Coupe d'Europe

Le tour de Midi Olympique

Comme chaque semaine, les envoyés spéciaux de Midi Olympique décryptent, à travers une anecdote, un joueur ou une image insolite, les moments forts du week-end. Là, ils reviennent sur la grosse colère de Serge Milhas, l'ambiance de Ravenhill, le retour d'Hernandez et la prestation de Toulouse.

 
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Ulster-Castres: 41-17. Vincent BISSONNET

Bienvenue dans l'enfer de Ravenhill ! L'enceinte de Belfast, réputée terrible pour les visiteurs, n'effraie pourtant pas au premier coup d'oeil avec ses 11 500 places et ses deux tribunes relativement petites. Architecturalement, on a effectivement connu chaudron plus intimidant. Mais plus le coup d'envoi se rapproche, plus l'ambiance se charge en électricité: les supporters s'amassent progressivement dans les tribunes d'un autre âge, les drapeaux se multiplient, les litres de bière coulent à flots... Puis à l'entrée des joueurs, la magie opère comme par miracle: en choeur, les Irlandais acclament, chantent, applaudissent alors avec la plus grande vigueur leurs Dieux du stade. Pendant quatre-vingts minutes, l'engagement des supporters ne faiblit pas et, à chaque pénalité ou essai, les célébrations tournent à l'ovation. "L'ambiance était chaude, très irlandaise, soulignait Marc Antoine-Rallier. Cela m'a rappelé notre match au Munster l'an passé." A Thomond Park, le CO avait dû affronter les vivas de 25 600 spectateurs. Vendredi, à Belfast, ils étaient seulement 11 500. Ravenhill, un enfer décidément pas comme les autres, dans une cité, pas comme les autres...

Munster-Racing: 22-17. Léo HUISMAN

Juan Martin est rentré mardi d’Argentine, où il disputait le Rugby Championship avec les Pumas. Le lendemain, son entraîneur Gonzalo Quesada lui demandait expressément de se reposer, qu’il ne comptait pas sur lui pour l’entrée du Racing Metro en H Cup face à l’armée rouge du Munster. Vendredi l’ouvreur des Ciel et Blanc flânait dans Paris quand son portable a sonné. Quesada, contraint par une petite contracture à la cuisse de Fabrice Estebanez lui demandait de se tenir prêt, au cas où. Le lendemain, le forfait d’Estebanez confirmé, El Mago se retrouvait titulaire, sans s’être entraîner une seule minute avec ses partenaires cette saison. Un entretien express avec Quesada, quelques combinaisons vues dans un gymnase le matin même avec Olly Barkley et Hernandez foulait la pelouse du Stade de France, au centre. Il n’a pas brillé en attaque, mais Hernandez, à l’image de son équipe s’est démené en défense. Barkley, à ses côtés, ne pouvait après coup que louer la performance de son nouveau coéquipier. Comme ce tampon infligé à Casey Laulala, le centre munsterman, éteint pour le reste de la partie, après avoir croisé la route de l’Argentin. Juan Martin Hernandez n’est peut-être toujours pas le joueur qu’il a été avant ses multiples blessures, mais il garde quelques restes de magie.

Clermont-Llanelli: 49-16. Léo FAURE

Thomas Domingo en était le premier étonné. "Je crois que je n’ai disputé que trois mêlées dans ce match". Effectivement. Sur la pelouse durant 47 minutes, le pilier international de Clermont n’a pas vraiment eu le loisir de se tester dans l’exercice de force. Une statistique à l’explication double: le peu de déchet, tout d’abord, constaté pendant la première heure de jeu. Avec deux équipes appliquées, le spectacle offert au public du Stade Marcel-Michelin fut superbe. En deux séquences distinctes: l’heure de l’indécision, et les émotions qu’engendre le suspense, jusqu’au carton rouge attribué à l’ailier Stoddart; puis le temps de la grande vadrouille, boulimie d’essais régalant la "yellow army". Le peu de mêlées disputées s’explique également par un deuxième facteur: la qualité de l’arbitrage de M. Fitzgibbon, garde-fou sans être répressif, assumant ses responsabilités au moment de dégainer deux cartons jaunes mérités, sans verser dans un arbitrage toxique pour le jeu. La règle de l’avantage, notamment, a trouvé dans ce match sa raison de vivre. Peu de phases statiques, donc. Thomas Domingo, omniprésent à l’arrachage et très en vue offensivement sur les grandes largeurs, où ses raffuts dévastateurs ont constamment fait avancer les Clermontois, ne s’en plaindra pas.

Harlequins-Biarritz: 40-13. Grégory LETORT

"Je ne suis pas là pour faire plaisir à qui que ce soit". Serge Milhas n'a pas cherché à raconter d'histoire samedi à la sortie des vestiaires du Twickenham Stoop Stadium. Son équipe venait d'encaisser quarante points une semaine après une humiliation face à Toulon, concédant par la même sa cinquième défaite d'affilée. Le tout en laissant les Harlequins s'emparer du bonus offensif. Et puis en prime, Berquist, forfait de dernière minute ; Gray, sorti rapidement sur blessure et Haylett-Petty sanctionné d'un carton jaune "idiot pour ne pas dire plus", dixit Milhas. L'opération relance du BO a tourné au fiasco. Et Milhas a sorti ses vérités confessant aussi sa "honte" en espérant que ses joueurs "ressentent la même chose". "On manque d'humilité", a t-il attaqué. Et puis des synonymes: "on se prend pour d'autres", "on a pris le boulard", "on ne respecte même pas le jeu"... Biarritz a pris une claque à Londres samedi. Une victoire avec le bonus offensif contre les italiens de Zebre est devenue impérative. Autant qu'une authentique révolte. Car ensuite, avec le retour au Top 14, il faudra aller sur le terrain de Clermont et Grenoble...

Toulouse-Leicester: 23-9. Bruno FABIOUX

La pluie n'a pas attendu que Nigel Owens siffle le coup d'envoi de Toulouse-Leicester pour faire son apparition. La masse nuageuse avait finalement crevé dès le bus du Stade toulousain vidé de ses joueurs et dirigeants sur le parvis du Stadium. Soit une heure plus tôt, grosso modo. Les plus pessimistes virent comme un signe dans cette météo très britannique. Mais il en faut plus aujourd'hui aux Toulousains qu'une épaisse saucée pour bégayer leur rugby. Au contraire savent-ils s'adapter à toutes les conditions. C'est d'ailleurs en situation d'infériorité numérique, samedi, pendant que Gurthrö Steenkamp purgeait sur le banc un vilain croche-pattes sur Ben Youngs, que les champions de France marquèrent le seul essai de la rencontre. Via Gaël Fickou, 18 ans et zéro complexe, un talent tout neuf comme le public de Toulouse en raffole. C'est toujours sous une pluie battante que Luke McAlister réussit un six sur sept dans ses tentatives de tirs au but sur pénalité. Il faudra bien sûr aux Toulousains confirmer cette excellente entrée en matière dès samedi prochain, au Stadio Comunale Di Monigo de Trévise. Un match qu'ils savent ne pas être sans danger et qu'ils aborderont avec la plus extrême prudence. Qu'il pleuve ou non.

Toulon-Montpellier: 37-16.

Une intervention dans la ligne de trois-quarts, une accélération, une prise d'intervalles, une feinte de passe pour éliminer le dernier défenseur et un essai toulonnais en bout de course pour un magnifique exploit personnel. Il ne peut s'agir que Matt Giteau, Maxime Mermoz, David Smith ou Delon Armitage... Mais non, pas du tout ! L'auteur de cet éclatante action individuelle n'est autre que le deuxième ligne Bakkies Botha. A la 31e, le Springbok s'offrait en solitaire le deuxième essai de son équipe. Un enchaînement qui prouvait encore une fois la forme étincelante qu'affiche Botha depuis le début de saison. Arrivé blessé et cabossé dans le Var il y a un an, il s'est refait, à 33 ans, une santé de fer et revit une seconde jeunesse. Comme Jonny Wilkinson quand il avait débarqué sur la Rade...

 - Rugbyrama@RugbyramaFR
 
 
 
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