Abonnés

L'édito du vendredi : com’ un truc qui cloche

Par Léo Faure
  • L'édito du vendredi : com' un truc qui cloche.
    L'édito du vendredi : com' un truc qui cloche. SUSA / Icon Sport
Publié le
Partager :

On se demande, parfois, ce qui cloche dans ce sport. Et pour le coup, nous ne nous cantonnerons pas aux lignes farineuses qui tracent le rectangle vert. Venez donc avec nous, en coulisses, et constatez le conservatisme d’un sport qui boîte de ses deux jambes : d’un côté, l’exigence des résultats qui ne matche pas toujours avec le comportement des acteurs ; de l’autre, une discipline qui proclame ses envies d’expansion, de croissance à deux chiffres tout en jouant la carte d’une communication minimaliste.

Cette semaine, on s’est donc vu refuser de parler à des joueurs, dans leur périple européen qui les mènera sur la grande scène de la Champions Cup et pour la première fois de leur histoire. Que voulait-on, au juste ? Rien de bien farfelu. Échanger avec les joueurs, les coachs, les supporters ; vous donner à lire et à voir ce grand moment de l’histoire de ce club. En vidéos, en photos, par les mots, on voulait vous partager autre chose de cette belle aventure que les lénifiantes tirades qui étouffent les matchs : "il faudra mettre les ingrédients", "cette expérience va nous permettre de grandir", "on va se remettre au travail"

C’est un exemple parmi d’autres, transposable partout en Top 14. C’est un exemple qui nous a interpellés, aussi, et qui nous a ramenés trois mois en arrière : quand World Rugby avait fait interdire pendant toute la Coupe du monde la diffusion des images des matchs sur les réseaux sociaux. Une pratique par-delà l’aberration, en 2023, pour un sport qui affirme vouloir conquérir le monde et la foule, mais qui se coupe du canal de diffusion le plus massif.

La communication est devenue paranoïaque, où il faut en dire le moins possible et tout cacher, même le plus anodin. Elle tue la belle humanité de ce sport en la jugulant par le secret. Elle est surtout inaudible : comme si les confidences d’un joueur, en avant-match, allaient causer la défaite de son équipe par effet papillon ; comme si quelques images prises au matin de la rencontre, quelques mots échangés autour d’un café allaient décider du sort d’un match.

À ceux qui le croient, et tous ces managers et dirigeants qui prônent la fermeture par superstition ou par peur d’on ne sait quoi, on rétorquera que les pilotes de Formule 1 sont bavards jusqu’à la grille de départ, à quelques minutes de défier la mort à 300 km/h. On rappellera qu’en NBA, les vestiaires sont ouverts à l’œil pas si indiscret des caméras, jusqu’au coup d’envoi. On se souviendra qu’au foot, la pensée tactique est diffusée par les managers eux-mêmes et parfois avant les matchs, moins enclins à la culture du secret. On affirmera que ces exemples sont nombreux et que ces sports, ce n’est pas un hasard, épousent les courbes d’une popularité dont rêve le rugby. Sans s’en donner les moyens.

Vous êtes hors-jeu !

Cet article est réservé aux abonnés.

Profitez de notre offre pour lire la suite.

Abonnement SANS ENGAGEMENT à partir de

0,99€ le premier mois

Je m'abonne
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (1)
en1515 Il y a 2 mois Le 08/12/2023 à 12:29

Pas très étonnant quand on voit que vous ne cherchez que le sensationnel avec des titres racoleurs souvent très éloignés de la réalité. Commencez par faire correctement votre travail et vous verrez les portes s'ouvrir. Pas de faire de la lèche, juste rendre compte ...