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Coupe du monde de rugby 2023 - XV de France - La rétro 2023 : primes à la baisse, infirmerie remplie, communication balbutiante et recrutement : comment l'aventure des Bleus s'est doucement effritée

Par Jérémy FADAT et Nicolas ZANARDI, envoyés spéciaux
  • Fabien Galthié et les Bleus quittent le Mondial et laissent derrière eux plus de quatre mois d'aventure ensemble
    Fabien Galthié et les Bleus quittent le Mondial et laissent derrière eux plus de quatre mois d'aventure ensemble - Icon Sport
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En cette fin d'année, Midi Olympique vous fait revivre les articles marquants de l'année 2023. L'occasion de se replonger au lendemain de la défaite des Bleus lors de la Coupe du monde. Du 2 juillet jusqu’au dimanche 15 octobre, les envoyés spéciaux de Midi Olympique ont suivi à la trace le XV de France, l’accompagnant sur tous les fronts. Des prémices de la préparation à l’épilogue cruel de leur compétition, ils ont emmagasiné une foule d’histoires et d’anecdotes qu’il s’agit désormais d’exhumer, au soir de cette terrible désillusion subie par les Bleus. Histoire de se souvenir, et de comprendre un peu mieux comment les choses en sont venues à tourner ainsi…

Chapitre 1

Monaco : jusqu’ici, tout va (presque) bien

C’est le 2 juillet, à Monaco, que les 42 joueurs convoqués par le staff du XV de France se sont réunis pour poser la première pierre de leur aventure commune. Croisé trois semaines plus tôt du côté de San Sebastian au moment des demi-finales, le directeur de la performance Thibault Giroud nous avait alors confié, avec un enthousiasme débridé, que les Bleus "n’avaient jamais été aussi proches d’être champions du monde", plus que jamais confiant en ses méthodes susceptibles de faire grimper le XV de France sur le toit du monde. Reste que le choix de la date du début de préparation, déjà, posait question, quinze petits jours à peine après une finale Toulouse-La Rochelle qui avait mobilisé pas moins de 19 joueurs sélectionnés, soit pratiquement la moitié de l’effectif… "C’est vrai que cela fait un peu rapide comme coupure après une saison aussi longue, avait à l’époque avoué dans nos colonnes l’arrière Thomas Ramos. Mais on sait tous que le jeu en vaut la chandelle, et que l’on aura des plages de repos en famille pendant la période de préparation pour nous régénérer mentalement." C’est ainsi que les Bleus sont partis, sous la chaleur monégasque, pour une quinzaine de préparation physique pure et dure, à des années-lumières du "rugby intégré" qui avait été leur marque de fabrique en 2019. "On était obligé de repasser par là, car on ne pouvait pas toucher nos objectifs en s’entraînant avec le ballon, cela aurait surchargé les séances, assurait alors Giroud. Il fallait vraiment une période de travail "en silo" pour développer les qualités physiques transférables. Même les joueurs qui n’avaient pas l’habitude de ces intensités jouent le jeu, s’y filent et ne lâchent pas. Quand je vois qu’ils ne peuvent plus rien donner, ce n’est pas parce qu’ils trichent. Pour moi, c’est du caviar, je sais que les mecs ne sont pas là pour acheter du gras mais pour aller au bout d’eux-mêmes, ensemble."

Julien Marchand lors du stage du XV de France à Monaco
Julien Marchand lors du stage du XV de France à Monaco

Le couac des primes

Reste que la fatigue, associée aux fortes chaleurs, n’en impliquait pas moins des comportements étranges lors des premières séances rugby. On songe ici à une cravate de Bamba sur Chalureau qui blessa le deuxième ligne aux cervicales, ou un plaquage "en poursuite" de Penaud sur Jaminet qui aurait pu être très dangereux, et incita d’ailleurs l’ailier du XV de France à présenter le soir même ses excuses sur le groupe Whatsapp de l’équipe. Toutefois, au-delà de ces rares signaux négatifs, l’ambiance demeurait au beau fixe, le staff des Bleus restant éberlué face aux extraordinaires performances athlétiques de Louis Bielle-Biarrey ("flashé" à 35 km/h !), tandis que l’infirmerie sonnait creux. Présenté aux médias pour la première fois, le manager santé Bruno Boussagol fut ainsi désigné par erreur sous le nom de "Boussagnol" avant de devenir un personnage incontournable quelques semaines plus tard, tandis que Thibault Giroud s’enorgueillissait du peu de casse connu par les siens. "Il ne faut pas qu’on "s’autobade" mais c’est une grosse satisfaction d’avoir eu 100 % des joueurs disponibles tout au long du stage", avançait-il à la fin du séjour monégasque. Paroles malheureusement bien peu prémonitoires, alors que les premiers petits nuages commençaient à s’amonceler au-dessus des têtes bleues. On veut ainsi parler de la renégociation des primes de Coupe du monde copieusement revues à la baisse par la nouvelle gouvernance par rapport aux promesses du duo Laporte-Simon, qui passa brutalement de 300 000 à 200 000 euros. Forcément une déception pour les joueurs, tandis que le staff connaissait quant à lui ses premiers tiraillements au moment de fournir la liste officielle des 20 "accrédités" pour le Mondial. Une contrainte qui obligea le sélectionneur Fabien Galthié à effectuer des arbitrages, lesquels ont fait grincer des dents, quand bien même la FFR obtint sur le fil de World Rugby une dérogation pour bénéficier de deux places supplémentaires, notamment pour ménager un strapontin au manager Raphaël Ibanez dans le box officiel des coachs. Cadeau à l’équipe maison, en quelque sorte…

Chapitre 2

Capbreton, camping pas toujours "paradis"

Lors de la dernière semaine de juillet, au CNR de Marcoussis, les Bleus ont connu leur première tuile physique : François Cros, touché aux adducteurs et à l’arrêt pour deux à trois semaines, même si le staff a choisi de le conserver dans le groupe. Un accroc qui n’empêchait pas Thibaud Giroud de se réjouir : "On a un seul joueur sorti après quatre semaines de travail intense. C’est vraiment top. Je savais qu’il y aurait moins de blessures qu’en 2019. Mais il y en aura quoi qu’il arrive, surtout qu’on va attaquer les matchs amicaux et qu’on flirte avec les limites." Il ne croyait pas si bien dire… Mais avant de rejoindre Capbreton, pour le deuxième temps fort de la préparation, le XV de France avait rendez-vous en Écosse le 5 août avec une équipe expérimentale, laquelle a longtemps séduit avant de s’écrouler. Un match de sélection, en forme d’aubaine pour Louis Bielle-Biarrey et Paul Boudehent dont les présences finales dans les 33 ont trouvé leurs sources à Édimbourg (pour le flanker, il y eut surtout les records battus dans tous les tests de puissance). Pour Brice Dulin – pourtant capitaine ce jour-là – et Ethan Dumortier, il fut en revanche fatal, eux qui n’auront plus l’occasion de s’exprimer de l’été. Et pour Baptiste Serin, entré pour les dix ultimes minutes, la messe était dite avant même la cérémonie. Il était alors l’heure de rallier les Landes chères au manager Raphaël Ibanez, et de s’installer au camping Naturéo de Seignosse où, sur une idée appréciée par les joueurs, les familles étaient conviées. Une bouffée d’air pour les Bleus, entre repas organisés avec les proches, parties de pétanques, détours par la plage ou balade à vélo dans les rues d’Hossegor. Le truc ? C’est que l’infirmerie commençait à sérieusement se remplir : Romain Taofifenua, Paul Willemse, Yoan Tanga ou Demba Bamba, qui fut vite renvoyé à la maison (au contraire du numéro 8 rochelais resté sans pouvoir s’entraîner jusqu’à… son éviction des 33). Bref, la plupart des "gros gabarits" de l’effectif, dont l’épidémie de blessures musculaires ne pouvait pas être due au hasard…

Le séisme Ntamack et ses répliques

Une tournure qui a pris un virage dramatique, pour la première des "Premium" – terme inventé par le sélectionneur mais bientôt banni par lui-même – à Saint-Étienne le 12 août, encore face à l’Écosse. D’abord quand Cyril Baille (encore un poids lourd) s’est écroulé sur la pelouse de Geoffroy-Guichard, foudroyé à un mollet. Puis lorsque Romain Ntamack (qui n’avait, selon nos informations, jamais pesé aussi lourd que cet été après un renforcement musculaire intense) a vu son genou vriller en deuxième mi-temps. Galthié s’était voulu rassurant à chaud, évoquant "une béquille" pour le pilier et "une hyperextension" pour l’ouvreur. Normal à propos de "NTK" puisqu’un membre du staff médical, après avoir pratiqué le fameux test du "tiroir" dans le vestiaire stéphanois, avait ravivé l’optimisme. Le hic ? C’est que le Toulousain avait compris dès le dimanche que ses sensations ne laissaient rien augurer de bon, son visage n’ayant fait que se déconfire au fil de la journée. Ses partenaires, eux, avaient compris. Le verdict, terrible, tomba dès le lundi matin : forfait pour le Mondial. Au bord des larmes, le sélectionneur l’a annoncé au groupe, certains se questionnant même sur le message envoyé aux deux autres ouvreurs. Les Toulousains, proches de Ntamack, étaient abattus et quelques-uns – dont le capitaine Antoine Dupont – auraient laissé entendre qu’ils n’étaient pas opposés à l’idée d’installer Thomas Ramos en numéro 10, alors que lui clamait – même devant les micros – sa préférence pour le poste d’arrière. Une rumeur vite revenue aux oreilles de Matthieu Jalibert, qui s’en est ému auprès de Galthié. L’imbroglio fut évacué : le Bordelais aura les clés.

Romain Ntamack s'est blessé face à l'Écosse en match de préparation à la Coupe du monde 2023
Romain Ntamack s'est blessé face à l'Écosse en match de préparation à la Coupe du monde 2023

Toutefois, alors que Baille était espéré pour la fin de phase de poule et qu’Anthony Jelonch – encore en arrêt de travail – était convié à Capbreton pour rassurer sur son état de forme, la nervosité était montée d’un cran. Matérialisée par le coup de sang de Charles Ollivon qui, non content de certaines questions posées par une consœur de télévision, avait affiché son agacement avant de se plaindre au service communication. Et cela a même parfois viré dans l’absurde… D’abord avec la menace sur la tenue du dernier match de préparation contre les Wallabies, à cause d’un accord oral préalable au sujet d’un montant à verser à la Fédération australienne. Puis avec les interrogations légitimes sur la nécessité d’une telle intensité estivale ou sur la gestion des temps de jeu, face à la vague de blessures observée, qui ont sérieusement irrité Thibaud Giroud : "On ne va pas faire du twirling bâton." Une discipline jusque-là méconnue, dont la présidente de Fédération publia un communiqué pour s’indigner des propos du directeur de la performance des Bleus. Obligeant, comble de l’irrationnel, le boss de la FFR Florian Grill à adresser des excuses publiques sous la forme d’un courrier… Après l’Uruguay, les dissensions techniques étaient on ne peut plus nombreuses au sein du staff, au sujet de l’animation offensive et du style de jeu à pratiquer, ou du banc de touche à cinq ou six avants.

Chapitre 3

Les journées des tuiles

C’est peu dire que la pression qui pesait sur les épaules des Bleus était maximale, au matin du match d’ouverture qui les opposait à la Nouvelle-Zélande. Un stress perceptible tout au long de la semaine et qui se prolongea durant les trente premières minutes de la partie, tant les Bleus comme tétanisés ne durent qu’à d’incroyables loupés des Blacks de rester dans la partie, pour finalement l’emporter au bout d’une deuxième mi-temps beaucoup mieux maîtrisée (27-13). De quoi faire rapidement oublier la cérémonie d’ouverture de Jean Dujardin et les grimaces du Coq Massot, mais certainement pas la grave blessure subie au bout d’une dizaine de minutes par Julien Marchand, victime d’une déchirure à un ischio-jambier synonyme de cinq à six semaines d’indisponibilité. Une tuile, une autre, qui succédait au pépin musculaire deux semaines avant de Jonathan Danty, mais permettait au moins d’éloigner le grand public des polémiques extra-sportives venues se greffer comme des cheveux sur la soupe quelques jours plus tôt. On songe ici, évidemment, au "Chalureau-gate" (appelé pour pallier le forfait de Willemse) et aux cris d’orfraie lancés par le député de La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis Thomas Portes, qui réclama rien moins que l’exclusion du deuxième ligne de Montpellier, condamné en novembre 2020 à six mois de prison avec sursis pour une agression raciste. Polémique qui obligea Chalureau (lequel, faut-il le rappeler, a fait appel de la qualification raciste de son acte) à se présenter face à la presse et "pleurer" comme promis par Fabien Galthié au président de la République Emmanuel Macron. Le comble demeurant que le sélectionneur lui-même ne fut pas épargné par une vaine polémique, après qu’une caméra posée au bord du terrain capta sa parole un brin cavalière à l’égard de sparring-partners issus des espoirs du Stade français, exhortant ces derniers à ne pas laisser des "peintres" toucher le ballon…

Dissensions après l’Uruguay

Risible, vous dites ? Évidemment. Sauf que ces paroles étaient au final révélatrices d’un certain état d’esprit, quelques jours après le brouet servi par les "coiffeurs" à Lille, pénibles vainqueurs de l’Uruguay (28-12) après l’avoir jouée beaucoup trop "perso". Une rencontre qui, si elle permit à Jelonch de gagner son incroyable contre-la-montre après son opération des croisés, sonna la fin de Mondial de joueurs comme Antoine Hastoy, Arthur Vincent et surtout Gabin Villière. Il faut par ailleurs préciser ici que le retour de Jonathan Danty, originellement prévu lors de ce week-end lillois, avait volontairement été retardé. En raison ? Un "coup de trique" en règle à l’égard du centre, suspecté de s’être "garé" avant les Blacks, et finalement un bon coup de management qui permit à Galthié d’asseoir son autorité auprès des cadres tout en envoyant un message positif au grand public quant aux précautions prises au sujet de la santé des joueurs. Malin, Fabien… Et il le fallait bien, pour surmonter ce week-end nordiste où rien ne semblait devoir tourner rond, à l’image de cet hôtel où les fréquentes intrusions de supporters gentils mais un brin lourdauds ne laissèrent pas aux Bleus un souvenir impérissable…

Paul Boudehent face à l'Uruguay
Paul Boudehent face à l'Uruguay

Autant dire que le transfert du XV de France à Aix-en-Provence fut vécu comme une bénédiction, les Tricolores retrouvant enfin dans les Bouches-du-Rhône un environnement favorable. Et il le fallait car, à ce stade de la compétition, les dissensions techniques étaient on ne peut plus nombreuses au sein du staff, aussi bien au sujet de l’animation offensive et du style de jeu à pratiquer (en gros, large-axe autour du 10, ou axe-large autour du 9 ?) que du banc de touche à cinq ou six avants. De quoi, forcément, semer le trouble dans l’esprit des joueurs, d’autant que les quelques temps "off" laissés aux Bleus n’étaient jamais franchement anodins… On en veut pour preuve qu’à ce titre, les futurs manager et entraîneur du Stade français Laurent Labit et Karim Ghezal n’hésitèrent pas à recevoir certaines recrues potentielles à leur hôtel (l’interview livrée par le Lyonnais Léo Berdeu dans les colonnes de L’Équipe en fait foi, lequel déclara avoir été reçu par ces derniers à Monaco), ainsi qu’à lancer des pièces à certains joueurs du groupe comme Matthieu Jalibert ou Peato Mauvaka, l’un d’entre eux au moins se voyant formuler une proposition chiffrée. Un mélange des genres difficile à condamner mais qui fait forcément tâche, à une période où les joueurs auraient probablement gagné à se concentrer sur la Coupe du monde en cours, sachant que par ailleurs toutes les attentions étaient concentrées sur un certain Dupont…

Chapitre 4

La saga Dupont

Et si la compétition avait définitivement basculé pour le XV de France au soir au 21 septembre ? Jusqu’à 22 h 06, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes : les Bleus empilaient les essais face à la Namibie, retrouvaient une impressionnante cohésion collective, voyaient Jelonch et Baille revenir au top, savaient les autres blessés sur la bonne voie… Et puis, alors que le staff avait prévu de faire sortir de nombreux cadres cinq minutes plus tard, le capitaine Antoine Dupont a violemment pris la tête de Johan Deysel dans la pommette. En larmes dans les vestiaires, assommé par le poids de la douleur, le demi de mêlée était persuadé que son Mondial venait de prendre fin. À cet instant, la France s’est figée dans l’attente de nouvelles de son joyau. Jamais un joueur de rugby n’avait autant cristallisé les espoirs, autant que la détresse, d’un pays. Lequel a suivi, presque minute par minute, les péripéties de son héros (déchu ?), transporté d’urgence à l’Hôpital Privé de Provence, où il sera gardé en observation toute la nuit. Et si Fabien Galthié tenta de dédramatiser la situation avec Charles Ollivon en conférence de presse, blaguant notamment sur la "gamelle" d’un Paul Boudehent entré pour ressortir aussitôt sur… commotion, le reste des troupes françaises étaient pétrifiées, dans l’attente de nouvelles de leur leader. Les heures furent longues, et virent les Toulousains faire les cent pas dans le hall de l’hôtel Renaissance à Aix-en-Provence et leur président Didier Lacroix converser au téléphone avec le Professeur Frédéric Lauwers. Lequel lui assura, aux alentours de 2 heures du matin, qu’il était prêt à recevoir Antoine Dupont dans le week-end à l’hôpital Purpan de Toulouse. C’est là-bas que le joueur, victime d’une fracture maxillo-zygomatique, a été opéré par le même chirurgien le soir suivant, juste avant minuit, après avoir vécu un sacré périple. Il avait regagné la ville rose, conduit par sa compagne dans une voiture électrique qu’il fallut recharger sur une aire d’autoroute, non loin de Montpellier…

Sa vie, son œuvre, son casque

N’empêche, la saga Dupont tenait tout le monde en haleine, de l’ouverture du journal de BFM TV à celui de France Inter, jusqu’à l’excès (on s’inclut évidemment dedans). Où était-il ? Que faisait-il ? Comment allait-il ? Quand reviendrait-il ? Pourrait-il rejouer ? Avec un masque, un casque ou une parure à paillettes ? Dupont était partout. "Oui, je sais, je vois passer les articles", en souriait ironiquement Thomas Ramos. Sans son patron, le groupe France continuait pourtant à vivre dans la douceur aixoise, et il s’agissait de le protéger de toute cette agitation. Voilà pourquoi beaucoup se sont étonnés de la sortie de William Servat devant la presse : "Je n’ai pas trop de doute sur la capacité d’Antoine à jouer un quart de finale. C’est plutôt le match de l’Italie qui m’interroge." À savoir le dernier de la phase de poule. Impensable ? Dupont fut bel et bien forfait pour ce rendez-vous mais le technicien n’avait fait qu’illustrer l’optimisme qui régnait en interne face à l’excellente évolution du capitaine, bientôt de retour auprès des siens. Conduit par ce même Servat, il est arrivé dans la nuit du samedi 30 septembre au dimanche 1er octobre, aux alentours de 0 h 30, quelques heures seulement avant de refouler la pelouse et d’être traqué par les objectifs des photographes. Si, comme expliqué par le désormais célèbre Bruno Boussagol, il lui manquait encore le feu vert du chirurgien pour reprendre les contacts (qu’il obtiendra huit jours plus tard), Dupont était revenu aux affaires.

Antoine Dupont après l'élimination des Bleus face à l'Afrique du Sud
Antoine Dupont après l'élimination des Bleus face à l'Afrique du Sud Icon Sport

Mais pas Julien Marchand, véritable arlésienne des dernières semaines. Attendu d’abord pour le quart, ensuite pour l’Italie, le talonneur fut finalement victime d’une rechute au moment de retrouver les entraînements collectifs. Le staff l’a gardé, s’accrochant à l’idée – un brin utopique – de lui faire participer à davantage que dix minutes dans ce Mondial. Grégory Alldritt et Charles Ollivon, dispensés respectivement du match contre l’Uruguay et de plusieurs séances, avaient aussi connu des alertes. Moins inquiétantes finalement… Et le comble fut qu’une fois le sujet des blessés évacué, c’est une affaire de vidéo nocturne qui est venue polluer la semaine avant de défier les Springboks. Lors du séjour à Capbreton, certains Bleus s’étaient offert une virée arrosée à Biarritz mais un ancien international avait empêché les badauds de les filmer. À Aix-en-Provence ou à Lyon, les Tricolores avaient aussi obtenu l’accord du staff pour des soirées prolongées en ville, au milieu de supporters parfois intrusifs. Rien de méchant, mais un grain de sable… Encore un. À l’image de ceux qui se sont transférés dimanche sur la pelouse de Saint-Denis.

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Les commentaires (20)
Morisketou Il y a 2 mois Le 22/12/2023 à 10:06

Une fois de plus, un édito inutile qui vole ras les pâquerettes.
Vous kiffer d'aller gratter sous les pansements, voire de fouiller dans les poubelles ?
Lister les péripéties dérisoires de l'EDF pour faire du buzz. Mais on s'en tape de ces détails, de savoir si untel a fait un bon gros c....le matin du match ou pas !
Ils se sont lâchés en "perm" ? Et alors ?
Consternant, contre productif et anti-France.
Mais c'est tellement plus facile que de faire des véritables enquêtes sur les conditions de l'attribution de la CDM, de la désignation des arbitres, de l'incohérence (innocente ?) de l'arbitrage.
Le Midol suit les traces de l'ICI PARIS des années 70.
Je me demande si ça vaut le coup de payer pour lire de tels articles.

toubib73 Il y a 4 mois Le 31/10/2023 à 14:01

C'est quoi cette histoire de plaquage en poursuite dangereux de Penaud? Qq'un sait?

fifilongagien Il y a 4 mois Le 31/10/2023 à 07:53

Galtier le monsieur je sais tout mieux que tout le monde va peut être faire preuve d'un peu d'humilité ...