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COUPE DU MONDE FÉMININES - Heptathlon, Lomu, débuts à 20 ans... voici Lenaïg Corson

Heptathlon, Lomu, débuts à 20 ans... voici Lenaïg Corson
Par AFP

Le 21/08/2017 à 15:19Mis à jour Le 21/08/2017 à 15:36

COUPE DU MONDE FÉMININES - Recalée en 2014 et en 2016, Lenaïg Corson a vu ses efforts enfin récompensés par une place pour le Mondial 2017 au sein de l'équipe de France. Et avec ses courses dévastatrices, la Bretonne peut faire tomber l'Angleterre mardi en demi-finales. Son modèle : Jonah Lomu. Son geste préféré: le raffut.

À voir les poussées de "Leny" ballon en main lors de la phase de poules, on aurait pu le deviner. La Rennaise au gabarit impressionnant - 1,85 m pour 85 kg - n'a peut-être pas encore marqué d'essai, mais ses avancées y sont pour beaucoup dans les trois larges victoires de Bleues, toujours en mouvement. Une statistique suffit à donner une indication des dégâts infligés aux adversaires par la 2e ligne: 194 m gagnés ! "Avec sa taille, elle peut faire des ravages", confirme sa partenaire de ligne Audrey Forlani. Contre les frêles Japonaises, battues 72-14, Corson a fait parler sa puissance en raffutant à tout-va avant de buter sur l'arrière nippone. Pour offrir l'essai sur un plateau à Caroline Boujard.

Progrès techniques et indiscipline

Autre abattage, défensif celui-ci : ses 19 plaquages contre l'Irlande - elle est à 89% de réussite sur le premier tour dans ce domaine - ont permis aux Françaises de contenir la réaction irlandaise. Corson s'éclate et cela se voit : enjouée, affable, chambreuse, la Trégorroise est un des moteurs de l'équipe. Il est loin, le temps des désillusions. Car l'ancienne heptathlète, qui n'a commencé le rugby qu'à 20 ans en arrivant à Rennes pour ses études, a été écartée deux fois de suite de la sélection finale pour les compétitions majeures. En 2014 pour la précédente Coupe du monde à XV, organisée de surcroît en France, et en 2016 pour le tournoi olympique de Rio où le rugby à VII faisait son entrée.

Lenaig Corson (France féminines) contre l'Australie - 13 août 2017

Lenaig Corson (France féminines) contre l'Australie - 13 août 2017Icon Sport

À 28 ans, cinq années après sa première sélection, elle est devenue titulaire indiscutable. Sa faiblesse technique liée à son déficit de pratique, Corson l'a gommée grâce au rugby à VII : fin 2014, elle a bénéficié des premiers contrats fédéraux pour faire progresser cette discipline. "Le fait de faire du VII lui a beaucoup apporté techniquement", estime la manager Annick Hayraud, qui ne l'avait pas retenue en 2014. "C'est quelqu'un qui a vraiment progressé. Ce qui lui faisait défaut, c'est qu'elle doutait. À partir de là, c'était dur de s'exprimer au sein du groupe. Elle a pris confiance, elle sait ce qu'elle peut apporter et elle est vraiment en train de s'épanouir", s'est réjouie Hayraud, interrogée par l'AFP.

" Elle a pris confiance, elle sait ce qu'elle peut apporter et elle est vraiment en train de s'épanouir"

Attention toutefois à l'indiscipline : contre l'Irlande, un carton jaune est venu rappeler à l'intéressée qu'elle manquait encore de maîtrise défensive. Et le rouge n'est pas passé loin... Un excès d'ardeur peu étonnant pour une joueuse qui déborde d'énergie. Semi-professionnelle à 75% de son temps, Corson passe les 25% restants, soit 9 heures par semaine, à Levallois-Perret, au siège de la GMF. Depuis octobre 2016, elle est chargée de communication pour l'assureur. Installée à Orsay (Essonne), près de Marcoussis, la 2e ligne a réussi l'exploit de ne louper que trois matches du dernier Top 8 avec Rennes, où elle rentre en train le jeudi afin de préparer le match du week-end. Une dernière saison à Rennes et "Leny" se tournera vers le Mondial 2018 à VII, à San Francisco. Mais avant cela, il y a une finale mondiale à XV à Belfast à aller chercher.

Lenaïg Corson - Equipe de France féminine

Lenaïg Corson - Equipe de France féminineAFP

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