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L'édito : S.O.S. fantômes

Par Léo FAURE
  • Les Sud-africains et les Néo-zélandais s'affronteront en finale de la Coupe du monde
    Les Sud-africains et les Néo-zélandais s'affronteront en finale de la Coupe du monde - PA Images / Icon Sport
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La finale de la 10e Coupe du monde de l’Histoire arrive et, comme un pied de nez à toutes les envies de révolution européenne, elle opposera donc l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande.

C’était le grand jour. Le 28 octobre 2023. Celui que tout le monde attendait depuis quatre années et qui nous vient enfin, ce samedi. La finale de la 10e Coupe du monde de l’Histoire arrive et, comme un pied de nez à toutes les envies de révolution européenne, elle opposera donc l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande. Les Springboks aux All Blacks. Les deux nations (déjà) les plus titrées de l’Histoire, dos à dos avec trois trophées chacune entre les pognes, et l’occasion ici de se départager en asseyant leur suprématie mondiale.

Cette affiche, évidemment superbe et glorieuse, dit bien des choses. Elle répète l’importance d’être prêt le jour J, à l’instant T. Une Coupe du monde ne se construit pas sur une flèche du temps longue de quatre années, sinon, c’est certainement la France et l’Irlande qu’on retrouverait à cette lutte finale.

Les Européens, tôt prêts, tôt pétris de certitudes, en font l’amer constat : comme l’Afrique du Sud en 2019, la Nouvelle-Zélande était cette fois donnée hors du coup il y a six mois, quand la multiplication surprenante de ses défaites la faisait pour la première fois sortir du cadre des favoris. Elle répond pourtant présent quand cela compte vraiment, les phases finales, avec un niveau de précision à nouveau diabolique. En matière de Coupe du monde, rien ne sert de partir à point, il faut courir. Et les deux sprinteurs sudistes nous promettent, ce samedi, un final en apothéose. Tant mieux.

On se repaît de cette promesse avec impatience et une certaine délectation. Avec frustration, aussi, celle évidente de ne pas voir les Français à pareil instant de fête, retoqués d’un banquet qu’ils avaient eux-mêmes organisé. On ne digère pas, il faut le dire, et le vide laissé au lendemain de la cruelle défaite en quart de finale face aux Springboks ne nous aide pas.

Ce vide est celui du sportif. Aussi celui des explications. S’il manque le trophée, celui dont on a tant rêvé, il manque aussi autre chose : dans ce théâtre de communication, celle que le sélectionneur Fabien Galthié a jouée toute la Coupe du monde façon "attrape-moi si tu peux" comme on joue au loup, il manque le dernier épisode. Celui du débrief. Si on peut entendre que la déception immense née de l’élimination nécessitait du temps pour s’en remettre, le silence qui règne depuis dans le triste monde bleu interpelle.

Au lendemain du Grand Chelem 2022, parfois professoral, parfois ému parfois aux larmes, Galthié avait pourtant délivré dans les locaux du Stade français un long et passionnant cours magistral pour détailler les conditions et les clés de ce sacre. Cette fois, rien ? Pas de conférence de presse ? Pas d’explications ? Il faut croire qu’il est toujours plus facile de voler au secours de la victoire.

Ce n’est pas à nous, journalistes, que Fabien Galthié parle quand il donne conférence. C’est à vous, lecteurs, spectateurs et téléspectateurs, passionnés de rugby, de tous âges et de tous les territoires. C’est à vous qu’il doit ses sentiments, ses analyses, ses fiertés et ses regrets au terme de cette aventure inachevée. Il n’est pas question de tribunal, ni de rendre des comptes, juste l’occasion de partager avec tous ceux qui ont tant supporté ces Bleus. Lui, pas plus que son bras droit Raphaël Ibanez, pas plus que ses joueurs cadres identifiés n’ont finalement accepté de s’exprimer, de se livrer. C’est dommage et cela fait pourtant partie de leur "job". Dans la victoire comme la défaite.

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Les commentaires (3)
Franckie Il y a 5 mois Le 27/10/2023 à 11:14

Oui Léo,ces remarques sont légitimes...

Morisketou Il y a 5 mois Le 27/10/2023 à 10:00

S'exprimer pour dire quoi ?
Qu'on s'est bien fait... avoir ?
Ce silence leur est finalement imposé de fait. Et Grill n'ira pas plus loin. Le grand coup de gueule libérateur n'aura pas lieu. Pourtant il apparait de + en + au grand jour que les dés sont pipés. On découvre à quel point les dirigeants peuvent influencer l'arbitrage. La beauté du sport n'a rien à voir avec la tambouille World Rugby.
Et le public n'est pas au bout de ses surprises.
Et mes propos vont être taxés de conspirationnistes/beauf/bistrot, etc....

Belharra Il y a 5 mois Le 27/10/2023 à 08:51

Les fautes sont là ! Elles ne sont pas sifflées un point c'est tout ! Le reste c'est du blabla.