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Ibanez, l'indispensable

Ibanez, l'indispensable

Par Eurosport
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Par Eurosport - Le 20/03/2007 à 09:00
Auteur d'un Tournoi majuscule, Raphaël Ibanez a pesé de tout son poids chez les Bleus durant ces sept semaines. Sur le terrain mais peut-être plus encore en dehors. A six mois de la Coupe du monde, cette équipe de France est plus que jamais la sienne.

Lorsqu'il est arrivé dans l'auditorium du Stade de France pour la traditionnelle conférence de presse d'après-match, Raphaël Ibanez paraissait rincé. Fracassé, le capitaine. Il avait de bonnes raisons de l'être. Pour la première fois dans ce Tournoi, le talonneur des Bleus a disputé les 80 minutes sans céder sa place. Pour cette der face à l'Ecosse, pour ce qui restera vraisemblablement comme le dernier match de sa carrière dans le Tournoi, il ne voulait quitter ni la pelouse ni ses potes. Au bout de l'effort, il y eut la délivrance. La récompense.

Capitaine de ce XV de France victorieux du Tournoi, Ibanez peut avoir le sentiment du travail bien fait. Meilleur numéro 2 de la compétition, il a surtout confirmé son influence, considérable, sur le groupe. Par son discours, il impose le respect et instaure la confiance. En terme de leadership, qui peut d'ailleurs dire qu'il a remarqué l'absence de Fabien Pelous durant ces sept semaines? Comme "Raph" n'a jamais semblé aussi bien dans son jeu du haut de ses 34 ans, il est tout simplement (re)devenu indispensable. En ce sens, l'hiver a confirmé ce que l'automne avait laissé entrevoir.

"Il faut se dépouiller jusqu'au bout"

Son impact sur le groupe s'est encore vérifié samedi face à l'Ecosse, où ses mots, avant et pendant la rencontre, ont beaucoup compté. Il parle, presque, déjà, comme un coach. "On savait qu'on allait connaître le résultat du match de l'Irlande avant d'entrer sur la pelouse, raconte-t-il. On s'était préparé à intégrer ce résultat sans que cela déstabilise les joueurs. C'est assez incroyable mais le matin du match, j'étais prêt à tout pour gagner. Je me suis mis à la place des Irlandais et je ne voyais pas une autre issue qu'un score large en leur faveur. Je savais aussi ce que ça exigeait comme ressource pour l'équipe de France et on l'a intégré dans notre préparation. On a été solide mentalement ."

Ce groupe lui ressemble d'ailleurs, par sa faculté à réagir dans la difficulté. Une vertu primordiale pour une équipe souvent mise au pied du mur durant ce Tournoi. Ce fut le cas à Croke Park, en début de match face aux Gallois, ou avec cet essai écossais, en fin de match, qui a bien failli priver les Bleus de la victoire finale. "Je répète toujours aux gars qu'il ne faut rien lâcher. Tout le monde dit ça, mais j'essaie de leur faire comprendre que ce ne sont pas que des mots. Il faut se dépouiller jusqu'au bout", martèle le capitaine. Visiblement, le discours a été entendu.

Reste, tout de même, un gros nuage dans son ciel bleu, avec la défaite à Twickenham. Ibanez le sait, le XV de France a eu tout faux à Londres. Cet échec, il l'a mal vécu, l'assumant plus encore que les autres. "Twickenham n'est pas oublié. Je n'ai pas encore accepté la défaite. Nous avons eu des mots très durs entre nous. La semaine a été difficile", dit-il. L'issue le satisfait d'autant plus. "La victoire dans le Tournoi n'était pas forcément écrite sachant qu'on avait trois déplacements. On a eu des matchs avec différentes configurations et ce qui est intéressant c'est que le groupe s'est adapté à chacune d'entre elles. J'en ai déjà parlé mais j'insiste, l'équipe de France ressemble à une équipe tout-terrain." Il en est plus que jamais le moteur...