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FRANCE-ÉCOSSE (22-16) - L'antisèche : Après les défaites encourageantes, la victoire pas séduisante

L'antisèche : Après les défaites encourageantes, la victoire pas séduisante

Le 12/02/2017 à 20:09Mis à jour Le 13/02/2017 à 09:31

TOURNOI DES 6 NATIONS - Bien moins séduisant que lors de ses dernières sorties, le XV de France a eu toute les peines du monde à battre l'Écosse ce dimance (22-16). Les Bleus, qui avaient une forte pression sur les épaules, se contentent du résultat. Notre antisèche.

Le jeu : un brouillon de rugby

Vendredi, notre consultant Jean-Baptiste Lafond nous avait prévenus : "Si les Bleus jouent à la baballe contre l'Écosse, ils sont sûrs de perdre". Le scénario du début de match lui donnait raison... A trop vouloir jouer dans le désordre sans avoir pis l'axe d'abord, les Tricolores ont donné le bâton pour se faire battre. Les Écossais n'en demandaient pas tant et en ont profité. Par Stuart Hogg en début de rencontre puis Tim Swinson juste après la pause. De quoi punir les Bleus et les faire trembler jusqu'au bout.

Des Bleus qui n'ont que trop rarement maîtrisé leur sujet. Mis à part sur la longue séquence qui a amené l'essai de Gaël Fickou, les élus de Guy Novès se sont montrés bien trop fébriles. Une copie sans aucun contrôle, bien en deça des dernières performances françaises. Mais cette fois-ci, le vent a finalement tourné du bon côté. Bref, ce XV de France sous pression et peu inspiré se contentera de ce succès acquis dans la douleur.

Louis Picamoles et Camille Lopez (XV de France) - 12 février 2017

Louis Picamoles et Camille Lopez (XV de France) - 12 février 2017AFP

Les joueurs : la troisième ligne a sauvé les apparences

Honnêtement, peu de joueurs français ont évolué ce dimanche à leur meilleur niveau. Soulignons tout de même la (nouvelle) bonne prestation de la troisième ligne tricolore. Kévin Gourdon (2 franchissements et 45 mètres parcourus) a été élu homme du match, Louis Picamoles (1 franchissement, 70 mètres parcourus, 6 défenseurs battus et 4 offloads) a comme toujours avancé et Loann Goujon (45 mètres parcourus) a bel et bien amené un surplus de puissance.

Kévin Gourdon (XV de France) - 12 février 2017

Kévin Gourdon (XV de France) - 12 février 2017AFP

Sébastien Vahaamahina, meilleur défenseur du match (16/16 au plaquage), s'est lui aussi montré à la hauteur, comme Cyril Baille, très fort en mêlée. Derrière, seul Gaël Fickou a tenu la baraque. Les grandes déceptions ? Virimi Vakatawa, Scott Spedding, Rémi Lamerat, Baptiste Serin et Uini Atonio. Côté écossais, Stuart Hogg (1 essai, 2 franchissements, 5 défenseurs battus et 84 mètres parcourus) a surnagé.

Le facteur X : la mêlée française

Pour se sortir de ce traquenard, les Bleus ont pu compter sur leur mêlée. Largement dominateur dans l'épreuve de force, le XV de France a récupéré 5 pénalités et 1 bras cassé, n'étant sanctionné qu'à 1 reprise. Le XV du Chardon a tout simplement souffert le martyre dans l'exercice, comme face à l'Irlande le week-end dernier. Mentions spéciales au Toulousain Baille et à Rabah Slimani, encore auteur d'une entrée en jeu décisive.

Cyril Baille (XV de France) pris par Richie Gray (Ecosse) - 12 février 2017

Cyril Baille (XV de France) pris par Richie Gray (Ecosse) - 12 février 2017AFP

La stat : 7

Même si cette victoire (la 5e en 12 matches sous l'ère Novès) s'est avérée vraiment laborieuse, elle permet à la France de gagner une place au classement World Rugby. Les Bleus sont désormais 7e, après avoir dépassé... l'Écosse.

Le tweet pas faux

La décla : Gaël Fickou (trois-quarts centre du XV de France)

" Ces derniers temps, on jouait bien mais on ne gagnait pas. Là, on n'a pas très bien joué mais on a gagné. On va retenir ça"
Gaël Fickou (XV de France) - 12 février 2017

Gaël Fickou (XV de France) - 12 février 2017AFP

La question : les Bleus avaient-ils trop de pression ?

Oui, c'est certain. Il a suffi d'une seule image pour le comprendre : l'explosion de joie de Camille Lopez après avoir dégagé le dernier ballon du match en touche pour valider le succès français. On a alors senti un énorme soulagement dans le camp tricolore. Il fallait absolument l'emporter ce dimanche. C'était LE message diffusé toute la semaine, dans les médias ou dans l'intimité des Bleus.

Camille Lopez (XV de France) - 12 février 2017

Camille Lopez (XV de France) - 12 février 2017AFP

Cette énorme pression du résultat, elle a visiblement paralysé les joueurs. Car à domicile face à l'Écosse, ils n'étaient plus dans la peau de l'outsider séduisant comme contre l'Australie et la Nouvelle-Zélande en novembre ou en Angleterre la semaine dernière. Un statut qu'ils n'ont pas vraiment su assumer. Une grande fébrilité qui explique ce contenu plus que moyen. Mais au moins, les Bleus se sont libérés de cette foutue pression. En espérant qu'ils s'en soient même débarrassés pour de bon.

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