O'Driscoll Lo Cicero - Italie Irlande - 16 mars 2013 - Icon Sport
 
6 Nations

Le bilan du Tournoi 2013

Le pays de Galles au top, l'Irlande et la France à la peine

Par Midi Olympique
Dernière mise à jour Le 20/03/2013 à 11:23 -
Par Midi Olympique - Le 20/03/2013 à 11:23
Le Tournoi 2013 s'achève donc avec son lot de surprises. Qui aurait pu penser que la France terminerait à la dernière place ? Il fut aussi étonnamment serré: pas de grand chelem et un dernier à trois points (une victoire et un match nul).
 

Le pays de Galles: Très mal partis, les Gallois ont fini par l'emporter au nez et à la barbe des Anglais à qui l'on promettait la lune. Avec 27 tournois victorieux, ils passent devant l'Angleterre qui les devance au nombre de grand chelem (12 contre 11). Le pays de Galles a gagné la compétition pour la quatrième fois en huit ans. Mais à la différence de 2005, 2008 et 2012, les Diables Rouges n'ont pas réussi le grand chelem. Mais ce succès n'en est pas moins méritant, ne serait-ce que parce qu'il a succédé à une série de sept défaites consécutives entre juin et novembre et qu'il avait démarré par une déconvenue à domicile contre l'Irlande (30-23). Les Gallois se sont imposés avec à leur tête un entraîneur intérimaire, Rob Howley (qui remplace Warren Gatland) et trois capitaines: Sam Warburton, Ryan Jones et Gethin Jenkins. Ils ont révélé un nouveau talent, le troisième ligne Justin Tipuric, excellent lors du dernier match contre l'Angleterre. Ils se sont aussi privés des qualités offensives de James Hook, pas une seule fois titulaire alors qu'il n'était pas blessé. La performance des Gallois est d'autant plus étonnante quand on tient compte du nombre de blessures qu'ils ont subies: ils ont dû se priver totalement de Bradley Davies, Rhys Priestland, Luke Charteris et Dan Lydiate (meilleur joueur de l'édition 2012) puis par moment d'Alun Wyn-Jones, Matthew Rees et Ryan Jones. Les Gallois ont dû démarrer la compétition avec le néophyte Andrew Coombs en deuxième ligne alors qu'il joue flanker chez les Gwent Dragons.

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L'Angleterre: Les Anglais ont démarré très fort avec ses succès contre l'Ecosse, l'Irlande et la France puis ont baissé d'un ton contre l'Italie et bien sûr, le pays de Galles. L'emballement médiatique autour de l'équipe de Stuart Lancaster semble donc un peu exagéré. Il succédait, il est vrai, à la magnifique victoire contre les All Blacks du 1er décembre. Tout le monde a vu les Anglais plus beaux qu'ils n'étaient, à commencer par eux-mêmes sans doute. Ont-ils sous estimé la résistance des Italiens? Ont-ils pensé qu'ils allaient résister sans trop forcer à la débauche d'énergie des Gallois? On attendait un peu plus de cette équipe, en mêlée notamment mais aussi dans le jeu offensif. Elle n'a marqué qu'un essai "hyper chanceux" contre la France. Peut-être que le numéro 8 Ben Morgan lui a manqué plus qu'on ne l'aurait cru pour traverser les défenses adverses. Sur cinq matches, elle en a finalement vécu trois sans marquer d'essai (Irlande, Italie, Galles) et Chris Ashton, l'ailier plongeur, n'a pas eu son rendement habituel. On retiendra quand même les bonnes prestations de Geoff Parling et de Joe Launchbury, ces deuxième ligne qui ne se ressemblent pas. Owen Farrell à l'ouverture a l'étoffe des sauveurs de la patrie, tout comme Tom Wood et Chris Robshaw en troisième ligne. On a revu avec plaisir le troisième ligne Tom Croft, de retour après une grave blessure au cou.

L'Ecosse: La sélection au chardon a fait son meilleur tournoi depuis 2006. Dirigé par un nouvel entraîneur nommé Scott Johnson, le XV du Chardon a gagné deux fois contre l'Italie et l'Irlande. Il a perdu de peu en France et même s’il a encaissé 38 points à Twickenham, il y a marqué deux beaux essais. Incontestablement, son trident offensif Hogg-Maitland-Visser a de l'avenir. L'équipe a réussi à tenir la route en mêlée, son buteur Greig Laidlaw affiche des pourcentages élevés. A part à Twickenham, sa défense n'a pas ouvert les vannes. Peut-on prédire pour autant un avenir radieux à cette équipe? On restera prudent, le prédécesseur de Johnson, Andy Robinson, a connu lui aussi des moments d'espoirs avant de démissionner en novembre après une défaite à domicile contre les Tonga. L'Ecosse reste limitée à certains postes: pilier, centre, demi d'ouverture.

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L'Italie: Pour la deuxième fois de son histoire, l’Italie a gagné deux matches dans le Tournoi (contre la France et l'Irlande). Jacques Brunel a fait aussi bien que Pierre Berbizier en 2007. Il a réussi à battre la France à Rome, comme Mallett l'avait fait en 2011 et à bien y réfléchir, il a frôlé un exploit énorme à Twickenham. Le technicien français peut s'estimer heureux du travail accompli en deux ans. Son équipe prend plus de risques offensifs que par le passé, c'est incontestable. Quelques valeurs ont émergé: Venditti et Benvenutti chez les trois quarts; De Marchi, Furno, Minto, Ghiazzon chez les avants. Mais l'équipe reste fragile, faute d'une charnière très fiable. Gori et Orquera sont vraiment très irréguliers. Le pilier droit vétéran Martin Castrogiovanni a semblé marquer le pas

L'Irlande: Le XV du trèfle aurait pu offrir une meilleure sortie à Brian O'Driscoll, soupçonné d'avoir joué son dernier tournoi. Les Verts ont gagné leur premier match à Cardiff avant de baisser le rideau. Nul médiocre contre la France, défaites contre l'Angleterre puis chez les Ecossais et les Italiens, une première historique. Declan Kidney survivra-t-il à cette humiliation? On peut se poser la question. Mais les Irlandais n'ont pas été épargnés par la malchance: ils ont subi une ribambelle de blessures: Zebo, O'Connell, Strauss, Sexton, D'Arcy, Gilroy, Ferris, Reddan plus la suspension de Healy contre l'Ecosse.

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La France: L’équipe de France a terminé à une inattendue dernière place (première depuis 1999) après avoir perdu ses trois premiers matches (première depuis 1982). Les Bleus ont cruellement manqué d'inspiration offensive, leur collectif fut d'une rare pauvreté. Heureusement qu'ils ont pu s'appuyer sur une grosse mêlée pour sauver les meubles. On ne peut pas vraiment parler de révélations, même si Samson et Vahaamina mériteront d'être revus. Au rayon des déceptions: Michalak, Clerc, Forestier, Fall, Parra et Machenaud. Rendons grâce à Bastareaud et à Picamoles, vraies satisfactions.


Le meilleur joueur: Partageons le trophée en deux et récompensons le gracile Leigh Halfpenny et le poids lourd Adam Jones. La victoire galloise leur doit beaucoup.
L'exploit individuel: cocorico, la percée victorieuse de Wesley Fofana contre l'Angleterre.
Le plus beau match: le premier entre le pays de Galles et l'Irlande, chaque équipe ayant eu sa mi-temps. Les visiteurs l'ont emporté 30-22.
Le plus bel essai collectif: le deuxième essai gallois contre l'Angleterre conclu par Cuthbert après une action de 80 mètres et deux interventions de classe de Tipuric et de Warburton.

 
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