Abonnés

Top 14 - "Ma famille d’abord" : portrait de la légende All Black Samuel Whitelock

  • Samuel Whitelock prêt à porter ses nouvelles couleurs. Samuel Whitelock prêt à porter ses nouvelles couleurs.
    Samuel Whitelock prêt à porter ses nouvelles couleurs. Midi Olympique.
Publié le
Partager :

Malgré le choc culturel, la légende all black n’est pas arrivée à Pau dans un flou total. Dans le Béarn, le deuxième ligne a retrouvé son frère Luke. Et Le cadet n’est pas étranger au choix de carrière de l’aîné…

Saviez-vous que 19 437 km séparent Christchurch de Pau ? C’est dire à quel point le nouveau projet de vie de Sam Whitelock est un immense changement, dans une carrière déjà bien remplie. Légende du rugby, All Black le plus capé de l’histoire du haut de ses 153 sélections, double champion du monde… Il n’y a pas que ses 2,02 m qui donnent au Néo-Zélandais sa grandeur.

Roi du rugby, Whitelock arrive à Pau dans l’inconnu. Lui qui n’a jamais connu le Top 14 – championnat réputé comme le meilleur du monde – arrivera-t-il, à 35 ans, à peser au sein de cette équipe paloise et à faire oublier les trop nombreuses déceptions néo-zélandaises en France ? Ngani Laumape, Julian Savea, Malakai Fekitoa... beaucoup de stars du sud ont déçu dans l’Hexagone. "Je suis au courant de ces attentes", répond à cela le géant. Habitué à la pression, il devra peut-être prendre exemple sur ses prédécesseurs à Pau, comme Colin Slade ou Conrad Smith, avec qui il a longuement discuté avant de franchir le pas. Surtout, si Pau lui est étranger, Whitelock trouvera à la Section quelques visages familiers, comme le présentait le président des Vert et Noir, Bernard Pontneau : "C’est un honneur de recevoir le joueur le plus capé de l’histoire de la Nouvelle-Zélande. Au-delà, avoir Sam a un côté un peu plus affectif car il va jouer avec notre capitaine, qui est son frère."

"C’est aussi Luke qui m’a recruté"

Arrivé dans le Béarn en 2019, Luke Whitelock est un des hommes de base de la Section depuis plusieurs saisons. Nommé capitaine, il fut un rouage capital de la venue de son aîné dans la ville aux Mille Palmiers. "Luke, c’est certain, n’a été recruté que pour lui-même, en tant que Luke. Il n’a pas été question de le recruter en pensant à Sam", tient tout de même à assurer Pierre Lahore, le directeur général du club. Mais ce dernier se souvient des premières fois où le nom de Samuel Whitelock a été entendu dans les couloirs palois : "Quand le nom de Sam est revenu dans les discussions que nous pouvions avoir avec des agents, sur les besoins que nous avions exprimés, nous avons évidemment effleuré le sujet avec Luke avant d’enclencher la marche avant. Non pas pour lui dire qu’il fallait faire l’intermédiaire mais pour lui demander ce qu’il en pensait, et comment il voyait les choses. Nous n’avons pas demandé à Luke de négocier pour nous ! Je sais simplement que lors de l’un de mes tout premiers jours au club, au cours d’un entretien, Bernard (Pontneau, N.D.L.R.) mettait déjà des graines à Luke sur ça. Sans lui, le recrutement de Sam aurait quand même été possible mais c’est certain que ça a amené un petit plus, que cela a compté dans son choix."

C’est plus facile de jouer avec son frère que contre lui. J’ai déjà joué contre et il aurait dû écoper de quelques cartons jaunes...

Interrogé au sujet du rôle de son frère dans sa venue à Pau, le deuxième ligne témoigne davantage de l’importance qu’a eu son cadet : "Ça fait plusieurs années que Luke me met des phrases pour tenter de me faire venir. Nos femmes s’entendent très bien, tout comme nos enfants. Je crois que les dirigeants peuvent acheter une chocolatine à mon frère, car c’est aussi lui qui m’a recruté." Il faut dire que Luke a titillé celui avec lequel il a grandi. Au milieu d’une fratrie de quatre garçons, Luke et Sam n’ont eu de cesse de se défier au cours de leur vie. Ce rassemblement à Pau est une énième preuve de la compétitivité qu’ils possèdent tous les deux. "C’est incroyable qu’ils puissent jouer ensemble, se marre Jack Maddocks. Dans ma famille aussi nous sommes quatre garçons, mais je suis très jaloux d’eux. C’est quelque chose dont ils vont se rappeler toute leur vie."

La compétition dans le sang

À peine Sam arrivé, la compétition entre les deux frères en a déjà fait sourire plus d’un : le "nouveau" a battu les performances de "l’ancien" lors du test à l’effort qu’il avait à effectuer. De quoi lancer une première rivalité ! "Je ne ferai pas de commentaire sur ça, rit Sam Whitelock. Apparemment, vous essayez de me monter contre mon frère ! Les personnes ici commencent à se rendre compte de ce que nous sommes, à force de nous voir ensemble en permanence. Nous sommes très complices. Pour moi, venir à Pau fut une décision vraiment facile. J’ai téléphoné à Luke pour lui demander si c’était un endroit où je pouvais être à l’aise et si c’était une ville où je pouvais venir avec ma famille. La décision a été prise comme cela." Voir les deux frères réunis doit en tout cas rendre leurs parents très heureux, eux qui habitent en Nouvelle-Zélande. De loin, ils n’oublient pas de charrier leurs deux enfants sur ce qu’ils sont en train d’expérimenter. "Comme Luke est mon petit frère, il y a quelques discussions au sein de la famille, confie Sam. Il est aussi mon capitaine et ils se demandent si je vais l’écouter, quand il me donnera un ordre… Ce qui est sûr, c’est qu’il est plus facile de jouer avec son frère que contre lui. J’ai déjà joué contre lui et il aurait dû écoper de quelques cartons jaunes…"

Les dirigeants peuvent acheter une chocolatine à mon frère, car c’est aussi lui qui m’a recruté.

Déjà faudrait-il que les deux frères jouent ensemble. Arrivé fin novembre, Sam doit encore s’adapter au jeu palois et ne fait pas partie de l’équipe qui a fait le déplacement pour affronter les Sharks en Champions Cup. Son premier match pourrait être le 23 décembre, lors de la réception de Clermont en Top 14. Luke a lui subi une opération bénigne au coude et doit un peu patienter avant de retrouver les terrains. Désireux de gagner, Sam Whitelock est en tout cas tombé au bon endroit, assure le manager palois Sébastien Piqueronies : "Pour découvrir Sam depuis quelque temps, je suis certain d’une chose : il symbolise totalement notre projet de par l’humilité qu’il diffuse ou tout simplement la personne qu’il est par ses racines, sa famille, son éducation… Il symbolise aussi notre ambition de par la carrière qu’il a méritée." La première de ses ambitions pourrait-elle être celle de devenir aussi vital que son frère dans l’effectif béarnais ? Piqueronies sourit : "En tout cas, Sam arrive en étant le grand frère de l’actuel capitaine de la Section paloise. À lui de lui faire la compétition."

Digest

Né le : 12 octobre 1988 à Palmerston North (Nouvelle-Zélande)

Mensurations : 2,02m, 117kg

Surnoms : Sammy, Gandalf, peachy

Poste : deuxième ligne

Clubs successifs : Crusaders (2010-2020), Panasonic Wild Knights (2020), Crusaders (2021-2023)

Sélections nationales : 153, en équipe de Nouvelle-Zélande

1er match en sélection : au Yarrow Stadium (New Plymouth), le 12 juin 2010, Nouvelle-Zélande - Irlande (66-28)

Points en sélections : 35 (sept essais)

Palmarès : champion du monde (2011, 2015), vainqueur du Rugby Championship (2010, 2012, 2013, 2014, 2016, 2017, 2018, 2020, 2021, 2022, 2023), champion du monde des moins de 19 ans (2007), vainqueur du Super Rugby (2017, 2018, 2019), vainqueur du Super Rugby Aotearoa (2020, 2021), vainqueur du Super Rugby Pacific (2022, 2023), vainqueur du championnat de provinces (2008, 2009, 2010), membre du XV masculin de l’année (2022).

Vous êtes hors-jeu !

Cet article est réservé aux abonnés.

Profitez de notre offre pour lire la suite.

Abonnement SANS ENGAGEMENT à partir de

0,99€ le premier mois

Je m'abonne
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (1)
cantewitko Il y a 2 mois Le 11/12/2023 à 18:35

Grandissime joueur ! Vous les palois, vous allez vous éclater à le voir jouer !