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Retière: "On a oublié le côté artisanal du rugby"

Retière: "On a oublié le côté artisanal du rugby"

Par Rugbyrama
Dernière mise à jour Le 27/09/2012 à 17:18 -
Par Rugbyrama - Le 27/09/2012 à 17:18
Etats Généraux de la mêlée: Revivez le deuxième débat avec Yannick Bru, Didier Sanchez, Serge Simon et Didier Retière.
 

Midi Olympique organisait ce jeudi les Etats Généraux de la Mêlée. Lors du deuxième débat, Yannick Bru, Didier Sanchez, Serge Simon et Didier Retière ont débattu sur "Impacts, règles, quel avenir pour la mêlée ?". Revivez le débat :

Faut-il supprimer ou non l'impact ?

15:55 - Didier Sanchez est catégorique: "Il ne faut pas supprimer l'impact en mêlée".

15:56 - Pour lui, c'est une phase de jeu spectaculaire, un moment que tous les publics attendent.

15:57 - Il cite l'exemple d'un match soporifique, dont l'intérêt n'est relevé par une seule chose: une mêlée à 5 mètres, au cours de laquelle le public se réveille.

15:58 - Il assure aussi que la préparation physique permet de prévenir les blessures. Il entraine également dans le milieu amateur, notamment à Toreilles, en Fédérale 3: l'impact permet de travailler les appuis, la tonicité du dos, et force les joueurs de pousser vers le haut.

15:59 - Didier Retière abonde dans ce sens: en se basant sur son expérience internationale, il affirme que la France et la Nouvelle-Zélande sont les deux nations à la pointe de la mêlée fermée.

16:01 - Le problème, selon Retière, est que la mêlée est aujourd'hui réduite à une guerre d'impact. Et que la mêlée se termine au moment même où elle commence. L'affrontement en mêlée ne peut être aussi bref. La phase de poussée doit être valorisée.

16:03 - Yannick Bru estime que les Néo-Zélandais ont été les premiers à lancer cette course à l'impact, avec des études menées par des biomécaniciens.

16:04 - C'est une mode à laquelle il avoue avoir été sensible, et qui a aujourd'hui gagné tous les clubs français. Mais il réalise aujourd'hui que ce n'est pas viable, et trop instable. Il estime qu'il faut réintroduire un temps de latence entre l'entrée des joueurs et l'introduction, pour augmenter l'importance de la poussée.

16:05 - En faisant l'inverse, on se dirige vers le rugby à XIII, où les mêlées sont particulièrement furtives.

16:08 - Serge Simon rappelle un autre problème: celui de l'allongement du temps de latence avant l'entrée des joueurs en mêlée. En réglementant autant l'impact, on a augmenté le temps de latence, qui use déjà les joueurs. En moyenne, on passe 70 secondes pour jouer une mêlée, note Retière, contre 10 secondes dans les années 80... Soit une minute de gainage supplémentaire à chaque mêlée...

16:11 - Retière: une mêlée, c'est vivant. On bouge, on bouge l'adversaire, il y a forcément une faute... mais ce n'est pas toujours de la triche !

16:13 - Bru prône ausi la réduction du nombre de commandements: en mettant quatre commandement, on a scénarisé un départ de sprint.

16:15 - Il avance aussi un problème anodin, mais important: les nouveaux maillots insaisissables, qui sont tout simplement catastrophiques pour les joueurs de première lignes, qui peinent à se lier. Les équimentiers, désireux de proposer des produits insaisissables pour favoriser les franchissements, oublient ce problème.

16:18 - Pour Retière, les arbitres doivent se donner plus de temps pour observer tous les paramètres de la mêlée: ainsi, il faut déconnecter l'introduction de l'impact.

16:18 - Jacques Verdier interroge: comment améliorer la clarté de cette phase pour le grand public ?

16:19 - Didier Sanchez insiste sur la réduction des commandements, pour simplifier les choses.

16:20 - Il avance aussi que l'arbitre devrait prendre le temps de se reculer davantage, pour avoir un point de vue plus large sur la mêlée fermée.

16:21 - Quid des grands piliers ? Aujourd'hui, nombre d'entre eux dépassent le 1,90m...

16:22 - Retière estime que ces grands piliers doivent travailler davantage leur souplesse. Seulement, c'est un travail fin, de longue haleine, destiné à améliorer les postures des piliers. Peu d'entraîneurs acceptent, ni ont le temps de le faire.

16:26 - Serge Simon revient sur l'autorégulation de la mêlée: chaque tricherie était automatiquement sanctionnée par l'équipe adverse. Un pilier droit, suffisamment fort et doué techniquement pour entrer sur le côté pour aller chercher les côtes du talonneur, s'exposait à des représailles. Mais sa supériorité technique pouvait aussi lui permettre d'asseoir sa domination, et de marquer son adversaire. Pour Simon, un arbitre n'a pas a intervenir dans ce duel.

16:27 - Selon lui, on ne devrait pas exiger d'avoir des mêlées stables: comme c'est un duel, il y a forcément domination, et donc déséquilibre.

16:29 - Retière explique qu'en Nouvelle-Zélande, un classement des équipes les plus sanctionnées en mêlée est fait.

16:30 - Une bonne façon de faire évoluer les comportements.

16:33 - Bru rebondit sur l'exemple de l'hémisphère Sud: ces pays ont décidé de laisser le moins d'énergie possible dans la mêlée. Pendant toute la semaine, ils s'appliquent à travailler sur le timing de diction des commandements de l'arbitre, pour lancer la poussée au "E" de "Engage !" par exemple... A notre grande différence, car les Français ont l'habitude d'apporter beaucoup de soin à la poussée, aux liaisons...

16:38 - Didier Sanchez s'inquiète du nombre important de piliers étrangers dans le championnat... Près de 40% ne sont pas éligibles à l'équipe de France...

16:41 - Didier Retière pointe une surenchère de la dimension athlétique du rugby: on court plus, on plaque plus, mais on a peut-être oublié le côté artisanal du rugby, et de la mêlée fermée, secteur où le savoir-faire est primordial. Les éducateurs doivent se placer au plus près des jeunes, pour favoriser l'émergence des jeunes.

16:43 - Un joueur de série régionale, présent dans la salle, se lève alors pour livrer son témoignage: il pointe le manque de temps, et le manque d'expertise des petits clubs pour former ces joueurs.

16:46 - Yannick Bru pointe aussi du doigt de la rapidité de certains à stigmatiser les choses qui ne vont pas: un classique, celui de dénombrer les mêlées sanctionnées à chaque match. Mais la vérité statistique est trompeuse: pour quelle raison s'est-elle écroulée ? La caricature est facile...

16:47 - Le mot de la fin se veut résolument optimiste: les acteurs de ce débat ont foi en le dialogue, et espèrent que la réunion du 15 octobre, à l'initiative de Serge Simon, saura rétablir la communication entre l'ensemble des acteurs du rugby français.

16:48 - Merci d'avoir suivi l'intégralité de ce débat EN DIRECT sur notre site, et à très bientôt pour un nouveau live avec votre journal, le Midi Olympique.

 
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