiste Poux, Christopher Tolofua, Census Johnston, Romain Millo-Chluski et Yoann Maestri, impérial! Un Luke McAlister des grands soirs. Des attaquants de haute-volée. Et du Toulon pour une fois dans ses petits crampons après un départ tonitruant de six matchs sans défaite. Un brusque coup d'arrrêt, mais les Varois sauront rebondir. Les Toulousains, à une semaine de se rendre au stade Chaban-Delmas de Bordeaux affronter l'UBB, et à deux de recevoir, au Stadium encore, les Tigres de Leicester, le dimanche 14 octobre, pour le compte de la première journée de H Cup, ne pouvaient espérer mieux se mettre en bouche. Les Toulonnais, qui receveront Montpellier ce même 14 octobre, toujours en H Cup, vont ce samedi à Biarritz. Les Biarrots sortent d'un vexant revers à domicile face aux Bayonnais. Et sont dans une impasse. Ce qui ne pouvait pas mieux côté affiche.

Biarritz-Bayonne 15-16. Grégory LETORT

Cela s'annonçait moins fou qu'en 2004, année du retour de Bayonne dans l'élite du rugby français. Cela semblait dépassionné. Parce que Bayonne était jusqu'ici en dessous de tout. Parce que Biarritz était depuis le début de saison, plusieurs tons au dessus. Dans la semaine, les joueurs de Bayonne n'avaient d'ailleurs pas le coeur à parler du derby comme d'un match à part. Ils se disaient trop mal en point pour cela. Les spectateurs, eux, n'ont pas plus contribué à la folie : parce qu'ils n'ont pas eu le goût de se déplacer à Anoeta, la direction du BO avait choisi de revenir à Aguiléra, terrain classique. Un match comme un autre ? Et pourtant non. Définitivement un match à part. S'il ne doit y avoir qu'un classique en Top 14, ce serait ce derby. Le 103e derby basque a fait honneur à la légende. Un stade vide une heure avant le coup d'envoi puis la folie : Bayonne en révolte, Biarritz en puissance, des buteurs en échec et dix dernières minutes de folie quand le vainqueur a changé trois fois d'identité en dix minutes jusqu'à la dernière pénalité sifflée par l'arbitre Jérome Garcès et transformée par Boyet. Une décision que Serge Blanco n'a pas eu l'air d'apprécier sans toutefois polémiquer ouvertement... Et puis, il y a eu la rage de David Roumieu, talonneur héroïque de l'Aviron venant haranguer le public d'Aguilera au coup de sifflet final. Christian Lanta avait prévenu: "C'est fabuleux un vrai derby. Il n'y a rien de mieux pour se retrouver sur des valeurs". Peut être pour ça que Serge Blanco, seul biarrot à s'exprimer pensait déjà au match retour. Le derby ? "Un match bien particulier, vous en avez eu la preuve" disait le président du BO. Un match qui méritait au moins Anoeta... Le derby restera toujours mythique.

 
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