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Coupe du monde de rugby 2023 - "Les secrets des Springboks" : comment l'Afrique du Sud a signé un incroyable doublé

  • "Les secrets des Springboks" : comment l'Afrique du Sud a signé un incroyable doublé.
    "Les secrets des Springboks" : comment l'Afrique du Sud a signé un incroyable doublé.
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Au terme d’un match d’une intensité rare, et qui fut aussi haletant que riche en rebondissements, les springboks ont décroché leur quatrième titre mondial, une prouesse encore jamais réalisée jusqu’alors. ils sont plus que jamais sur le toit du monde. Comment y sont-ils parvenus ? Comme ça…

Une Coupe du monde est pareille à l’histoire de la vie sur Terre : soit les espèces s’adaptent, soit elles disparaissent. Samedi soir au Stade de France, les Springboks ont, pour la quatrième fois de leur histoire, encore été au sommet de la chaîne alimentaire et ce nouveau titre fait d’eux l’espèce dominante du rugby mondial. Ils n’ont pas été aussi dominants qu’au Mondial japonais, certes, comme en témoigne cette improbable série de trois victoires d’un tout petit point : en quarts contre nos Bleus (29-28), en demie contre l’Angleterre (16-15) et en finale contre la Nouvelle-Zélande (12-11). Mais à chaque fois, ils se sont adaptés. Pour vaincre.

"Ce que font les Sud-Africains est assez novateur"

L'Afrique du Sud a décroché ce samedi soir contre la Nouvelle-Zélande son 4e titre mondial (12-11), et cela grâce notamment à un jeu peu spectaculaire mais très efficace.#RWC2023 #RWCFinal #NZLvRSA pic.twitter.com/y68q1hWO9x

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) October 29, 2023

Ils ont aussi "gagné moche", parfois. Ils le reconnaissent volontiers, à l’image du deuxième ligne Jean Kleyn venu en zone mixte avec sa belle médaille d’or autour du cou et une bière bien méritée à la main : "Rassie nous a dit il y a quelques semaines : "Réussir à gagner quand on n’est pas censé le faire est la marque des grandes équipes". La semaine dernière, on a gagné dans les derniers instants de la rencontre, à la mort subite. Mais à chaque fois, on est allé chercher cette victoire : en quarts, en demie, en finale. Cela montre la foi immense que ce groupe a en lui. Aucun d’entre nous ne s’est dit une seule minute que l’on perdrait cette finale."

Erasmus, le roi des avant-matchs

Cela étant dit, il faut bien reconnaître qu’ils avaient trop d’atouts dans leur manche pour que quiconque les empêche de ramener le trophée Webb-Ellis au pays, quatre ans après leur sacre japonais. D’abord, ils savaient comme personne entrer dans la tête de leurs adversaires par l’intermédiaire de leur gourou Rassie Erasmus, qui allumait systématiquement des mèches lors des conférences de presse de début de semaine et persistait sur son jour "off" via ses réseaux sociaux. Au point que les supporters sud-africains parodièrent les paroles de la fameuse chanson "Zombie" des Cranberries que les Irlandais s’étaient appropriée pour la chanter à leur manière aux abords des stades : "In your head, in your head, Rassie, Rassie, Rassie" ("Dans ta tête, dans ta tête, Rassie, Rassie, Rassie").

987 sélections dans le XV de départ

de la finale

Derrière, il fallait assumer. De toute évidence, l’équipe choisie par le staff avait suffisamment de cran pour le faire. Il suffit de jeter un œil au XV de départ aligné pour la finale, où l’on ne trouvait pas moins de 10 titulaires de la dernière finale de 2019, pour un total de 987 sélections sur le terrain, nouveau record du rugby sud-africain.

C’est au nom de cette même expérience que le staff n’a pas eu peur de sacrifier la charnière Reinach-Libbok au profit de celle composée par De Klerk et Pollard, qui vivait là sa 25e titularisation commune (lire page 8). En somme, cette Afrique du Sud disposait d’un XV de généraux. Lequel était mené par un leader qui, à défaut d’être à son meilleur niveau après une grave blessure au genou dont il se remit en 119 jours, faisait l’unanimité au sein du groupe. Kleyn encore : "Je ne vais pas vous révéler ce qu’il nous a dit dans les vestiaires avant le match mais… Siya est incroyablement inspirant. Il est authentique, il est vrai, il est lui. De l’extérieur on ne peut pas comprendre. Mais son parcours symbolise parfaitement le rêve sud-africain. Il a traversé tellement de difficultés… Combien auraient laissé tomber ? Son impact sur le groupe est immense."

Un staff de vrais experts

Le staff n’a pas été en reste. Dans l’ombre médiatique de Rassie Erasmus qui concentrait volontairement toute l’attention, Jacques Nienaber turbinait : "je n’ai jamais été entraîné par un gars avec un tel niveau de détails", soufflait Kleyn. À ses côtés, Daan Human (mêlée), Deon Davids (avants), Mzwandile Stick (attaque) ont fait progresser leurs joueurs dans leurs secteurs respectifs. On note aussi que l’ex-arrière de l’Irlande Felix Jones (attaque), que Erasmus et Nienaber avaient rencontré au Munster, a pris une place de choix au sein de ce staff. Et c’est tout sauf un hasard si le sélectionneur anglais Steve Borthwick s’est empressé de le recruter pour la saison prochaine…

Ce staff a aussi su mener ses expériences pendant les matchs de poule (Grant Williams à l’aile, Faf de Klerk à l’ouverture, Fourie et Van Staden au lancer…) pour parer à toutes les éventualités. Il a su prendre des décisions douloureuses, parfois surprenantes mais qui ont souvent payé comme les sorties prématurées de Libbok, Reinach et Willemse en demie, la titularisation de Vermeulen tout au long de la phase finale à la place de Wiese ou le rappel de Pollard à la place de Marx… Mis bout à bout, tout cela a donné une équipe toujours terriblement puissante mais plus protéiforme que jamais, qui a su s’adapter à tous les plans de jeu adverses ainsi qu’à toutes les conditions de jeu. 5-3, 6-2, 7-1… entre la polyvalence de ses joueurs et sa profondeur d’effectif, l’Afrique du Sud s’est adaptée. Elle s’est hissée, une nouvelle fois, au sommet du rugby mondial. Cette fois, avec quatre titres mondiaux, elle est seule au firmament.

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Les commentaires (6)
aetius Il y a 3 mois Le 30/10/2023 à 12:32

Ils ont joué avec la règle allégée appliquée par l'ensemble des arbitres désignés par le consortium international du rugby anglosaxon.

Tichaut78 Il y a 3 mois Le 30/10/2023 à 06:04

D'accord avec l'auteur de l'article : le mot clé est l'adaptation. S'adapter pour dominer. Le reste n'est que calcul spéculatif ou romantique. Les Boks ne sont pas des poètes mais des survivants, Et arrêtez, le gang des pleureuses, de tout rapporter à l'arbitrage ou à la World Rugby. Ce ne sont pas eux qui ont raté une transformation et une pénalité en finale.

PeterJacques Il y a 3 mois Le 30/10/2023 à 00:26

Leur seul secret: avoir compris que World Rugby demanderait un usage très restreint de la TMO...