6 Nations

XV de France - Patrice Lagisquet: "Certaines critiques sont normales"

Patrice Lagisquet ne cache pas les lacunes dans l'animation offensive des Bleus dans le Tournoi 2013. Mais il réfute l'idée de crise au sein du XV de France.

 
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Dans le Tournoi, la France montre des soucis récurrents pour animer le jeu alors qu'en novembre, cela avait bien marché. Comment l'expliquez-vous?

Patrice LAGISQUET: En novembre, on a eu le sentiment de travailler dans la continuité de la tournée en Argentine, même si tout n'était pas parfait. Mais on avait repris pas mal de choses de base quand on s'était retrouvé. Quand on a démarré le Tournoi, on pensait qu'on allait pouvoir embrayer mais pendant la deuxième mi-temps de l'Italie, on a vu qu'on avait perdu nos repères. Peut-être qu'à ce niveau-là, on s'est trompé. La leçon sera de revenir à chaque fois à un travail basique parce que quand on voit les conséquences, la perte de confiance, la pression qui monte, tout devient plus compliqué.

Un joueur souffre de la comparaison avec novembre: Frédéric Michalak. Vous attendiez-vous à le voir aussi à la peine physiquement?

P.L: Il nous avait dit qu'il craignait d'avoir un contrecoup. On l'a vu. Sur les deux premiers matches, on a voulu le 'coacher' mais on n'a pas pu (blessures d'Huget et Fall, NDLR). Et le choix qu'on avait fait d'avoir un joueur pour couvrir le numéro 10 et le numéro 15 s'est retourné contre nous.

Pour vous, est-il un demi de mêlée ou un ouvreur?

P.L: J'ai longtemps pensé que c'était un demi de mêlée. J'ai entraîné en club, je le regardais, je l'aimais bien en numéro 9. En Argentine, j'ai découvert un joueur différent, un vrai meneur de jeu. Il nous a fait beaucoup de bien en Argentine et en novembre. Quand on sait à quel point c'est difficile de trouver un bon meneur de jeu... On le conforte dans sa capacité à être notre meneur de jeu. On ne l'a pas vu douter de ses capacités, il a juste baissé de pied physiquement.

Mais il a eu certains choix contestables en Irlande comme ce coup de pied rasant à la fin alors qu'il y avait possibilité de drop...

P.L: Cette dernière action est le symptôme de notre Tournoi: une précipitation pour finir vite dès qu'une situation est positive alors qu'il faudrait être patient. Et puis Maxime Médard l'appelle parce qu'il pense que le coup est bon. L'important, c'est d'apprendre de ce choix stratégique. Si ça nous aide à gagner une demi-finale de Coupe du monde sous la pluie... Le problème, c'est qu'au niveau international, il faut apprendre vite (sourire).

Y a-t-il eu des choix que vous regrettez?

P.L: (Il réfléchit) Dans la préparation du premier match, on a peut-être voulu aller trop vite. Il fallait réapprendre à marcher avant de courir. Ensuite contre le pays de Galles, il y a eu un effet de balancier. On avait identifié des problèmes en Italie et on est tombé dans l'excès inverse, on a voulu se rassurer et on a un peu fermé les choses. On a commencé à équilibrer les choses en Angleterre sans aller au bout à cause du manque de confiance. On a aussi sûrement sous-évalué l'influence de l'état de fraîcheur des joueurs.

Vous avez essuyé pour la première fois de violentes critiques. Comment l'avez-vous vécu?

P.L: Certaines critiques sont normales et ne me choquent pas. Par exemple, on nous a reproché de ne pas avoir mis Fofana au centre. On voulait le faire débuter au centre contre l'Italie mais les forfaits de Brice (Dulin NLDR) et Vincent (Clerc NDLR) nous ont fait changer notre fusil d'épaule.

Vous n'avez donc pas été surpris?

P.L: Je l'avais vécu l'an dernier à Biarritz où j'avais le rôle qu'à Philippe Saint-André aujourd'hui, ça ne me perturbait pas plus que ça. La crise, ça fait vendre. Et comme il y a énormément de médias au niveau international, il y a une surenchère. Tout ça existe, on n'y peut rien. Le danger serait de tomber dans ce mélodrame, de l'alimenter car on est en train de construire.

 
 
 
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