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Commotions cérébrales : une lueur au bout du tunnel

Par Marc Duzan
  • Une expérience à base d’exposition à la lumière infrarouge a été menée pendant un an sur des joueurs commotionnés dans les trois jours précédents.
    Une expérience à base d’exposition à la lumière infrarouge a été menée pendant un an sur des joueurs commotionnés dans les trois jours précédents. Icon Sport - Icon Sport
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Pendant plus d’un an, des expérimentations sur une cinquantaine de rugbymen et rugbywomen commotionnés ont été réalisées à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris. À l’heure des premiers verdicts, ce traitement à l’aide de rayons infrarouges est selon nos informations porteur des plus grands espoirs…

Si le rugby fut l’un des sports ayant le plus rapidement pris en compte le danger des commotions cérébrales, la pratique n’en demeure pas moins épargnée, à tel point que l’on dénombre aujourd’hui 0,31 commotions par match de Top 14, soit un KO tous les trois matchs par effectif professionnel.

La commotion ? C’est un phénomène complexe et dont le K.-O. est loin d’être l’unique expression : vertiges, amnésie, vision double ou syndrome de l’automate (le joueur erre sur le terrain sans se souvenir de ses propres lancements de jeu, par exemple…) peuvent donc aussi témoigner d’une commotion. Si la majorité d’entre elles régressent et disparaissent en seulement quelques jours, il existe aussi des cas plus inquiétants où persistent des symptômes (maux de tête, fatigue, insomnie, troubles de l’humeur et de la mémoire…) durant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Peut aussi apparaître, bien plus tard, une maladie neurodégénérative sévère et appelée l’encéphalopathie chronique post-traumatique.

"Des résultats significatifs"

À ce jour, il n’existe aucun traitement miracle contre la commotion. Pour autant, la recherche avance : durant plus d’un an et sous l’impulsion d’un neurologue (Jean-François Chermann) et d’un médecin du sport (Philippe Malafosse), des expérimentations ont ainsi été réalisées à l’hôpital Georges-Pompidou (quinzième arrondissement parisien) sur une cinquantaine de rugbywomen et rugbymen ayant été victimes de commotions cérébrales dans les trois jours précédant l’examen. À Pompidou, les patients ont pu bénéficier d’une technique thérapeutique novatrice fondée sur une exposition à la lumière infrarouge issue de lasers à basse intensité.

Le but était ici de prouver que cette technique, indolore pour les patients, pouvait surtout avoir une efficacité sur certains paramètres neurovisuels, neuropsychologiques ainsi que d’accélérer le processus de récupération des patients. Dès lors, verdict ? "Quarante-neuf pratiquants ont fait les trois consultations, explique aujourd’hui Jean-François Chermann. On a constaté des résultats très significatifs sur un élément très important, l’oculomotricité, qui chez certains patients est très perturbée après une commotion." Dans la foulée de ces premiers essais concluants, les cliniciens souhaitent désormais réaliser une étude plus vaste sur les commotionnés dits chroniques (chez qui les symptômes durent depuis plus de trois mois) mais cette fois-ci, l’expérience sera réalisée avec deux groupes distincts, dont l’un sera seulement placé sous placebo. Alors, y aurait-il une lueur au bout du tunnel ?

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Les commentaires (7)
Espytrac Il y a 3 mois Le 29/11/2023 à 17:56

c'est la règle dans un rugby d'affrontement !

Allphi55 Il y a 3 mois Le 29/11/2023 à 10:11

Le problème c'est de supprimer les commotions, pas de trouver un traitement.....on marche sur la tête !

unepunk Il y a 3 mois Le 29/11/2023 à 10:42

Supprimer les commotions = supprimer les chocs.
Donc supprimer le rugby, tous les sports de combat, et toute activité de déplacement qui, en cas d'accident, peut provoquer une commotion (donc tous les sports de mouvement, les déplacements en véhicules, etc.)
Êtes-vous prêt à cela ?

M.Souris Il y a 3 mois Le 29/11/2023 à 15:07

C'est vrai que pour supprimer complètement les commotions il faudrait interdire tous les contacts. Mais en diminuer la fréquence et la gravité c'est possible en rendant le casque obligatoire.

thierrygayet Il y a 3 mois Le 29/11/2023 à 08:34

Un traitement cérébral par lumière infra rouge quand on sait que les infrarouge ne pénètrent quasiment pas le corps humain je ne voit pas quel peut être le mécanisme d'action en dehors d'un effet placebo

nionenithree Il y a 3 mois Le 29/11/2023 à 15:58

Bonjour , renseignez vous sur l'effet du rayonnement infrarouge sur le corps humain avant de parler d'effet placebo.