XV de France

Tournée Nouvelle-Zélande, Bleus - Bernard Le Roux, un destin français

Le Sud-africain, Bernard Le Roux, s'apprête à devenir international français: le 1055e de l'histoire. "Un rêve de gamin", selon les propres termes du troisième ligne du Racing-Métro.

 
Le Roux, un destin français - Rugby - XV de FranceIcon Sport
 

"C'est un match qui n'a pas servi à rien", jurait l'entraîneur de l'équipe de France, Philippe Saint-André, à propos de la confrontation mardi contre les Blues d'Auckland. Il en est un qui peut confirmer : Bernard Le Roux (24 ans, 1,96m ; 113kg), flanker du Racing-Metro. Crédité d'un "match intéressant" par le sélectionneur, le Sud-africain y a gagné une place de titulaire pour affronter les All Blacks à Christchurch. Ouedraogo forfait, Le Roux a supplanté Yannick Nyanga. Le choix de la puissance, permis par la titularisation de Christophe Samson – caution pour la touche - en deuxième ligne. Voilà donc Bernard Le Roux qui se prépare à devenir international français. Il avait appris l'information le matin même de la bouche de Yannick Bru. "J'avais envie de sauter partout. J'ai demandé deux fois si c'était vrai." La concrétisation d'un rêve : devenir international. "J'ai travaillé dur pour cela. Dix-huit ans de ma vie. Un rêve de petit garçon. J'ai appelé mes proches juste après."

Parti de rien

Ce sera donc avec les Bleus, lui qui présente un seul passeport sud-africain. Pour l'instant, il est joueur issu de la formation française (JIFF) mais s'apprête à demander la nationalité. A quoi tient une carrière ? Bernard Le Roux aurait déjà dû porter le maillot des Springboks moins de 19 ans. Mais une fracture à la main gauche l'a renvoyé chez lui. Et puis, il a été appelé avec la sélection à VII mais n'a heureusement pas disputé de Tournoi international.

Débarqué en France avec 100 euros en poche Sa vie a basculé en 2009 quand il disputait la Currie Cup avec Boland. Une proposition par l'entremise de l'agent de François Steyn lui est parvenue : un contrat de trois mois pour être joker médical de Alvaro Galindo. "J'ai reçu un appel le mercredi soir, il fallait que je sois dans l'avion le jeudi à 14h." Il a débarqué à Paris avec trois fois rien. "Je ne parlais pas le Français", s'amuse t-il, lui qui parle Afrikaan, Flamand et Anglais. Incapable de retirer de l'argent, il a du prier pour que le compteur du taxi ne tourne pas trop vite sur le chemin de l'hôtel. "98 euros finalement", s'amuse encore Le Roux.

" L'Afrique du Sud, c'est bien quatre ou cinq semaines par an "

De joker médical avec un contrat espoir maîtrisant seulement les numéros pour les combinaisons en touche et les mots "intérieur" et "extérieur", il est devenu professionnel prolongeant même jusqu'en 2015. Une révélation cette saison en Top 14 au poste de troisième ligne aile, lui qui a été formé comme numéro 8 et envisage de travailler sa polyvalence en seconde ligne.

La question d'un retour au pays s'était pourtant posée l'an dernier. "Au terme de ma troisième année, mon agent m'a posé la question d'un retour en Afrique du Sud. Heyneke Meyer voulait que je signe les Bulls. Mais j'ai souhaité rester ici." Une évidence : "En France, je me sens vraiment bien. L'Afrique du Sud, c'est bien quatre ou cinq semaines par an."

"Plaquer, c'est bien meilleur qu'un essai"

L'envie de jouer pour ce maillot bleu a pesé dans le choix. "Quand j'étais jeune, la France était ma deuxième équipe. J'étais excité en 2007 quand ils ont battu les All Blacks." En 2009, il avait fait 16 heures de bus depuis Amsterdam pour aller voir jouer les Bleus à Marseille contre les All Blacks. Cette fois, il a voyagé deux fois plus longtemps mais aura le privilège d'être en face du Haka. Avec son casque. "J'ai fait deux KO cette saison. Et je veux jouer longtemps encore. Dix ans au moins."

Mais avec toute sa détermination. Bernard Le Roux n'était pas surnommé Terminator par ses amis d'enfance par hasard. "Ma mère avait peur que je joue au rugby et les autres garçons avaient eu peur que je frappe fort. J'aime plaquer. Pour moi, c'est la plus belle chose du rugby. Bien meilleur qu'un essai." Un autre genre de "french flair."

 - Midi Olympique
 
 
 
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